Pourtant facilement impressionné par le potentiel des mots, je ne vais pas mentir, je ne suis pas un grand lecteur. Manque de temps, de concentration, de patience ? Un peu tout ça à la fois. 

De plus, c’est très probablement la première biographie que je lis, ayant déjà assez à faire avec ma propre existence.

Mais en éternel passionné de musique, et sur les conseils de mon père, je me lance dans les quelques 700 pages qui composent Life, récit de l’existence de Keith Richards, personnage emblématique que je ne devrais d’ailleurs pas avoir à présenter…

Keef, légendaire guitariste des Rolling Stones, présente toutes les caractéristiques du rocker, mais résumer sa vie aux termes « drogues », « femmes » et « arrestations » ne rendrait pas honneur au génie. Il est le plaisir et la souffrance, il est l’amour et la jalousie, il est l’euphorie du succès et la haine de soi… Ça résonne dans ma tête

Toute sa vie, à l’écoute de sa passion et de ses désirs, il joue l’équilibriste entre les forces positives et négatives qui l’habitent. Il nous prouve que finalement, le ying et de yang, c’est pas juste une idée sympa pour un tatouage de vacances. 

On cerne assez vite ce qui va faire de l’homme une légende : son instinct. Car finalement être rock, ce n’est pas simplement se foutre de tout, c’est surtout parvenir à s’éloigner des conventions et oser faire ses propres choix. Il est facile de juger un dépravé faisant de la gratte, sauf qu’un dépravé fait ce qui lui plaît, lui.  On peut même dire, malgré toutes les conneries qu’il a pu faire, que ça lui a plutôt bien réussi. S’approcher du précipice pour admirer la vue, c’est ça la liberté, la vraie !

Finalement, si ce livre m’a bien confirmé une chose, c’est l’importance de se délester de toutes les barrières psychologiques et sociales qui enferment notre créativité et de savoir être à l’écoute de son instinct, de ses émotions et de toutes les autres petites voix qui nous chuchotent des choses à l’oreille. 

Etant du genre à cogiter sur tout et n’importe quoi, j’ai appris à relativiser et à prendre de la distance par rapport à mes actes et mes choix, les bons comme les mauvais. Merci Keith. J’assume maintenant pleinement mes idées, mes envies, mes pulsions. 

Et dire que l’histoire des Stones aurait été différente s’il n’avait pas eu l’idée folle d’enlever l’une des six cordes de sa guitare…

Victor