Journal d’un vampire en pyjama | Mathias Malzieu

Journal d’un vampire en pyjama | Mathias Malzieu

Jeudi 26 octobre 2017, 15h34 

émoticône dialogue texto sms– Bébé je viens de réécouter ta chanson Nicolas. Je me pose une question : tu penses que ton ami s’est battu avant d’être emporté par le cancer ? 

– Mmmh… Je crois qu’il n’en a même pas eu le temps en fait. C’est arrivé tellement rapidement, ça a été foudroyant tu sais, il n’a même eu les semaines nécessaires pour digérer l’information et préparer son plan d’attaque. 

– Et tu crois pas que c’est mieux comme ça ? I mean, tu crois pas que c’est monstrueux de devoir te battre pour une maladie qui risque de t’emporter et qui te transforme en esclave de ses humeurs pendant des mois voire des années ? 

– Tout dépend du rapport que tu as à la mort je pense. A notre âge, je crois que c’est préférable d’avoir au moins le chance de pouvoir se battre pour vivre la vie que tu dois vivre. En vrai on n’a pas le droit de mourir à 24 ans, c’est odieux. Par contre, pour les vieux, je pense qu’il est horrible de devoir se battre contre une maladie, de se battre contre la mort qui de toute façon n’est plus très loin. 

– Oui c’est ça, tout dépend surtout du rapport que tu as à la vie, à tes attaches, à tes fiertés, à tes regrets. Je pense aussi que quand tu as des enfants tu es obligé de te battre. Tu vois maman ne m’a pas montré une seule fraction de seconde qu’elle comptait rendre les armes devant le cancer qui grossissait dans son sein. Je lui en suis infiniment reconnaissante mais en même temps je trouve que c’est presque une responsabilité à avoir vis à vis des gens qui s’éteindraient sans toi. Je pense d’ailleurs que ses enfants et son mari ont été sa plus grande source d’énergie pour se battre.

– Oui mais en même temps bébé, tu ne peux pas demander à quelqu’un de souffrir pour ton bien-être, c’est assez égoïste comme raisonnement. Même si je comprends ce que tu veux dire, quand tu fais des enfants, tu ne demandes pas à avoir un cancer à 45 ans, et si ça t’arrive, tu as aussi le droit de baisser les bras si tu préfères la mort à la souffrance que tu vis et à laquelle tu assistes à travers le regard de tes proches. Moi je pense qu’on devrait tous avoir le droit de mourir comme on le souhaite, ça doit faire partie des grandes libertés de l’homme.

– Nan mais oui je comprends ce que tu dis mais quand tu le vis, ta propre souffrance et tes inquiétudes cassent vite la gueule aux belles idées. Mais effectivement, la motivation du combat contre la mort est une affaire entre soi et soi-même. Je pense à ça en ce moment car je viens de finir un joli livre qui raconte ce combat. Ah et en plus ça va t’intéresser car c’est un chanteur qui raconte sa lutte contre la maladie !

– Ah génial ? Qui est-ce? Il est encore vivant j’espère ? 

– Oui heureusement, sinon le livre serait difficile à conseiller aux Bookiners (quoi que). Il s’agit de Mathias Malzieu, tu sais le chanteur du groupe Dyonisos !

– Ah oui oui je vois très bien ! Je ne savais pas qu’il avait été malade, raconte! Bien installés les Bookiners ? On t’écoute !

 

Jack et la mécanique du coeur – Dionysos 

 

Avant de commencer, sachez que j’ai choisi de vous faire écouter cette musique pour deux raisons: déjà, la joie enfantine est à l’image du texte dont je m’apprête à vous parler. Ensuite, le clip de cette musique a été tourné alors que Mathias Malzieu était déjà malade. Il ne le savait pas encore. Cliquez sur play, c’est bon ? Parfait, on peut y aller. 

Comme l’indique son titre, Journal d’un vampire en pyjama est un journal intime. En fait je dirais même plus, un journal de survie. Je ne sais pas si ce sont ses mots qui l’ont sauvé, mais je crois qu’écrire a immensément renforcé Mathias Malzieu dans sa lutte contre la maladie. Je pense que les mots d’espoir matérialisés sur du papier l’ont aidé à mieux y croire, parce que le sens des mots a plus de poids une fois sortis de la tête. 

Bookiners, j’avais envie de vous parler de ce livre et de m’adresser à beaucoup d’entre vous, que vous ayez déjà été confrontés à la maladie ou non. Je crois que ce livre est utile. Je crois que Mathias Malzieu pourra devenir votre mentor de courage, vous puiserez dans ses mots l’humilité et la joie nécessaires à toute vie heureuse. Parce que celui qui a frôlé la mort a une sacrée longueur d’avance sur nous tous. Celui qui s’est battu pendant des mois contre une leucémie foudroyante sait mieux que nous pourquoi la vie mérite d’être vécue. En lisant le livre d’un survivant, j’ai eu envie de mieux vivre, j’ai eu envie de faire un peu de ménage dans mon égo râleur. Dehors les ruminations permanentes sur ce que les gens pensent de moi, Oust les réflexions d’enfant gâtée sur ce que la vie pourrait m’offrir de mieux ! Ne m’en voulez pas Bookiners, mais je pense ne pas me tromper en disant qu’en lisant ce livre, vous vous rendrez également compte que vous êtes, souvent, des enfants gâtés qui ne pensent pas assez aux chances que leur offre l’existence. Tant mieux, il est bon de remettre nos pendules à l’heure de temps en temps. Mathias Malzieu sera donc votre régulateur, votre mentor de joie, votre horloger de motivation, votre distributeur de bonheur. Le chanteur n’est pas qu’un survivant, il est le soldat le plus joyeux et le plus poétique que je n’ai jamais lu. 

« Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer. » 

La poésie de ses mots vous berceront, vous feront souvent sourire voire rire et surtout, ils vous impressionneront : l’auteur-chanteur-poète a écrit ce journal presque au jour le jour, ses inquiétudes teintées de joie loufoque sont donc écrites au moment où il ignore si la vie veut encore bien de lui. Il faut dire que Mathias Malzieu était déjà un soldat de la vie avant même de savoir qu’elle risquait de lui échapper plus tôt que prévu : 

« J’ai beau vouloir être inventeur, crooneur, semi-poète, illusionniste, skateur en plastique, mangeur de femme en peau de crêpe et imitateur d’animaux sauvages, je suis insomniaque, angoissé et épuisé d’avoir trop cru. (…) Le problème est que je donne plus que ce que j’ai. Je suis le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec. « 

D’un jour à l’autre, son corps lui déclare la guerre : après avoir consulté pour une immense fatigue, les médecins lui diagnostiquent une aplasie médullaire, c’est-à-dire un arrêt du fonctionnement de la moelle osseuse. Ses propres anticorps se retournent contre lui et attaquent ses cellules. Le combat entre son corps et son esprit est déclaré, sans aucun casus belli. Mathias Malzieu devient inopinément son pire ennemi. La blancheur de sa peau causée par cette nouvelle guerre et les transfusions de sang dont il ne peut se passer pour survivre le transforment en vampire. Le vampire le plus attachant que vous lirez. 

Champion du sens de la formule et des jeux de mots (mon préféré étant cette femme séduisante et diabolique, Dame Oclès, qui le suit partout), notre vampire parle comme un conteur pour enfant. Sa légèreté le sauve, elle nous enveloppe d’un baume réconfortant. Il joue avec les mots pendant que ses propres cellules s’amusent avec sa vie. Sacré pied de nez au destin ! Bookiners fatalistes, je vous prie de venir par ici. Si si, c’est une convocation officielle, présentez votre carte d’identité, venez par ici. Ce livre est sans doute celui qui vous fera le plus positiver de Peanut Booker. Toutes les pages nous rappellent que rien n’est perdu d’avance. Même pas la vie. La vôtre ou celle de votre proche malade. Mathias Malzieu nous mâche même le travail pour vous qui vivez sans trop penser, pour vous qui souffrez, pour vous qui hésitez à rendre les armes. Il nous offre une joie qu’il s’applique à entretenir quotidiennement pour tenir. Parce que malgré cette joie, le chanteur ne nous raconte pas de bobard.

« L’espoir s’est foutu de ma gueule, alors la colère le remplace. J’ai fait le prisonnier médical sérieux, j’ai bu du potage dégueulasse et je n’ai mordu personne. J’ai purgé ma peine de trois semaines et pourtant je suis toujours là. » 

Bien sûr que les onze semaines en chambre stérilisées mettent son moral à rude épreuve, bien sûr que l’immense inquiétude dans les yeux de ses proches est presque insurmontable, bien sûr que les doutes s’invitent souvent dans ses nuits : 

« Dans ce flou opaque et glacé, je suis en train de me briser le coeur. Chaque coup de fil à mon père et à ma soeur change mon crâne en bocal à larmes qui explose dès qu’on raccroche. J’aime trop la vie pour accepter l’idée de mort. » 

Ses doutes rendent illuminent encore plus la joie qu’il transmet dans ses pages. Vous les traumatisés et les autres, vous gagnerez en sérénité en le lisant, je vous le garantis. Le handicap s’est invité à votre table ? Qu’à cela ne tienne, Mathias Malzieu vous donne le mode d’emploi pour rire, écrire, composer et faire du skateboard dans une chambre stérilisée et avec la force d’un moineau agonisant. Si votre corps vous fait défaut, vous apprendrez avec ce vampire à vous échapper par l’esprit : 

« Je suis un exilé poétique échappé de mon propre rêve. » 

Notre vampire poète s’en est sorti et a depuis, comme il se l’était promis, réalisé le tour de l’Islande en skate board. Croyez-moi Bookiners, ses mots vous rendront la vie plus forte. 

Une dernière petite lecture pour définitivement vous convaincre ?

 

 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

 

« L’infime espoir de l’auteur sur le futur nous éclaire » | Olivier

« L’infime espoir de l’auteur sur le futur nous éclaire » | Olivier

Le futur m’a toujours intrigué, attiré, envoûté. Plutôt paradoxal pour un jeune homme passionné par les dinosaures et dont l’enfance, rythmée par les cris de velociraptor et autres carnassiers, ressemble plus à une quête du passé qu’à une course vers le futur. 

Je me tourne vers le futur, celui que l’on devine, qui nous attire, mais que l’on garde à distance pour ne pas trop y penser. Le roman qui a bercé mon plus beau voyage dans le temps est un trip futuriste dont l’absurdité et la folie paranoïaque du « pourquoi » contraste à merveille avec la crédibilité et l’efficacité du « comment ». Dans Silo, la Science et la Fiction s’entremêlent pour nous offrir un roman aussi sombre que jouissif.

La science et la fiction m’ont toujours fait voyager. C’est le mélange des deux, et en particulier dans cette fable souterraine, qui m’a permis de développer une curiosité de l’inconnu. Le futur représente l’avenir, or n’est-il pas capital de penser à l’avenir pour ne pas ressasser le passé ? 

A mi-chemin entre 1984 (G.Orwell) et La Route (Cormac McCarthy), Silo nous plonge in medias res dans un monde post apocalyptique au sein duquel des milliers de survivants vivent reclus sous terre, dans un immense silo inspiré de nos mégastructures contemporaines. Cette société souterraine, au sein de laquelle censure, classe sociale et contrôle des naissances sont les maitres mots, ne va pas tarder à subir le sort réservé par l’homme à toute les régimes répressifs et totalitaires depuis la nuit des temps : la révolte. Seul bémol ? L’air extérieur est irrespirable et sortir du silo est synonyme de mort…

Cette œuvre, qui se dévoile et se dénude au fil d’une trilogie haletante, est un ONVI littéraire tant par l’histoire qu’elle raconte que par la vision de son géniteur, tiraillé entre un pessimisme chaotique et une fine lueur d’espoir dont la flamme, matraquée pendant près de 2000 pages par les bourrasques du désespoir, continuera néanmoins de nous éclairer pendant tout notre périple littéraire.

Je le recommande à tous les férus de science-fiction (évidemment), aux « futurophiles » et autres insatiable du « et après… », mais également aux curieux comme aux néophytes qui aimeraient se tenter un voyage vers le futur sans pour autant tomber dans les clichés intergalactiques souvent pesants (suivez mon regard). Essayez le Silo pour une heure, une nuit et, croyez-moi, vous ne pourrez plus le quitter avant d’en avoir exploré les moindres recoins…

Olivier

Survivre | Frederika Amalia Finkelstein

Survivre | Frederika Amalia Finkelstein

Mercredi 4 octobre, 6h30

émoticône dialogue texto sms– Tat, t’es là ? 

– Maintenant oui, tu me sors d’un sommeil profond. C’est pas comme si j’en avais besoin en ce moment avec mes 120h de cours par semaine et l’enregistrement studio de mes chansons.  

– Je suis vraiment désolée mais je me sens trop trop mal. J’ai rêvé que notre blog devait fermer pour des raisons légales, j’en devenais folle. 

– Hahaha ton cerveau est vraiment détraqué

– Je pleurais toutes les larmes de mon cœur, je hurlais, comme une hystérique en répétant sans cesse : « l’histoire de ce blog est l’objectif de notre vie, on ne peut pas nous en priver, les gens ont besoin de nous, ils ont besoin de nous !! » 

– Hahahahaha ce cauchemar, mais quel calvaire mon chat. Ne t’inquiète pas, tout va bien, notre bébé est en pleine forme, et nos Bookiners nous resteront fidèles tant que nous leur feront du bien. Nous sommes en train de tisser une communauté d’amour et d’entraide littéraire, c’est si beau! 

– Oui, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ça fout le vertige. Je me sens totalement déprimée depuis que je suis réveillée, j’ai l’impression que le monde et la société ne nous laisseront pas aller là où on doit aller. Ça me mine. Je ne sais pas comment me dépêtrer de tous ces carcans, de toute cette violence. 

– Déprime du jour, bonjour ! Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans notre monde ?

– J’ai l’impression que les gens ne se comprennent pas entre eux. Et c’est très grave. C’est l’origine des guerres, et du malheur. Notre impossibilité à nous accepter. J’y pense tout le temps et ce qui me rend dingue, c’est que le monde a toujours tourné comme ça et ça ne changera jamais:  je crois que les humains et les cultures, par nature, ne sont pas faits pour s’entendre parce qu’il y aura toujours un homme plus jaloux qu’un autre.

– #ilfallaitqueçatombesurmoienpleinenuit

– C’est ça qui m’empêche d’avancer. Tout ça, cette terreur. La terreur générée par terroristes et la terreur de ces gamins radicalisés sans comprendre. C’est juste que personne ne leur a indiqué le chemin à part les gourous de la violence. Il y a une raison à tout ça Tat. Il y a une grosse couille dans le potage. Si ces gamins avaient eu des livres entre les mains dès leur plus jeune âge, il n’y aurait pas eu le Bataclan, il n’y aurait pas eu la promenade des Anglais, il n’y aurait pas eu les remblas de Barcelone, il n’y aurait pas eu tout ça. Mais le monde et la société manquent de recul pour éviter le pire. Le problème d’aujourd’hui est insolvable et ça m’empêche de dormir.

– Et du coup tu m’empêches de dormir aussi ! Ahahaha. En vrai je sais ce que tu ressens j’y pense souvent aussi, mais j’essaye de me concentrer sur ma vie que je peux changer et celle de mon entourage, que je peux influencer positivement aussi, car autrement je ne peux plus respirer. 

– Je viens de lire un bouquin d’une nana de notre âge qui expose tout ça assez brillamment.  Elle ne propose pas de solution (puisqu’il n’y en a pas), mais explique avec une plume divine comment des jeunes de notre âge essayent de s’en sortir dans cette société absurde. Enorme coup de coeur. 

– Ce livre est nécessaire ? 

– I swear. 

– Alors maintenant qu’on est tous réveillés, on t’écoute mon chat. 

Pâques – Rachmaninov 

Bookiners. Je ne sais pas quel âge vous avez, mais je suis certaine que vous êtes parfois, comme moi, sujets à des pensées obsédantes. Notamment sur notre monde qui part (et qui d’ailleurs est toujours parti) en peanut. Inégalités, violences, attentats, extrémismes : au secours. Une fois ce constat établi, que faire de ces pensées ? Le livre dont je vais vous parler m’a appris à les structurer. Et vous savez quoi ? C’est déjà énorme de faire le ménage dans sa tête. Ce bouquin m’a fait un bien fou, je vous le jure. J’appelle ici tous les Bookiners qui se sentent seuls avec leurs pensées, les Bookiners qui se retournent dans leur lit toute la nuit, à ruminer, ainsi que les Bookiners qui cherchent simplement à y voir un peu plus clair. Oui, rien que ça. Go ? 

Je ne suis pas particulièrement réac, pas particulièrement pessimiste, mais il y a un bon nombre de choses qui ne tournent pas rond dans notre monde tout de même. Pas besoin de vous faire un dessin, je suis sûre que vous serez d’accord avec moi. Certains supportent le monde plus que d’autres. Moi, je ne sais pas profiter de sa légèreté quand j’en connais ses méandres. Non, je ne suis pas une gothique sataniste pour autant – si tant est que le stéréotype est pertinent, rien n’est moins sûr. C’est juste que je ne suis jamais tranquille. Dans le métro j’ai peur des terroristes, devant le JT j’ai peur des mauvaises nouvelles, dans la rue j’ai peur des gens odieux, dans mon lit j’ai peur de ne pas dormir à force de penser à tout ça. Je ne sais pas si j’aurais eu moins de doutes et d’angoisses si j’étais née à une autre époque. Je ne sais plus ce qui dépend de moi ou de ce que le monde m’envoie. Mais voyez-vous, ce roman de Frederika Amalia m’aide (et vous aidera) à mieux penser. Il m’accompagne dans mes réflexions touffues, envahissantes, nécessaires et parasites. Par la construction de son récit, sa plume, son pessimisme, ses doutes, ses souffrances et ses zones d’ombres non expliquées, je crois que ce roman s’adressera à tous ceux qui interrogent leur monde et, encore mieux, à ceux qui trouvent refuge dans les livres

« Je peux dire, à ma façon, que je me suis radicalisée. Sans les livres, j’aurais peut-être succombé: je me serais laissée ravager par la peur de l’échec, par les supermarchés, leur odeur de plastique et leurs légumes sans goûts, par les mannequins sans forme et sans humanité, vendues aux jeunes filles comme modèles d’érotisme, par les jeux vidéo, par la télévision, et puis j’aurais succombé à la vengeance: sur moi-même ou sur les autres, qui sait, peut-être suffit-il d’une seule rencontre pour que tout change. Je crois que, si j’étais tombée à seize ans sur un discours de haine au lieu de tomber sur un recueil de poésie, ç’aurait été possible: j’aurais pu basculer»

Comme l’auteure, comme vous peut-être, je me « radicalise » avec les livres. Je suis une lectrice boulimique, compulsive, j’en dévore un à deux par jour. Sans eux, je crois que ma vie n’aurait aucun sens. Le sien redonne des mots à des vertiges infinis. C’est rare, si précieux. Je crois qu’il vous sera difficile de ne pas vous retrouver dans ce roman qui brasse tous les travers de notre société occidentale, toutes ces choses qui nous empêchent de penser par nous-mêmes, celles qui nous empêchent d’aimer, de respirer, de vivre sereinement. Ce qui est particulièrement intéressant dans cet essai, c’est que l’auteur s’efforce d’interroger la démarche de ceux qui ont renoncé à ce monde.

« Ce n’est pas le courage qui nous donne le culot de nous suicider au milieu d’une foule ou dans sa propre chambre, au milieu de vieux jouets. Ce n’est pas le courage. C’est la peur. La peur de la mort. La peur de l’amour. La peur de la joie. C’est cela même qui nous menace: la peur d’être vivant. » 

Cette jeune écrivaine analyse les pouvoirs de la littérature avec une justesse à couper le souffle. Je crois que ses mots sont ceux que Tatiana et moi aurions pu écrire pour vous expliquer le pourquoi de ce blog, la nécessité de Peanut Booker. Transmettre cette vision et cette nécessité de lire. Car non les livres ne sont pas, ils ne doivent pas être de simplement des passe-temps. Pourquoi, dès lors, prendre le risque de ne pas lire ? 

« Les livres sont des trous noirs capables d’annuler votre présence ici-bas, et ils sont autant de vies qui attendent de s’immiscer en vous et de vous modifier, de vous foudroyer, dirais-je, car qu’est-ce qu’un livre sans lumière et sans fureur, je n’en connais pas: un livre a le devoir de vous foudroyer, je dirais même que c’est tout ce que je lui demande, ouvre-moi, emmène-moi – réveille-moi – , qu’il fasse la guerre au monde, qu’il étreigne et détruise les douleurs et qu’il transfigure ma pensée est, je crois, toujours ce que j’exige. » 

Pardonnez-moi Bookiners, je vais encore parler de moi, mais j’aimerais que vous compreniez la rare puissance d’identification que vous offrira ce livre. Et puis quand je vous parle de moi, je compte bien parler de vous, et notamment des Bookiners qui cherchent à comprendre le monde qui les entoure. Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis journaliste. Plus j’avance dans ce métier, plus je suis mal à l’aise avec ce qu’il représente pour moi. Je me dis de plus en plus que je ne peux plus être la simple spectatrice d’un monde que je ne comprends pas, d’un monde qui ne se réfléchit pas assez. Je ne veux plus être le médium qui plongera d’autres gens comme nous dans des trous noirs. Je ne veux plus avoir autant le nez dans la merde car je ne respire plus. Dans ce livre, lorsqu’elle évoque les victimes d’attentats, les choses sont dites, ressenties telles que je les ressens, telles que, je crois, notre société devrait les ressentir pour mieux penser, pour mieux avancer : 

« Ma conduite a quelque chose d’inadmissible. Je me dis qu’il se peut que je profite d’eux pour donner un sens à ma vie; qu’il se peut que je profite de l’horreur qu’ils ont traversée pour échapper au vide de mon existence. Pouvoir me dire enfin : j’ai une cause à défendre.» 

Nous avons tous des causes à défendre parce que nous cherchons des réponses pour voiler nos vertiges. Les livres m’aident, il m’accompagnent. Ce livre a été pour moi une rencontre en tant que telle. Il m’a éclairé. Il vous éclairera, y compris la nuit. J’appelle donc les Bookiners insomniaques et les bookiners esseulés pour deux raisons: 1) une fois commencé, ce bouquin ne se lâche plus 2) si vos insomnies se nourrissent de vos ruminations, vous découvrirez à quel point vous n’êtes pas seuls avec vos pensées, c’est promis. C’est pour cela que nous avons créé Peanut Booker avec Tatiana, pour vous expliquer que la littérature existe pour vous aider à voir plus clair. Ce livre mettra des mots sur ce que vous ne parvenez pas toujours à expliquer. Pourquoi c’est important ? Parce que : 

« Le doute a failli me perdre: j’ai failli m’ensevelir dans la spirale de sa folie. Faites attention avec ça : le doute est un cancer, il se répand invisiblement dans votre corps jusqu’à exterminer vos rêves les plus modestes. »

Si la société actuelle, avec ses violences, ses inégalités, ses attentats est difficile à supporter, n’oubliez jamais que les livres seront toujours là. 

« Garder un lieu dans ma tête, si infime soit-il, un lieu dénué de bruit, d’agitation, un lieu dépourvu de haine. Pour l’instant, les livres me protègent. J’y ai placé ma foi. Mais cette tentation journalière de la haine, cette tentation de succomber à l’amertume et à la vengeance, elle existe, je le sens. Les livres, la pensée, la beauté stupide d’un ciel, le réconfort d’une famille sont tout ce que j’ai trouvé. » 

Autant d’éléments que les terroristes n’avaient pas, eux. Voilà pourquoi ce livre est essentiel. Voilà pourquoi l’Homme ne peut pas se passer de la littérature. C’est de la violence et des guerres qu’elle peut nous protéger, rien de moins. L’épitaphe de ce livre (vous savez, la citation en première page) est une phrase d’Arthur Rimbaud : 

« Je ne sais pas comment en sortir: j’en sortirai pourtant ». 

Je vous laisse méditer sur le sens que vous accorderez à ces mots. Soyez-en sûrs Bookiners, les livres feront de nous, de vous, un monde meilleur. 

Un autre extrait pour la route ? 

 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse

La tresse | Laeticia Colombani

La tresse | Laeticia Colombani

Dimanche 27 août, 10h00

émoticône dialogue texto sms

– Je crois que je vais me marier avec Olivier Bourdeaut bébé, c’est décidé ! 

– Ahahaha mais qu’est ce qu’on fait de Biolay et Bedos ? Et puis ce pauvre Bourdeaut, je suis sûre qu’il est déjà amoureux.

– Biolay et Bedos, terminé ! En Attendant Bojangles m’a complètement retournée, ça fait 3h25 que je pleure, – je me suis chronométrée – c’est l’un des plus beaux livres que j’ai lu cette année. Extravagant, grave, pétillant, valsant, burlesque, chantant : EN-I-VRANT ! Je n’ai jamais ressenti une telle effusion de sentiments pêle-mêle ! 

– Je t’avais dit, ce livre est une pépite, je suis trop heureuse que tu l’aies aimé !

– Je l’ai adoré mon ange ! Top 5 ! No jokes. Ah d’ailleurs, en parlant de livre, shotgun La Tresse !

– Mais non ! Tu ne l’as même pas lu ! Alors que moi, si, donc c’est moi qui fais la revue. 

– Je ne l’ai pas lu, certes, mais je l’ai acheté et je me fais des tresses dans les cheveux depuis que je suis née. Je suis sûre que c’est le destin ! 

– Ahahah ! Bon, d’accord, si tu y tiens honeymoon. C’est vraiment parce que t’as pas de mec que je te fais cette fleur.

– #tepu.fr 😂 Alors je m’y mets. A ce soir mon ange. 

 

Dimanche 27 août, 14h00

– Mais pourquoi tu ne m’as pas dit que ce n’était pas la littérature ? 

– Pardon, j’ai oublié honeymoon. 

– « Giulia ne dit pas la vérité, si le deux roues est intact : son cœur vient de chavirer. » Nan mais PLEASE.  Ahahahah. On dirait un extrait de scénario des Feux de l’amour. En plus, Leila Colombiani a le même usage –très douteux- des oxymores que Macron : « Smita s’éveille avec une urgence douce…dans le ventre ». #HELP.

– 😂 Nan mais je sais… Attends, y a mieux: « le sol alors, se déroba sous ses pieds ». 

– 😂😂 Mais sauvez-moi ! Mais tu penses que c’est fait exprès ? En mode « tension dramatique » palpable? C’est tellement dommage. Les histoires sont poignantes, le travail de recherche vraiment conséquent. Je ne voudrais pas minimiser l’impact et la force de ce roman, tout ça parce qu’il est écrit comme un scénario, ou comme un premier jet. Il y a autre chose aussi. Je ne sais pas, je ne me sens pas vibrer pour de vrai, je ne me sens pas bouleversée dans toute l’intensité que ce mot comporte, et ce malgré la puissance et l’espoir que libèrent ces trois vies enchâssées.                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

– C’est drôle, j’ai eu exactement le même problème. 

– Bon, tu le commentes alors ! Car je crois réellement qu’il est très important à commenter malgré tout.  

– Non, non tu m’as dit « shotgun », tu assumes ! 

– Bon, j’ai encore eu les yeux plus gros que le ventre, alright ! Bookiners, je suis à la moitié du roman, je reviens dans 3 heures et je vous raconte tout ! A tutti ! 

– A tutti honey ! 

When you believe – Mariah Carey & Whitney Houston 

J’ai désiré lire ce roman, Bookiners, parce qu’il suit le combat de trois femmes à genou, avec l’audace en héritage, le désir de défier la fatalité, et la rage de vaincre. La rage de vaincre, c’est déjà une victoire, je crois. Et je voulais goûter à cette victoire. Je voulais goûter au répit après l’épreuve, tout en haut de la montagne, parce que je m’en sentais tout en bas. Ça donne du courage de lire des femmes qui ont réussi l’impossible quand tout prédisait que les dés étaient joués d’avance et leur destin condamné. 

J’ai commencé une école de commerce. J’en ai pour deux ans, et rien que de vous le dire, je m’évanouis dans l’éternité. Angoisse. Deux ans de compta saupoudré de bullshit présomptueux, c’est long quand on veut être chanteuse. Alors, du courage, il m’en faut et m’en faudra. Du courage pour arrêter ou du courage pour continuer, mais du courage quand même. Dans la vie, il faut du courage de toutes façons, parce qu’il faut du cœur. Alors lire ce roman sonnait comme une évidence. Pour moi, pour nous, qui manquons de mentors et d’espoir, trop crédules et croyants face à cette fatalité qui nous dirait tout et son contraire. 

C’est un joli roman que nous, vous, offre Laeticia Colombani, de ceux qu’il est toujours bon de lire, parce qu’il insuffle le courage qu’on croyait perdu, parce qu’il nous prête des mentors bienveillants. Même s’il y manque un peu cette force qui bouleverse et ces sentiments qui étreignent, sans prévenir, Bookiners en mal de soleil et d’espoir, trop fatalistes, trop peu guidés, trop dépensiers pour voyager et un peu déboussolés par le monde qui nous, vous entoure, La tresse, vous dira que rien n’est jamais perdu tant que notre cœur tambourine encore, même s’il tangue un peu trop, parfois. 

La Tresse est tout d’abord un voyage. Nous sommes à Badlapur, en Inde. Nous marchons dans la merde des autres, et ramassons leurs excréments à main nue, un panier de jonc tressé dans l’autre. Nous sommes Smita. Nous sommes maudits. Nous sommes Intouchables. Nous vidons les latrines des 20 maisons qui nous méprisent d’être nées qui nous sommes. Nous courbons l’échine d’être nées qui nous sommes. La liberté nous a été arrachée à la naissance, et vivre, procréer, c’est tresser sa propre malédiction à celle de nos enfants. Et c’est injuste, et c’est comme ça, et c’est tant pis. 

« A Badlapur, comme ailleurs, on défèque à ciel ouvert. Partout le sol est souillé, les rivières, les fleuves, les champs, pollués par des tonnes de déjections. » 

Ces déjections sont notre pain quotidien. On porte cette odeur, comme d’autres portent la liberté. Cette odeur, l’odeur de la merde des autres. 

« Alors, tous les soirs, avant de passer le seuil de la maison, Smita frotte de toutes ses forces, ses mains, ses pieds, son corps, son visage, elle frotte à s’en arracher la peau. »

Frotter, pour conserver notre reste de dignité. 

Nous, Smita, avons une fille, Lalita. Elle n’ira pas à l’école puisqu’elle est née Dalit. Elle ne saura pas lire, elle ne sera pas libre. Elle ne pourra pas vivre, collée à la merde des autres. Sauf. Si on défie le destin et déjoue ses ornières. C’est l’épopée que dessine Smita. Pour sa fille. L’épopée contre les « c’est comme ça », les « à quoi à bon, c’est ton héritage ». Une promesse : 

« Tu ne baisseras plus jamais la tête, ni les yeux. »

C’est une prophétie qui se dessine, un combat. C’est ce combat que nous menons dans ce livre, le combat pour la liberté, le combat pour la dignité, dans cette Inde violente et violentée qui méprise les femmes et surtout les Dalits. Bookiners qui cherchez un mentor, une figure de proue qui vous aidera à vous battre pour vous mêmes, Smita est l’héroïne qu’il vous faut. Je ne peux pas tout vous dire, mais son chemin, même tortueux et jalonné d’obstacles, est peuplé de petites victoires qui vous rappelleront que tout est possible, et que votre situation, sûrement meilleure que la sienne, est loin d’être sans issue si vous gardez en vous la rage de vaincre. Il faut garder cette rage, la préserver comme une relique primordiale. Elle vous relèvera quand vous serez à terre.

Aussi, et maintenant je m’adresse aux Bookiners qui cherchent à appréhender la complexité de notre joli monde parfois très laid, en voyageant en Inde, j’ai appris des choses. J’ai appris la condition des femmes, révoltante et statique, j’ai appréhendé la religion hindoue et sa trinité déïque entre Vishnou – que Smita glorifie envers et contre tout – Brahma et Shiva, qui m’était totalement inconnue. Bref, j’ai ouvert mes yeux fermés et j’ai observé un autre coin du monde. Un nouvel horizon culturel. Et ça fout le vertige aux lèvres. Je ne peux pas tout vous dire, alors je passe à autre chose.

Après Smita et après l’Inde, nous devenons Giulia, la belle sicilienne romantique, atypique et sauvage. Son histoire est jolie, mais ça ne changera pas votre vie si je passe la sienne sous silence. Vous la découvrirez plus tard. Maintenant, nous devenons Sarah. J’espère que vous êtes prêts. Direction le Canada. Cette histoire m’a fait vaciller peut-être même un peu plus que celle de Smita, parce que Sarah, ça aurait pu être ma mère, ou moi, bientôt, la votre de mère ou la mère d’un des nôtres. Cette histoire m’a fait vaciller de la même façon que lorsque j’ai appris le cancer de Catherine, la maman d’Héloïse. Je ne vais pas faire dans l’intime, car cette intimité dont je vous parle, n’est pas la mienne, alors parfois, le silence est d’or. Revenons à Sarah. 

Nous sommes Sarah. Grande, belle, brune, griffée de la tête aux pieds dans des tailleurs couture. Tout nous réussit. Mais nous vivons en apnée, à notre insu, chronométrée par l’ambition et la soif de succès factice. Nous sommes associés en equity dans l’un des plus prestigieux cabinets d’avocats d’affaire de Montréal. Etre associée, c’est notre curseur de réussite, notre prénom social, l’étalonnage de notre bonheur, un voile sur notre solitude et notre malheur invisible. Il y a les 3 enfants qu’on élève seule, sans un jour de pause ou de répit, et puis au centre, le boulot, les nuits blanches et la possibilité de devenir Managing Partner à tout prix. Le graal. La consécration de toute une vie qui n’en est pas une, à courir les rendez-vous, à dormir debout, à vivre dans la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être la meilleure, de ne plus être aussi jeune. La peur d’être. Pourtant, on se croirait heureuse. C’est fou comme on peut être à ce point aveugle de notre propre malheur. 

« Sarah ne dit pas que depuis un mois, elle se lève épuisée. Sarah ne dit pas cette douleur dans la poitrine, du côté gauche»

Nous sommes Sarah et nous venons d’apprendre que cette douleur, notre douleur du côté gauche s’appelle tumeur. Elle ressemble à une mandarine. Elle suinte le malheur, elle sent déjà la mort et sonne le glas, cette mandarine. 

Lorsque le cabinet apprend notre maladie, nous devenons la victime, l’ennemie, la tumeur et l’estropiée tout à la fois. Nous devenons invisible. 

« Ça commence d’une manière insidieuse. C’est d’abord une réunion à laquelle on oublie de la convier. C’est ensuite un dossier dont on évite de lui parler. C’est l’exclusion qui va de pair avec la maladie. » 

Nous sommes un stigmate. Nous sommes le cancer. 

Et nous comprenons avec Sarah, la réalité de la maladie, celle qui ronge tout à l’intérieur et sépare et catégorise socialement, les gens sains des gens malades, celle qui s’insinue dans le regard des autres, les compassions feintes, les tons de voix mielleux et orchestrés. Les anecdotes qui fatiguent et qui commencent par « je connais quelqu‘un qui a eu un cancer et qui est toujours vivant. »

« Et toutes ces guérisons qu’on nous jette au visage comme des os à ronger.» 

«Mais il ne sait pas ce que c’est d’avoir des aphtes dans la bouche au point de ne pouvoir manger… Derrière ses faux airs de pitié, il se moque de savoir que dans quelques semaines vous n’aurez plus de cheveux, que votre corps est tellement maigre que dans la glace il vous effraie, que vous avez peur de tout, peur de souffrir, peur de mourir, que la nuit vous ne dormez plus, que vous vomissez trois fois par jour, et que certains matins, vous doutez de pouvoir seulement tenir debout ».

Le cancer, c’est la double peine : l’ostracisme et la maladie. Et c’est important d’aborder le cancer dans un roman, car cette maladie est le fléau de notre humanité, elle touche tout notre entourage, tout le temps, partout, comme une ritournelle de la modernité qui atteste que nous sommes rongés de l’intérieur. 

Ce cancer, je crois, vous remettra les pendules à l’heure, vous Bookiners surmenés qui passez peut-être votre vie à courir après les profits d’une entreprise qui ne vous attendra certainement pas pour fleurir, sans plus jamais vous écouter. Parce qu’il est là le drame. Sarah s’est tuée pour cette société, et pour des rêves qui n’étaient que des miroirs à vanités, que des murmures de l’égo. Elle s’est oubliée jusqu’au jour où son corps a décidé de lui punir son entêtement. Feins d’être aveugle et je te ferai borgne, lui a dit son corps, et il n’avait pas tort. Je crois que d’un mentor, on apprend les réussites, mais aussi, et surtout les erreurs. Sarah est un mentor de choc, et je l’entends me conjurer de vous dire « ne vous négligez pas Bookiners, car s’écouter est le début du bonheur. » 

Ça commence en Inde, ça s’envole en Sicile en passant par Montréal avant d’atterrir dans les sillons de vos petits cœurs Bookiners, afin de tisser avec vous, avec nous la tresse du courage. La tresse de la victoire. 

Je vous laisse avec un cœur tout neuf. 

Doux baisers,