Le futur m’a toujours intrigué, attiré, envoûté. Plutôt paradoxal pour un jeune homme passionné par les dinosaures et dont l’enfance, rythmée par les cris de velociraptor et autres carnassiers, ressemble plus à une quête du passé qu’à une course vers le futur. 

Je me tourne vers le futur, celui que l’on devine, qui nous attire, mais que l’on garde à distance pour ne pas trop y penser. Le roman qui a bercé mon plus beau voyage dans le temps est un trip futuriste dont l’absurdité et la folie paranoïaque du « pourquoi » contraste à merveille avec la crédibilité et l’efficacité du « comment ». Dans Silo, la Science et la Fiction s’entremêlent pour nous offrir un roman aussi sombre que jouissif.

La science et la fiction m’ont toujours fait voyager. C’est le mélange des deux, et en particulier dans cette fable souterraine, qui m’a permis de développer une curiosité de l’inconnu. Le futur représente l’avenir, or n’est-il pas capital de penser à l’avenir pour ne pas ressasser le passé ? 

A mi-chemin entre 1984 (G.Orwell) et La Route (Cormac McCarthy), Silo nous plonge in medias res dans un monde post apocalyptique au sein duquel des milliers de survivants vivent reclus sous terre, dans un immense silo inspiré de nos mégastructures contemporaines. Cette société souterraine, au sein de laquelle censure, classe sociale et contrôle des naissances sont les maitres mots, ne va pas tarder à subir le sort réservé par l’homme à toute les régimes répressifs et totalitaires depuis la nuit des temps : la révolte. Seul bémol ? L’air extérieur est irrespirable et sortir du silo est synonyme de mort…

Cette œuvre, qui se dévoile et se dénude au fil d’une trilogie haletante, est un ONVI littéraire tant par l’histoire qu’elle raconte que par la vision de son géniteur, tiraillé entre un pessimisme chaotique et une fine lueur d’espoir dont la flamme, matraquée pendant près de 2000 pages par les bourrasques du désespoir, continuera néanmoins de nous éclairer pendant tout notre périple littéraire.

Je le recommande à tous les férus de science-fiction (évidemment), aux « futurophiles » et autres insatiable du « et après… », mais également aux curieux comme aux néophytes qui aimeraient se tenter un voyage vers le futur sans pour autant tomber dans les clichés intergalactiques souvent pesants (suivez mon regard). Essayez le Silo pour une heure, une nuit et, croyez-moi, vous ne pourrez plus le quitter avant d’en avoir exploré les moindres recoins…

Olivier