Samedi 6 Mai, 23h07

– Hélo, tu ne voudrais pas venir avec moi ce soir, au Café Barge?

– Hello honeymoon. Ce soir ?

– Yes. C’est important.

– Tiens, tiens, tiens, ça sent les hormones 😏

– En vrai j’en peux plus. Mon minou est porté disparu. Ca va bientôt faire un an. La malédiction s’acharne.

– Parlons peu, parlons mieux. Comment va ton minou?

– Rappelle toi qu’hier, j’ai enterré Pénélope avec des plumes et quelques danses tribales. Je précise pour nos doux Bookiners que Pénélope est le prénom de mon bien aimé, bien sevré… vagin (aussi appelé minou).

– Oui oui, je suis désolée de ne pas y avoir assisté d’ailleurs. Gus venait tout juste d’arriver de voyage et Gertrude était tout (é)mou(st)illée. Alors, c’était comment ?

– A la fois grotesque et touchant.

– Appelle-moi quand elle ressuscite, elle le mérite.

– Et bien si tu veux vraiment son bien, sortons ! Je donnerais tout pour un baiser. Ce n’est pas une blague. Il m’arrive de drôles de choses en ce moment, Hélo. J’ai peur de moi. Dans le métro. Dans la rue. Chez Paul. Dans les rayons du Monop. Je ne regarde plus les hommes dans les yeux… Mais sur les lèvres. Je les renifle, je les imagine dans mon lit. Une peau. De la douceur. Des jambes en l’air, éreintées. Rassasiées. Minou heureux, quoi. Quelque chose de charnel. Cette aprèm, excédée par mes phéromones, j’ai pleuré. J’ai juste besoin de faire l’amour, quoi. A un homme. Vite. Là. Maintenant. Seigneur par pitié, entendez-ma prière, bordel !

– Si tu l’insultes, ton Dieu, il ne risque pas de t’aider. Sois douce ma mignonne, sois douce 😂

– #incomprise.com. Bon, puisque tu rechignes à sortir, je m’en fous, je vais lire un livre érotique, avec nos Bookiners en panne, nos Bookiners en manque, en mal d’amour et nos Bookiners insomniaques. 😋😏

– Il s’appelle comment ?

– Beautiful Bastard.

 

Dimanche 7 Mai, 14h00

– Allo honeymoon ?

Voix rauque et endormie

– Hi Hélo.

– Mais qu’est ce que tu fous, on avait rendez-vous au Pain quotidien! 😤

– Bébé, j’ai passé une nuit torride, j’en sue encore des oreilles. Minou re-trouvé. Pénélope gémit de bonheur. #THANKGOD.

– Ahahahaha ! Mais qu’as-tu fais ?

– Aw, rien. J’ai fait soft. Un livre, et Hop, tout allait mieux, j’aurais dû y penser! Bookiners, vous cherchiez partout votre libido ? Par ici, je vous la rapporte ! Suivez-moi.

– Nous t’écoutons. Nos Bookiners trépignent déjà, regarde-les! 

Beyonce – Partition 

Chloé Mills est ambitieuse. Belle. Intelligente. Brillante. Une forcenée du travail qui n’a pas peur de se mouiller les mains – jeu de mots non intentionnel ! -. Elle clôt son MBA par un stage de fin d’année d’étude qu’elle décroche chez Ryan Media Group, LA compagnie la plus fructueuse de Chicago.

De retour à Chicago après avoir terminé son MBA, Bennett Ryan revient chez Ryan Media Group, l’entreprise familiale, pour prendre les rennes d’une des entités du groupe. Ambitieux. Beau. Intelligent. Brillant. Arrogant. Condescendant. Le petit con parfait. Bennett et Chloé doivent travailler ensemble. Ils se ressemblent. Ils se détestent. Ils s’attirent. Ils s’attisent.

Et là.

Bookiners en manque, Bookiners en panne, je pense à vous. Préparez de l’eau, une éponge, et un lit juste à côté. C’est parti ! Ah, attendez! J’appelle aussi les Bookiners insomniaques. Beautiful Basterds est un « page turner » affriolant. Je me dis que lire un « page tuner » c’est toujours mieux que de fixer le plafond hagard et las à la merci de Morphée, non? Et puis, qui dirait non pour quelques pensées érotiques aux creux de la nuit, sous la voûte lunaire de milliers de sommeils paisibles qui ronronnent pendant que vous, vous êtes encore éveillés? Voilà, nous sommes d’accord. Allez, let’s go! 

« 17h30, Ryan va me faire la peau. J’ai vingt minutes de retard et il déteste les gens en retard. (…) Me voilà en train de cavaler à travers les salles vides dans mes pompes italiennes…quatorze centimètres de haut pour rejoindre la guillotine. Respire Chloé, il sent la peur. (…) Je frappe à la porte. Je trie mes papiers en évitant son regard. Il ne dit rien. Tout serait tellement plus facile s’il n’était pas aussi attirant… Je commence la présentation… Je m’arrête en pleine phrase. Le souffle coupé. »

Vous aussi vous avez le souffle coupé?  Dans l’attente? L’expectative? Moi aussi, je vous assure qu’hier soir en lisant ces lignes, j’étais toute chose. Je vous laisse imaginer l’état de mon minou, Pénélope. Elle faisait de ces bruits! C’en était gênant. On se tortillait dans mon  lit, mes mains ne sachant plus vraiment quoi faire de leurs dix doigts, et on tremblait. D’impatience. Ca montait, cette tension en moi, ça montait. Je devenais Chloé Mills. Vous aussi deviendrez Chloé Mills. Ou Bennett. Je vous assure! Ah, vous, je sens que d’un coup, comme ça, vous n’en avez plus rien à faire de mon autobiographie. Respirez. Déglutinez. Je continue.

« La chaleur de sa main se déplace sous ma jupe. Ma peau s’électrise. Chaque muscle de mon corps se tend, mon ventre se liquéfie. (…) Les pointes de mes seins se dressent. Je serre les dents pour toute réponse : trahison pectorale. »

– Retournez-vous mademoiselle Mills, ordonne-t-il d’une voix calme. 

Le désir monte entre mes jambes. »

Pas d’arrêt cardiaque Bookiners. On se calme. Epongez-vous, n’hésitez pas. Je vous raconte un bout de la suite ou je m’arrête ? Bon, je m’arrête.

OK ! Je continue ! Ne criez pas, je continue !

« Il arrive au bord de ma culotte et passe ses doigts sous le tissu. Je le sens glisser contre ma peau et frôler mon clitoris avant de me pénétrer. Je mords mes lèvres, essayant, sans succès, de réprimer un gémissement. Quand je baisse les yeux sur lui, la sueur perle entre ses sourcils… Les boutons de soie de mon chemisier ricochent sur la grande table de conférence. » 

Bookiners prudes, s’abstenir :

« Son pantalon tombe par terre. Je serre sa queue très fort. Je la sens vibrer entre mes doigts. »

Allez, c’est terminé. Vous finiriez par me penser nympho, alors que ces mots ne viennent même pas de moi ! Et puis, vous faites les innocents, mais c’est vous qui avez cliqué, un sourire malicieux aux lèvres sur la rubrique « Libido où te caches-tu ? ». Je vous vois, il ne faut pas croire !

C’est une histoire torride donc, de sexe d’abord, entre ces deux fortes têtes qui succombent à  leur attraction l’une pour l’autre, et à son ivresse, oubliant leur égo et leur statuts respectifs. Et puis, parce que vous avez déjà deviné la suite, c’est une histoire d’amour, à leurs risques et périls.

Pour vous Bookiners qui ne croyez plus en l’amour, je vous dirais que vous avez tort, et c’est en y croyant plus que vous vous condamnez. Car en fermant les yeux, vous baissez les armes, vous ne lui donnez pas une chance, à l’amour. Oui, c’est vrai qu’on dit qu’il ne faut pas chercher. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas ouvrir les yeux. Être attentif(ve)(s). Chloé ne cherchait pas. Et Ryan. Hmm. Comment vous dire. Les petits cons ne cherchent pas l’amour, et encore moins la dépendance. En revanche, ils ont gardé les yeux ouverts, sinon, je vous assure, il ne se serait JAMAIS passé ce qu’il s’est passé. Après, vous savez, je comprends. La déception, les relations qui se terminent mal, les mecs qui ne tournent pas rond, qui font tourner en bourrique, les fous, les relous. Trust me, je me suis tapée le florilège. Mais quand vous lisez une histoire comme celle-ci, simple et attendue – certes, mais oh combien savoureuse, votre petit cœur vous dit tout bas que tout est encore possible et que rien est encore joué.

Aussi, revue à part. Il y’a quelque chose de bien dans ce roman. De valorisant pour nous les femmes. Chloé Mills couche avec son boss, mais par attraction irrépressible. Lorsqu’il a le malheur de la prendre pour acquise, de confondre leurs ébats avec le travail et à penser qu’elle lui doit, ne serait-ce qu’un peu de sa réussite. Chloé démissione de son boulot, et reprend sa thèse à zéro, dans une autre entreprise, moins prestigieuse peut-être, mais sans aucune blurred lines, sans ne rien devoir à personne. 

Bref, je vous disais, je suis convaincue que notre âme sœur à nous tous et toutes est quelque part. Pas loin. Mais justement, je vous parle d’âme sœur. Pas d’âme de compagnie hein. Celui que vous comprendrez en un regard, celui qui complète votre intelligence et vos émois. Celui qui sait que vous savez. Et celui qui ressent ce que vous ressentez. Yes, this one ! Pari gagné pour Christina Hobbs et Lauren Billing ! En alternant par chapitre la narration de Chloé et celle de Bennett, elles explorent la naissance de l’amour et chez l’homme et chez la femme. Et parfois, vous verrez, il suffit simplement d’accepter de se livrer à l’autre, au bon moment, au bon endroit pour que les sentiments se délient et que l’amour se déclare.

Attention : pour l’avoir vécu, évitez les déclarations d’amour dès le 2ème soir. Ca se termine toujours en courant !

Moins de sexe et plus d’amour pour la route. Tenez, c’est cadeau :

(Bennett) « Quand elle dort, j’ai envie de veiller sur elle. Sur son sommeil et sur son réveil. Pour jauger ses sentiments à mon égard. Ce n’est pas seulement du sexe, je le vois bien maintenant… »

 

(Chloé) « Nous revenons lentement sur terre, nos jambes emmêlées dans les draps. Nous parlons de tout, et du fait que j’ai juste assez de sous vêtement pour la semaine : il ne faut plus rien déchirer. Nous parlons de tout, sauf du chaos qu’il a provoqué dans mon cœur. « 

Après les éponges, les mouchoirs !

Je dois vous laisser Bookiners car tout à l’heure, je sers des burgers !

Doux baisers,