Paris Venise | Florent Oiseau

Paris Venise | Florent Oiseau

Jeudi 21 Juin 14h30, chez East Mamma avec Louis, un ami dont j’ai été folle amoureuse pendant nos années prépa. Nous discutons d’amours, les siens et de CDI, celui qu’il vient de décrocher ; quand Peanut Héloïse, en voyage pour la Russie, m’assaille des sms les plus drôles du weekend ! 

émoticône dialogue texto sms– BB envoie moi un #RIP je perds la boule et la sérénité – mon voyage en Russie s’annonce comme une sombre histoire 

– Oh mon dieu, j’hésite entre l’angoisse et les rires aux éclats.

– Tu-vas-chia-ler. 

– Raconte ! 

– Après que Vueling, cette agence de merde pas fiable pour un sous, nous ait annulé notre vol la veille de notre départ, ils ont fini par accepter de nous replacer sur un autre vol avec correspondance, sans frais, parce que je les ai menacés avec ma carte de presse donc ils ont un peu flippé. Et là, devine ? 

– Votre vol est parti en retard ? 

– Oui putain. Notre vol est parti 2h30 en retard. Donc je t’explique, ça veut dire qu’on avait déjà raté notre correspondance avant même d’être installés dans l’avion. Je suis en crise de nerfs rien qu’en en reparlant putain. 

– Ok. Inhale. Exhale. Et continue ton histoire. 

– Donc là, stp, je suis au bord d’un gouffre sibérien qui n’en finit pas de se creuser. Ecoute bien, on est dans un hôtel qui a oublié qu’hôtel et dépotoir n’ont jamais été synonymes. Il y a des sacs poubelles qui déambulent à la réception, et la peinture sur les murs est complètement écaillée. Evidemment, les photos du site racontent une toute autre histoire. Mais on appelle ça du storytelling n’est-ce pas ? 

– Mais bébé, change d’hôtel ! 

– Ah nan mais j’ai pas fini. Y a mieux ! On est censé avoir un air’b’n’b pour ce soir, mais figure-toi que l’hôte ne nous répond pas. Et là, on ne peut pas bouger d’hôtel car sinon, on perd la wifi, et avec elle, toutes nos chances d’air’b’n’b. 

– Oh fuck. Mon ange, je suis désolée. Bon, mange un kinder bueno. Dans une telle situation, tu as le droit à tous les écarts culinaires, je te le jure.  

– Je ne m’attendais pas à un pays aussi hard. Vraiment pas. Ils ne parlent pas un mot d’anglais et dès qu’on pose une question, on se fait agresser. J’ai jamais vu ça. 

– Bon mon amour, mets toi dans un coin sans déchets et fais un peu de sophro. Ensuite prends un roman doux qui te fait voyager loin. Et respire. Snapchat-moi dès qu’air’b’n’b  vous reloge. 

– D’accord mon amour. Merci. Ça va toi ? 

– Oui moi très bien, je suis avec Louis là. On se marre comme des fous chez East Mamma. Je lui lis des passages de Paris Venise : mon roman préféré de l’été 2018 !

– Ahahahahah, si tu le classes par saison, c’est pas bon signe ! 

– Nan nan, nan, hors-saison ça compte aussi ! Je l’ai A-DO-RÉ ! Coup de cœur estival ET hivernal ! Peinture sociale en catimini, légèreté profonde et des milliers de rires ! Des rires jusqu’à la belle étoile. C’est la folie cette humour désabusé, incisif et toujours tendre. Roman, le personnage principal complètement malmené par la vie. Au BDR le dude. Il est si drôle. Tout à l’heure, dans le métro, je me suis esclaffée en continu ! On dirait un film burlesque.

– Bon, toi au moins, tu voyages en sécurité, et tu te marres. C’est déjà pas mal. Moi je vais essayer de me calmer et je t’envoie une vidéo de notre flat tout à l’heure. 

– Ok mon ange. Courage. Et n’oppresse pas Gus avec tes humeurs, hein ? Ça va aller ! 

 

Bookiners, asseyez-vous comme vous le pouvez, serrez vous et déballez votre casse croûte, je vous emmène à bord de mon coup-de-cœur-quatre-saisons et à bord du train le plus en retard d’Europe : le Paris-Venise ! Ça tombe bien, l’été, on est moins pressé que d’habitude. Pour composter votre ticket de train, cliquez ici ! Vous l’aurez compris, Héloïse aurait mille fois préféré être avec nous qu’au Royaume de Poutine. Entre deux crises de nerfs, elle vous embrasse. 

Si vous ne le savez pas encore Bookiners, durant l’été, nos revues vont se faire plus courtes, plus intense et plus POP. Car même si nous avons plus de temps à tuer qu’en hiver, vous ne pensez qu’à vous dorer la pilule, et moi, je ne pense plus qu’à aller nager pour drainer mes gambettes. Alors, Peanut Booker, Héloïse et moi avons imaginé les Pépites de l’Eté sous 3 P : Pitch, Prescription et (Sneak) Peek ! Mais d’abord : musique !

Ed Sheeran – Bibia Be Ye Ye 

PITCH

Je vous présente Roman. Il est « hôtesse de terre ». Enfin, c’est sa tentative glamour à lui de vous expliquer qu’il bosse sur le train-couchette Paris-Venise. Entre deux gares et deux possibilités «celle d’un départ et celle d’une fuite ».  Et en plein dans le mille de toute la misère du monde, de ses petites combines et de ses grands destins. Roman, c’est un mec droit, simple, romantique et terriblement drôle malgré lui. Parce qu’il dit tout avec une objectivité déconcertante, qu’il monte en neige par une pointe de sarcasme qui frise toujours la désinvolture, Roman vous attrape d’abord par le rire, puis par le cœur. 

Il vient tout juste de décrocher son nouveau job d’hôtesse. Alors, il est plutôt content, surtout que sa dernière aventure professionnelle ne s’est pas terminée sous les meilleurs hospices. Lui, il vous dira dans le plus grand des calmes, qu’elle s’est terminée : 

« Comme une histoire d’amour : avec des regrets et quelques jolis souvenirs »

Mais en fait, il s’est fait virer. Il travaillait dans un hôtel et puis parfois, ses amis logeaient les dernières chambres vides quand ils avaient envie de conclure un rencard affriolant. Il pensait bien faire, Roman, en soi. Car il ne refuse jamais d’aider son prochain.  

Et puis l’heure du nouveau boulot arrive, et avec elle, commencent les voyages d’une gare à l’autre et les voyages initiatiques ceux qui défient nos idées fixes, nos préjugés, nos idéaux, ceux qui rendent amoureux aussi, et ceux qui font grandir. Ah oui car il y a Juliette. Belle comme l’avenir. Au regard aurore-boréale. Je ne peux pas tout vous dire, pour vous laisser découvrir. 

Mais voilà, sachez que Roman, notre picaro moderne, nous décrit les paysages ferroviaires et les réalités du monde, avec ses phrases-constats qui n’ont l’air de rien mais qui témoignent de tout, de l’absurdité un peu risible du monde, de la contradiction des français et des hommes, des inégalités un peu sournoises ici et là, et partout, et puis de nous, de nos vanités, de nos petits arrangements et de nos étranges travers. Ensuite vous agitez le shaker. Du haut vers le bas, de la gauche vers la droite. 

Et vous obtenez le cocktail ferroviaire le plus décapant de l’été ! Prochain stop, la libraire du coin ou Amazon ! GO GO GO READ IT !

PRESCRIPTION

Paris Venise est un roman ferroviaire et picaresque parmi tant d’autres choses, alors vous ne m’en voudrez pas si j’appelle en premier, puis en deuxième, les Bookiners qui ne voyagent pas vraiment cet été et ceux qui désirent comprendre le monde qui nous entoure. Bon, il faut que je  vous dise la vérité, vous allez visitez beaucoup de gares, vagabonder entre l’appartement de Roman et celui de son voisin Didier à Bondy – l’ami indésiré de Roman, mais aussi le personnage le plus boursoufflé jamais rencontré dans un roman, aussi drôle et attachant qu’éreintant ! Vous savez, votre grand oncle relou persuadé qu’il sait tout plus que vous parce qu’il a tout lu, vu et vécu, celui qui ne vous laisse en placer une qu’avec une tape un peu condescendante qui vous arrache l’épaule et la bonne humeur pour la semaine. Voilà, celui là. Bref, vous allez voyager, et si ce voyage ne rime pas avec plages, cocotiers et vahinés trémoussées, il rime avec regard. Ouvrir son regard et le poser sur une surface du monde inexplorée juste à côté de soi. Ouvrir son regard pour voir les destins malmenés, un peu ordinaires, un peu tristes et parfois drôles et rocambolesques d’une humanité qui vaut autant que la nôtre et ce même si elle travaille en train couchette, sert du proseco comme du champagne et des tablettes de Toblerone à cinq euros. Ouvrir le regard vers ceux qui galèrent mais qui sourient encore. Oui, Bookiners, vous allez voyager vers : 

« Ces bouts de campagnes qu’on ignore, ces endroits du monde entier où avoir des croissants chauds le dimanche et du porno en haut débit n’est pas une évidence absolue. Ces foyers éloignés des pantalons à pinces et de l’intolérance au gluten» 

Vous allez voyager et ouvrir votre regard vers les arrangements douteux de la petite misère, les grandes personnes qui galèrent et leurs petits destins, les aventures de terres et les mésaventures du cœur et avec ça, vous comprendrez une partie du monde qui vous entoure. Et parce que vous l’aurez compris, vous jugerez moins et passez une partie de son été avec un maillot de bain en plus et la camisole du juge en moins, c’est comme perdre 3 kilos en dévorant du chocolat : c’est la FO-LIE ! 

Je suis mignonne avec mes histoires de regard, mais ça n’aide pas les Bookiners qui ne rient plus ! Sauf si ? Sauf si je ne vous ai pas tout dit ! Whoop Whoop ! Parce que Paris Venise c’est le roman qui m’a fait le plus rire ces 6 derniers mois, et pourtant, je ne suis pas des plus difficiles ! Tout commence avec Roman, cet adulescent à la petite trentaine à la fois désabusé, dépité et super-lucide face au comique de sa propre existence et de l’absurdité qui l’entoure et le poursuit vous rendra hilare jusqu’aux Maldives. Je le laisse vous parler, vous allez chialer… de rire ! 

Lorsque son futur employeur lui demande comment s’est terminée sa dernière aventure professionnelle, Roman répond : 

« Comme une histoire d’amour monsieur. Avec des regrets et quelques jolis souvenirs. »

« En clair vous vous êtes fait virer ? »

« Oui. » 

Attendez, Bookiners, il y a mieux, je laisse roman vous présenter Didier… et Shirley. Prêts ?

« Didier, il savait des trucs. Il ne disait pas toujours d’où il les savait, mais le gars maitrisait ses sujets. Didier, ce n’était pas la peine de lui parler de poissons. Il en avait forcément chopé un plus lourd que toi. Si tu évoquais le moteur de ta bagnole, c’était pareil, le sien faisait le double, au bas mot. Mais en réalité, la seule chose que Didier avait de plus gros que les autres, c’était sa femme, Shirley. Une commode. Une commode, sans les tiroirs, ce qui permettait de ne pas se tromper au moment de ranger son chéquier. Shirley, ce n’était pas une marrante, mais elle avait au moins le mérite de rassembler les gens en faisant l’unanimité contre elle.»

Voilà. Net. Précis. Elimé comme une lame de rasoir. Incisif et percutant. De l’humour à l’Oiseau. Et moi, en le relisant, je chiale de rire. Encore ? Vous en voulez encore ? Ok, mais alors dernière complainte désabusée et hilarante que je vous offre ! Sinon vous n’achèterez pas le livre et vous feriez une erreur ! 

« En bas de chez moi, des femmes hurlaient en lingala, mais impossible de définir s’il s’agissait d’une dispute ou du récit d’un détartrage chez le dentiste ». 

Et l’amour dans tout ça ? Bookiners en panne d’un cœur qui bat chamade, et en panne de l’espoir qu’il batte encore, les péripéties de Roman vous dévoilera que tout n’est que question de regard, et d’audace. Parfois, on aime à côté de la plaque, et notre cœur s’emballe pour la mauvaise personne. Elle s’appelait Juliette, la sienne. 

« Et Juliette, elle était belle comme l’avenir. »

Et vous savez quoi ? L’essentiel après une déception c’est de laisser son regard et son cœur ouverts, et d’oser le découvrir, encore un peu, à l’imprévisible. 

Je vous laisse sur ces mots, sur ce suspense et sur ce conseil, car l’amour n’abandonne jamais tout à fait celui qui le tien par la main avec audace et sincérité. (Là, Bookiners, je vous imagine ouvrir vos grands yeux doux pour comprendre comment tenir quelque chose par la main avec audace et sincérité : tout est dans le toucher ! ahahahah !)

Magnanime, je vous donne quelques mots d’un texto de Roman à sa future dulcinée, et la réponse de celle-ci : 

«  Je m’étais promis de laisser passer au moins 48h avant de vous contacter, histoire d’avoir l’air occupé, mais je ne le suis pas, alors je me suis dit qu’on pourrait peut-être s’occuper à deux. Je voulais attendre 48h avant de vous répondre, mais le programme télévisé ne me dit trop rien ce soir. Je serai là dans une heure. »

Alors maintenant Bookiners, 

Osez !

Doux baisers, 

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Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Vendredi 29 décembre, 23h30, dans mon lit, en train de regarder la 127ème interview de Benjamin Biolay, dont je suis folle amoureuse, mais je vous en parlerai davantage plus tard Bookiners.

émoticône dialogue texto sms– Hi mon Honey moon, tu fais quoi pour le Nouvel An ? 

– Hmmm, je devais aller à Londres avec Swann et Mathilde, mais j’ai pas l’envie en moi. Sortir, m’enivrer, courir vers des chimères, j’ai plus la force en ce moment. Entre les impératifs de Peanut Booker et la musique, j’ai besoin de me recentrer pour ne pas dérailler dans deux semaines quand je m’installe à Madrid.

– Oui mais c’est ton anniversaire mon cœur. T’as pas la tête à ça ?

– La tête à vieillir ? Pas trop et prendre un an de plus comme on prend une nouvelle gifle, merci mais non merci. J’adore être un enfant, et j’adorerais le rester pour toujours, mais les anniversaires m’en empêchent, ils sont là pour nous rappeler que le temps passe, que la vie n’attend pas, et qu’elle n’en a rien à foutre que tu préfères avoir 20 ans pour toujours. Elle t’en rajoute 4 ou 5 et tu dois fermer ta gueule de sotte insoumise. Parce que c’est inéluctable. 

– Ahahahahah. Mon ange, ne sois pas si remontée. Je t’assure que ça va aller, je serai à tes côtés jusqu’à ce qu’on perde toutes nos dents d’adultes. Et puis ne vois pas la vie comme une menace envers l’enfant que tu es, vois-la comme une promesse d’explorer l’enfant que tu es, de l’affirmer, de le contenter et voire même de le transcender. De lui faire vivre des choses qu’il n’avait pas imaginé avec ses yeux d’enfants. Je t’assure, change de regard, et respire. Tout va bien se passer. 

– J’espère vraiment que tu as raison. Et puis, aussi, dimanche, pour le Nouvel An, j’avais prévu d’être chez moi, assise sur le parquet, des talks de motivation sur les enceintes, avec des feuilles Canson et trois livres importants pour moi : L’Alchimiste, Le jour où j’ai appris à vivre et Miracle Morning. Ils me rappellent les essentiels. Ils me ressaisissent. Ensuite je voulais faire un visual board pour mettre en images tous mes objectifs de l’année concernant la musique et notre bébé Peanut. D’ailleurs, je peux te dire que je l’ai subi la grossesse de notre cacahuète : j’ai pris 15 kg cette année. Quand je pense que Céline Dion ne prend pas un gramme quand elle fait des babes. Ça me tue. 

– Ahahah, le rapport avec Céline ! En vrai, je te comprends totalement. C’est une sage décision de prendre du temps pour toi quand tu en ressens la nécessité et l’envie. Tu seras fière de toi et tu commenceras l’année sur des bases saines et déterminantes. Moi, je me rêve de solitude. De balades en forêts. De romans rassérénants. Et de silence. 15 jours non-stop avec ma famille que j’aime de tout mon cœur, c’est quand même assez hardcore. Je suis au bord de la crise d’hystérie. 

– Ahahahah. Yes. Mon ange, I feel your pain. Moi je marcherais bien toute nue dans la rue en ce moment. Je sens mon être étriqué par mes vêtements et par la mode, ça me tend. 

– Ahahahah. #lerapport ! J’aime tellement quand tu sautes du coq à l’âne. D’ailleurs t’as terminé Le jour où j’ai appris à vivre

– Of course my love ! Depuis 2 mois, j’avais simplement perdu les mots justes pour le commenter et le partager correctement avec nos Bookiners. Mais là, je me fais violence car c’est LE livre à lire pour commencer l’année sur des fondations sereines, intelligentes et surtout, essentielles ! 

– Parfait ! Alors nous t’écoutons ! J’ai hâte. Bookiners, approchez, Tat vous attend, elle a une jolie trouvaille à nous faire parvenir !!! Tututut, on ne traine pas les pieds, même si on a pris du bide à Noël !  

– Je m’exécute ! Mais avant ça Bookiners, sachez que dans ce roman, et dans beaucoup de romans de Gounelle, ce ne sont pas tant l’écriture ou les personnages romanesques qui touchent et nous secouent jusqu’à nous faire vibrer. Ce qui marque chez cet écrivain, c’est cette formidable intuition et connaissance de la vie, cette spiritualité, et cette façon de nous questionner et de nous ramener à l’essentiel. Et, avec la période des résolutions qui pointe le bout de son nez, je sais qu’il vous aidera à faire le tri, à prendre les bonnes décisions et apprendre – enfin ? – à vivre. Allez, GO ! 

Avant toutes choses beaux amours, je commencerai par vous faire un cadeau musical.  Il vous juste ce qu’il faut d’air frais, et ce sentiment intense de respirer la nature, couché sous un ciel bleu, bercé par les vagues en face d’un soleil tout sourire ! Voici pour vous notre Juju national qui nous chante Beyrouth, la plage et les songes. Voyage Voyage.

Beyrouth plage – Julien Doré 

La nouvelle année arrive à grands sabots Bookiners, et il commence à se faire le temps des introspections, des rétrospectives, des hauts et des bas, des actes manqués, des actes magnifiés, pour que 2018 soit, peut-être davantage, à votre diapason. Je vous écris ces lignes du bout de ma chambre, et du fond de mon âme, où que vous soyez car même de loin, même sous les cocotiers, il y a des nécessités non négociables pour votre bien-être.

Voyage dans l’espace. Nous atterrissons à San Francisco dans la vie de Jonathan. Il est expert en assurances. Il a monté sa boîte avec son épouse Angela – dont il vient tout juste de se séparer pour une douteuse histoire d’infidélité-, et son ami Michael. Il a une petite fille Chloé qu’il aime mais qu’il néglige car il s’imagine devoir gagner suffisamment d’argent pour la mettre à l’abri avant de profiter d’elle. Par moments, la vie de Jonathan est entrecoupée, en pointillés par le récit de celle d’Austin Fisher, LE joueur de tennis n°1 Mondial que les médias critiquent, caricaturent et redoutent tout à la fois. Nous sommes aux deux carrefours de la vie de ces deux hommes. Les intrigues et les personnages s’imbriquent et plusieurs évènements se chevauchent dans ce roman, donc je vais aller droit au but, droit au baume Bookiners. 

Certains Bookiners ont leur confiance égarée dans les bois, égarée si loin d’eux qu’ils s’imaginent qu’elle n’a jamais existée alors qu’elle s’est barrée aux Bahamas, aller-simple, un soir d’hiver et n’est plus jamais revenue. Mes amours, vous dire qu’il est temps de vous rabibocher avec elle est un lieu commun, vous dire comment, c’est mieux. Tout d’abord, sachez que vous n’êtes pas seuls. C’est difficile de s’aimer, et d’accepter tout en soi, même vos drôles de choses qui clochent, vos imperfections et vos névroses. Et ce, même si vous êtes au sommet de votre art. Jonathan, Austin Fisher, Ryan – le créateur de chroniques vidéos moqueuses « Minneapolis Chronicles », et le pâtissier du coin, Gary, ont le même vide en eux, la même béance qui traduit le manque de confiance qu’ils se portent individuellement. 

Dans la boîte qu’il a crée avec ses associés, Jonathan se compare sans cesse à Michael, son compère éloquent, sans états d’âme, à la verve séduisante et convaincante. Pour Michael, comme il l’explique à Jonathan et Angela, la peur est l’émotion principale, alliée du conseiller en assurances. Il faut la faire germer et grandir dans le regard du commerçant afin qu’il accepte n’importe qu’elle assurance, même celle qui protège de sinistres dérisoires. Michael est obnubilé par les ventes et ce, même si elles vont à l’encontre de l’éthique de son métier et de la raison d’être même de leur vocation à tous les 3. À cette course aux chiffres, Michael est le plus rapide, le plus performant, laissant à Jonathan l’envie de le dépasser à un jeu auquel il ne croit pas. Il commence à se comparer, se dévalorise, écume et énumère les qualités qu’il n’a pas. Il oublie ses singularités, la confiance en lui qu’il avait se dilue, se dissout et s’évapore quelque part dans les sillages de la mer de Big Sur. Alors, 

« À défaut d’être heureux Jonathan est occupé.»

Parfois, on s’imagine que seuls ceux qui ratent perdent confiance. Je vous avouerais que je déteste ce mot, « rater » car je trouve qu’il manque de sens profond, qu’il est imprécis, et qu’il paraît définitif alors qu’il est temporaire. Je m’égare. Je voulais vous dire que la confiance en soi se construit, se nourrit, et s’apprivoise, pour tout le monde. Austin Fisher est n°1 mondial. Il vient tout juste de remporter le tournoi de Flushing Meadow. Il lui reste une dernière rencontre de l’US Open à jouer et s’il la gagne, il devient le meilleur joueur au monde, il rentre dans les annales avec le plus de victoires remportées par un joueur. Avec ces ribambelles de trophées, seule une chose le perturbe et l’ébranle : ce que les journalistes et les autres joueurs disent de lui : 

« Austin Fisher est une machine à gagner, une machine.»

Tout s’effondre pour Austin lorsqu’il s’imagine que ce qu’un des joueurs de tennis vient de dire de lui pourrait être vrai. Vous apprendrez dans ce roman, avec les conseils de Warren, son entraineur de tennis, à vous débarrasser de ces mots qui vous blessent en les éloignant visuellement et physiquement de votre esprit afin de les rendre étrangers à votre personne. Je vous assure, la méthode est dingo ! Vous essaierez, éberlués par son efficacité. Et ensuite, vous m’en direz des nouvelles !

Je disais Bookiners, qu’il fallait que je vous donne quelques solutions pour retrouver votre confiance perdue. Un jour que je me disputais avec ma maman que j’aime de tout mon cœur, nous en sommes venues aux mots qui blessent. C’était il y a très longtemps. Très très longtemps en fait, mais cette dispute m’a marquée. Elle s’est terminée par maman qui me dit que je ne suis qu’une « enfant égoïste, qui manque d’empathie et qui ne pense qu’à elle. » Tout ça parce que je ne voulais pas aller rendre visite à une tante en deuil, que je connais à peine et qui m’indiffère – peut-être justement parce que je la connais à peine -. Et puis, pour vous dire la vérité, j’ai plus de 50 tantes et 90 cousins. C’est la particularité des africains de ramifier les arbres généalogiques et d’amalgamer amis proches, avec cousins. Tout ça pour vous dire que ces qualifications m’ont terrassée. J’ai ruminé pendant 2 ans, littéralement. Puis un jour, je suis allée voir ma maman, j’avais 16 ans, et je lui ai expliqué que si elle me pensait égoïste, alors c’est qu’elle n’avait vraiment rien compris à mon essence et qu’il était hors de question qu’elle me fige et me fixe à des mots qui m’étaient étrangers, parce que ça m’aliénait et que c’était quand même vraiment con de se faire aliéner par sa propre mère et par l’amour de sa vie. Elle a pleuré. Elle s’est excusée.

Et depuis ce jour, j’ai la certitude que pour avoir confiance en soi, il faut commencer par se regarder, longtemps, quitte à énumérer sur une page blanche qui nous sommes et ce que nous pensons être. Vos défauts, vos qualités, vos fêlures, vos lumières. Tout. Ensuite, détachez-vous de ces mots et appréciez-les pour ce qu’ils sont. Puis rattachez-les à vous à nouveau pour vous apprécier comme vous êtes. Rajoutez-y de l’amitié, de l’empathie de vous à vous, puis de l’amour. Touillez, touillez, et commencez à vous affirmer, à connaître qui vous êtes, attendez quelques heures, et hop, la confiance revient des Bahamas, aller sans retour, pour se loger sous les cocotiers de votre cœur. Vous en viendrez à considérer les mauvais mots des autres sur vous, comme une ignorance, et ceux qui pointeront du doigt certains défauts qui sont les vôtres, vous opinerez du nez, saluant leur perspicacité, en paix avec vous-même. Attention, je ne dis pas qu’il faut s’enorgueillir d’être avare ou d’être con, je dis qu’il faut accepter vos manques et vos trop pleins pour être à la hauteur de la personne que vous désirez devenir, des gens que vous aimez et qui vous acceptent pour ce que vous êtes. 

Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on arrête de se comparer aux autres et qu’on capitalise sur ses propres atouts. Je crois que c’est à partir de ce moment là que les mots des autres n’ont plus le pouvoir destructeur qu’on pouvait leur donner. Les autres ont toujours le pouvoir qu’on leur donne. Si on se détache. Hop. Plus de pouvoir, juste un rigolo qui gesticule avec les mots qu’il méprend. Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on commence à côtoyer des personnes qui nous veulent du bien. Authentiques et entiers, et qui nous aiment intégralement. 

Bon, j’arrête de faire la Sage, sous son cyprès centenaire et je vous présente Tatie Margie. Elle sera votre mentor de choc pour éclairer le chemin de votre vie ! 

Tatie Margie, c’est la tante de Jonathan, et la tante qu’on rêverait tous d’avoir. Un dimanche après-midi que Jonathan se promenait sur les quais de Sunday Streets, une immense rue touristique de San Francisco, bruyante de vie et de musique. Il s’égare dans ses pensées, quand soudain, il sent une envie irrépressible d’aller voir la gitane qui le fixe au loin pour qu’elle lise entre les lignes de ses mains. Celle-ci accepte, et lui annonce, non sans mal, de la façon la plus détachée, qu’il va mourir. Jonathan va mourir. Après plusieurs jours d’accablement, Jonathan décide de longer la baie de San Francisco pour rejoindre sa tante Margie et se ressourcer auprès d’elle. C’est avec elle qu’il redécouvre le monde, qu’il comprend les sources de son aliénation et les possibilités de son bonheur. 

Bookiners en mal de mentor, permettez moi d’appeler vos amis les Bookiners qui rêvent de comprendre quelque chose du monde qui les entoure. Venez ! Oui, vous. Juste ici. Voilà, nous sommes une ribambelle maintenant, et c’est bien mieux. 

Tante Margie-Mentor vous fera admirer le monde avec un autre regard, elle vous fera retrouver la gratitude pour la vie, pour l’existence, et vous fera renouer avec ce lien invisible qui rallie la nature et les hommes.  Parce que, dit-elle : 

« Par la marche, la nature nous rend ce que la société nous a confisqué : notre complétude. Notre culture de l’immédiateté et l’ultra-réactivité nous amènent à n’être plus présent à rien. En marchant, on se replonge dans le temps de la nature, de l’univers et du cosmos. Le temps de la vie. Et on se reconnecte à soi-même.»

Puis elle ajoute que : 

« Nous sommes des êtres complets. Notre proximité avec la nature nous amène à le ressentir profondément alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu’il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets. »

Vous apprendrez que :

« Tous les hommes sont reliés » 

Et que scientifiquement, cette intra et inter-lien entre les êtres vivants s’appelle le champ morphique, et qu’il a été découvert pas un grand biologiste Rupert Sheldrake. 

Vous comprendrez enfin qu’il faut vous connecter à vous-même afin de vous reconnecter au monde et aux autres avec la même bienveillance, la même authenticité. Écouter notre âme, tanguer avec elle, jauger ses battements et se laisser accompagner par elle. 

Tante Margie-Mentor vous apprendra bien d’autres choses. Et c’est bien là ce qui fait le trésor des romans de Laurent Gounelle, ils nous rappellent ce que nous avions oublié, ils nous guident vers quelque chose de plus vrai, avec douceur, au détour de quelques conversations savoureuses. 

Je m’écourte, mais avant, Bookiners que les rires ne visitent plus, vous rirez. Vous rirez de la colère de Ryan envers les hommes qui le pousse à créer « The Mineapolis Chronicles »: une chronique pour cons qui raconte la vie des cons, vous rirez de ses entrains, de sa folie, et de Gary le pâtissier qui est persuadé que lorsque les hommes sont gentils avec lui c’est qu’ils lui veulent du mal. Vous rirez avant de réaliser que les hommes tristes sont aussi les plus cyniques et les plus incompris. Vous rirez avant de leur tendre votre main compatissante, votre cœur bienveillant, jusqu’à leur apporter la tendresse et le regard doux dont ils manquent. Ah, je sens que vous avez entendu le mot tendresse Bookiners, et que ça vous intéresse ! La tendresse c’est cette caresse qu’on tend vers l’autre, comme une promesse de réconfort. Dans ce roman, la tendresse est là, partout, et elle vous embrasse chaleureusement.

Vous rirez Bookiners, avec dans le cœur la certitude nouvelle qu’il

« Vaut mieux allumer sa petite bougie que de pester contre les ténèbres. »

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Tatie Margie. 

Je vous laisse avec ces mots, et je vous souhaite une année haute en couleurs, celles du bonheur, une année au cours de laquelle vous apprendrez à vivre. Pour de bon. 

Doux baisers, 

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

Anima | Wajdi Mouawad

Anima | Wajdi Mouawad

Mardi 22 août 2017, 9h30

émoticône dialogue texto sms– Tat, je suis sonnée. Complètement sonnée. Tu avais raison. Tellement raison quoi ! 

– Ahahah ! Je ne sais pas de quoi tu parles, mais avoir raison me va très bien ! Heu sonnée ? Que pasa ? 

– Je suis assommée de beauté, de sublime, j’en perds mes mots, ma voix, mon intellect, ma réalité. Bam. Une gifle. 

– Mais what the hell is going on ? Ce sont les paysages de Sicile qui te donnent le tournis ? 

– Non non là je suis à Arles chez mes parents. Même si je viens tout juste d’être bluffée par deux expos photographiques hallucinantes, je ne te parle pas de cette beauté là, je te parle d’un sublime qui m’habite entièrement, infiniment depuis deux jours. Tu sais, je t’avais promis que je t’enverrai l’article sur le roman Venise n’est pas en Italie, je l’avais noté dans mon emploi du temps, mais quand je me suis mise devant mon ordi sur ma terrasse au soleil, mes yeux regardaient du coin de l’oeil ce roman qui me hurlait de l’ouvrir pour la 14ème fois de la journée. 

– Ahahaha, tu parles d’un livre comme je parle de pépitos !

– Non mais chat, tu ne comprends pas, je ne pense qu’à ce livre. Je n’ai pas dormi la nuit dernière pour le finir, je ne sais pas comment j’ai pu vivre sans lui pendant 24 ans. Je crois que je vais l’emporter partout avec moi et remuer ciel et terre pour rencontrer Wajdi. Ciel et terre. 

– Aaaaaaaah je comprends mieux, tu as fait la connaissance de mon Wadji Mouawad !! Mon dieu je suis trop heureuse que tu l’aimes aussi ! Je te l’avais dit, ce mec c’est un foutage de gueule, un fucking Genius, il sait dire l’indicible, il renouvelle tellement la littérature. On doit le rencontrer, c’est vital !

– Vital. Ok, j’ai une annonce de plus grande importance à te faire honeymoon. Je veux que tu t’assoies, et que tu me dises quand tu es prête. 

– Oh nan c’est chiant, ne me dis pas que tu vas déjà te marier avec Gus ? Attends au moins que je trouve un mec. T’es ma meilleure amie ou pas? 

– Je répète, je veux que tu me dises quand tu es prête. 

– Je suis prête, mais ne me déçois pas !  

– Anima de Wadji Mouawad devient officiellement mon livre préféré. Au monde.

– OMG OMG OMG. Je ne te crois pas, je ne te crois pas. C’est le premier livre qui détrône pêle-même la Belle du Seigneur et Voyage au bout de la Nuit. OMG. Il faut que j’aille courir une heure pour digérer cette nouvelle et me préparer au commentaire que tu vas nous écrire, aux Bookiners et à moi. Je pense que je suis plus émue que quand tu m’annonceras que tu seras enceinte de mon ou ma filleule. WOW. Ne dis rien, je pars courir. 

Pour lire cet article, j’aimerais vous faire écouter cette musique d’Erik Satie que j’aime tant. Elle saura, je l’espère, vous donner un avant-goût de la grandeur de ce livre. 

Gnossienne No.1 – Erik Satie 

Bookiners, je suis encore muette de cette lecture prodigieuse tout juste terminée. Je suis ridiculement petite, ridiculement humaine, ridiculement matérielle face au génie de Wajdi Mouawad. J’en perds mon français, je ne sais plus parler, je ne sais plus écrire. Un vertige m’assaille ces derniers jours, il envahit mes rêves qui montent vers la nuit: quand le silence est si bruyant qu’il vous obsède, quand la littérature est si sublime qu’elle ne se dit pas, quand un homme est si clairvoyant qu’il dit tout, que reste-t-il à dire ? Que reste-t-il à écrire ? 

Croyez-moi Bookiners. Dans Anima, Wajdi Mouawad dit tout. Toute l’humanité, tout le monde animal, toute la nature, il chante la terre entière. Vos introspections, votre enfance, vos racines, vos joies, vos peines, vos espérances, vos fantasmes en sortiront chamboulés. Je ne vous raconterai que des parcelles de ce grand roman long et dense, je marcherai sur des oeufs pour tâcher de ne pas vous déflorer l’indicible et souiller l’au-delà, le chef d’œuvre. Alors mon texte sera un hommage. Courez, volez l’acheter. D’Urgence. Soyez indulgent(es) Bookiners, car mon texte n’a pas la prétention d’arriver à l’ongle du petit orteil de Wajdi Mouawad.

Bookiners qui cherchez une quête de sublime, soyez attentifs tout au long de l’article, les mots de Wajdi Mouawad sauront vous mettre en appétit je vous le promets. 

Mais first things first, ce roman est d’un noir absolu, noir comme l’aile des corbeaux qui observent Wahhch dans sa quête, noir comme le silence qui engloutit son esprit, noir comme le voile qui efface l’enfance et obstrue sa vie. Ce roman commence par un meurtre sordide. Léonie, la femme de Wahhch, est sauvagement assassinée. Elle portait son enfant. Je vous laisse découvrir les détails du crime dans le roman si vous voulez connaître une définition aboutie du mot violence. Malheureux comme les pierres, Wahhch vit avec l’idée qu’en voyant le visage de celui qui a tué sa femme, il pourra se libérer de la culpabilité de ne pas avoir réussi à la sauver. Pour les descriptions et le récit de la poursuite de l’assassin d’un homme en miettes, l’auteur utilise un processus littéraire déroutant et efficace: ce sont les animaux sauvages ou domestiques qui croisent la route du héros qui se relaient pour prendre en charge la narration.

Pourquoi est-ce prodigieux ? Parce que ce regard animal nous offre un détachement rare pour observer les hommes dans toute leur horreur, leur violence, leurs contradictions, leur désespoir aussi. Si les animaux suivent Wahhch, c’est parce qu’ils reconnaissent en lui une part d’eux-mêmes, dans sa souffrance, dans son silence. Bookiners qui cherchez à comprendre le monde qui vous entoure, vous êtes bien là ? Parfait. Ce texte est un bijou pour vous qui souhaitez cerner l’Homme dans sa complexité et ses paradoxes. Car accorder une réflexion et des mots aux bêtes, c’est faire retrouver à l’Homme une humilité dont il manque sérieusement, c’est l’extirper de son ethnocentrisme bâti de sang et de larmes qui dicte le monde.

« Les humains sont seuls. Malgré la pluie, malgré les animaux, malgré les fleuves et les arbres et le ciel et malgré le feu. Les humains restent au seuil. Ils ont reçu la pure verticalité en présent, et pourtant ils vont, leur existence durant, courbés sous un invisible poids. Quelque chose les affaisse. (…) Ils sont absorbés par ce qu’ils ont sous la main, et quand leurs mains sont vides, ils les posent sur leur visage et pleurent. Ils sont comme ça. » 

Les animaux ressentent et dissèquent des désespoirs qui échappent aux hommes. Ils assistent au chagrin palpable de Wahhch, ils vous feront comprendre ce personnage avec un oeil plus attentif, plus sensible. 

« Celui-là, fatigué, épuisé, englouti par l’opacité opaline du chemin, exhale, depuis le centre de son dos, le noir de jais, couleur de la rive et des naufrages, apanage des natures incapables de se départir de leur mémoire et de leur passé. » 

« Quel regard il avait ! Il semblait rechercher la lumière de la réalité pour dissiper les abjectes créatures nées des ténèbres dans l’abandon de son coeur. » 

« Gardant le silence, il m’a laissé le contempler et m’a dévoilé la détresse de son âme dans la défaillance de ses yeux faïencés.» 

Le traumatisme de l’assassinat de sa femme enceinte réveille chez Wahhch le traumatisme de sa vie, de son déracinement, le trou de son enfance, de sa naissance et de son arrachage à son pays et à sa famille pendant la guerre. Le brouillard lui semble d’une épaisseur infinie, son vertige existentiel est indicible. 

Ouvrez grands vos yeux Bookiners écorchés, blessés, traumatisés, Bookiners dont l’esprit déraille car la guérison est dans la quête. Wahhch souffre d’une douleur incommensurable, mais Wahhch cherche, et Wahhch évolue. Et Wahhch finit par amorcer, au détour de sa quête et de son désarroi, le chemin long de sa guérison, de sa propre absolution. Je crois que celui qui ne fait que hurler sa douleur n’en verra jamais le visage tout autant que celui qui s’obstine à la taire. Dans ce roman, chaque cri est suivi par un silence pour faire entendre son écho. C’est son immense force. Wahhch fait de sa douleur un collier qui enchaîne les perles de silence aux perles de ses cris. 

« Il roulait en hurlant, en pleurant, invoquant des noms, des prénoms, des bêtes, oiseaux, insectes, poissons, reptiles, fauves, bovins, frappant contre le volant, rouant de coups sa poitrine, sa tête, son visage, et laissait entendre les cris anciens, tus, avalés, enfoncés au creux de son ventre, ensevelis sous les croûtes défaites de sa mémoire. »

Wahhch hurle et se tait, et Wahhch avance, dans l’urgence de faire battre son coeur vers l’avant, plus vite toujours, plus loin toujours. 

Bookiners déracinésvous qui tentez de recoller les pièces de votre présent et de votre passé, vous qui peinez à avancer, alourdis par le poids de votre histoire, ce livre répondra sûrement à vos vertiges. Pendant tout le roman, Wahhch tente de réapprendre à vivre avec lui-même comme on vivrait avec un inconnu en mille morceaux. Car Wahhch est un déraciné écorché, son passé est troué. Seuls quelques souvenirs lui reviennent de son enfance : né au Liban pendant la guerre, il se souvient avoir été enterré vivant, dans le ventre dévasté de la terre, collé aux cadavres d’animaux. Il se souvient avoir été déterré puis adopté par un étranger. Pourquoi a-t-il survécu? Que faire des fragments éclatés de son histoire? Comment vivre sans connaître sa naissance, ses racines, ses origines ? Comment avancer quand même le cri dans le silence, les hurlements dans le vide ne soulagent plus ? Wahhch cherche des mots à ses maux, à ces silences qui le creusent et le torturent. Il se lance dans une poursuite effrénée pour tenter de rattraper une ombre comme on tente de se rattraper soi-même. Pour cela, il interroge son père adoptif sans relâche. 

«  Qui sont ceux qui ont fait ça, qui étaient mes frères, mes soeurs, leur nombre, leur nom, leur ombre, pourquoi j’ai été épargné, qui m’a épargné, qu’est-ce que tu faisais dans cette hécatombe, cette boucherie, cet abattoir? » 

C’est dans son rapport aux bêtes, à ce putois sur la route, à ce singe domestique, à ce chien sauvage qui le protège et ne le quitte plus que Wahhch aperçoit une lumière à suivre dans la nuit. Quand il s’adresse à ce chien qui est venu à lui, l’homme commence à marcher vers lui-même.

« Il y a un gouffre. Je ne le fuirai plus. Je te le promets. Je ne t’abandonnerai plus, je te le promets. Nous irons ensemble chercher les mots qui manquent. Nous les mettrons côte à côte et nous sortirons enfin de cette fosse dans laquelle on m’a jeté et de laquelle, je le comprends aujourd’hui, je l’ai compris et en te voyant te battre, je ne suis jamais sorti. »

Bookiners insomniaques, vous cherchez à vous occuper en attendant Morphée, ce livre est un cadeau tombé du ciel pour vous, vous ne le lâcherez pas. Peut-être que les plus écorchés d’entre se reconnaîtront, se réconforteront dans les rêves de Wahhch jetés à la flaque noire des insomnies, votre sommeil noyé dans l’eau des chagrins. Si jusqu’à l’aurore, jusqu’au soleil, vous ne trouvez que le vertige de vous-mêmes, sassant et ressassant les tourments et les inquiétudes au carrousel de votre âme, lisez. Lisez Anima. Déchargez l’angoisse qui vous englue, les peurs qui vous apeurent sur Wahhch. Il saura vous épauler, vous guider car il a tout vécu, il a tout souffert. Déplacez votre esprit sur ce guerrier de l’existence, cet archéologue de traumatismes, ce maître des cris et des silences, vous vous sentirez plus légers, je vous le promets. 

Avant de vous laisser partir, je ne peux pas résister à vous lire un passage somptueux d’Anima. 

 

Sachez, Bookiners, que Wajdi Mouawad a dédié 10 ans de sa vie à édifier ce chef-d’oeuvre absolu. Comme Wahhch, lui aussi a certainement dû écouter le silence pour éclore. Et vous apprendrez avec lui que les silences n’ont pas toujours la même texture. Chut. Lisez, écoutez. 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

Réparer les vivants | Maylis de Kerangal

Réparer les vivants | Maylis de Kerangal

Mardi 1er août 10h30

émoticône dialogue texto sms– Tu sais mon ange, avant je pensais que mon cœur n’était pas comme celui des autres. 

– Mais pourquoi tu dis ça, honeymoon ? C’est tellement étrange. 

– C’est vrai que c’est bizarre, mais je ne pleure jamais pour les choses graves. Quand ma grand-mère est morte, je n’ai pas pleuré. Quand Nicolas est parti là-haut, danser avec les anges, je n’ai pas pleuré. J’ai juste écrit deux chansons pour les faire revivre plus longtemps. Pourtant, j’en étais amoureuse, de ma grand-mère et de Nicolas. 

– C’est vrai, ça. 

– En revanche, quand George ne répondait pas à mes messages je pouvais en pleurer des nuits entières. Et puis, avant, quand j’avais le malheur d’avoir des notes en dessous de 18/20, je sortais de la classe en pleurs, et je courais partout dans la cour de récré, comme une folle habitée. 

– Ahah c’est pas vrai ?! Mais elle est géniale cette histoire !  Devant les films tristes, tu pleures, non ? 

– Bien sûr que non. Je n’ai pleuré que devant Mulan, A la Recherche du Bonheur, Sister Act 1&2 et High School Musical 1,2 & 3. Seuls la musique et les livres peuvent me faire pleurer des kilomètres. Et encore, les livres, c’est rare. 

– Le dernier en date, c’est lequel ? 

– Réparer les Vivants, de Maylis de Kerangal. J’ai encore la gorge qui se serre rien que d’y penser. Ce livre est dans mon Top 5, je ne plaisante pas.

– Oh, mais c’est vrai, tu m’en avais parlé cet hiver.

– Je vais le relire aujourd’hui pour toi et nos Bookiners. Car je dois vous en parler, c’est une nécessité. Il m’aura fallu 6 mois pour le digérer. C’est un livre magnifique, et je pèse mon amour. 

– D’accord, prends ton temps, nous t’attendons. 

 

Mercredi 2 août 14h01

– Honeymoon, on se voit toujours tout à l’heure vers 16h00 ? 

– Non mon ange, je suis en larmes. Je ne peux vraiment pas là. 

– Mais que se passe-t-il, tout va bien ? 

– Oui, oui, tout va très bien, je suis vraiment heureuse. C’est comme si je venais de toucher l’indicible. J’ai nagé vers des rivages célestes. J’avais des ailes. J’étais libérée de mes peurs et de mes hivers.

– Mais de quoi tu parles ? 

– De Réparer les Vivants.  

– Ah oui d’accord. Bon, nous t’écoutons. 

 

Pachelbel’s Canon in D

Simon Limbres est mort.  Un accident de route, après une session de surf. Quelque chose de débile, mais quelque chose de fatal. Entre la vie, le surf et les limbes, il a choisi la mort. Sans prévenir. Il devait avoir 20 ans. Il devait devenir un homme. Un vrai. Un grand. Mais il a laissé sa petite sœur, Lou, face au vide et ses parents, Sean et Marianne, face à l’effroi. Au néant indicible. Il y a cette histoire qui renverse, qui bouleverse. Car mourir avant ses parents, c’est mourir mal. C’est la nature qui s’emballe, s’emmêle et se méprend.  

Et puis, il y a l’écriture de Maylis de Karengal. Une écriture qui s’étire, s’effile, flotte au-delà des mots. Comme si les phrases exploraient, effleuraient leur extrémité, jusqu’à atteindre leur propre impossibilité. Ecriture pulsation, écriture aérienne, Maylis de Kerangal défie les espaces clos, distille l’air et apprivoise la vie, et ses vides. Depuis les vagues de la mer jusqu’à l’intérieur des corps*, échoués, dézingués par le destin. Une écriture magistrale. 

Je vous prie de me croire Bookiners. Cette écriture vous soignera, car elle panse toutes les plaies, avec son murmure libre et léger. A l’heure où je vous écris, 6 mois après avoir été frappée par la foudre de ces mots, j’en pleure encore. Mes muscles se tendent, mon cœur se serre, mais mon âme est libre. Je vole. 

Bookiners en quête de sublime, look no more, Réparer les Vivants vous emmènera sur des contrées inexplorées, sur des rivages inespérés : 

« Sean et Marianne parlent à Simon comme s’il pouvait les entendre, ils semblent se débattre pour se maintenir dans la langue, quand les phrases se désarticulent, les mots s’entrechoquent, se fragmentent, quand les caresses se heurtent, se changent en souffles…comme s’ils étaient désormais expulsés de tout langage, et que leurs actes ne trouvent plus ni temps, ni lieu où s’inscrire. »

Le héros est mort et les vivants sont sans visages. Sans repères. Ils s’agrippent au vide car la vie n’a plus aucun sens. Et pourtant, de tout ça, malgré tout et grâce à cela, le sublime est là, comme une offrande.

« Et alors, perdus dans les crevasses du réel, égarés dans ses failles, eux-mêmes faillés, brisés, désunis, Sean et Marianne trouvent la force de se hisser l’un et l’autre sur le lit (d’hôpital de Simon) afin d’approcher au plus près le corps de leur enfant… et les parents ferment les yeux ensemble et se taisent. Comme s’ils dormaient eux aussi, et la nuit est tombée, et ils sont dans le noir. » 

Bookiners, peut-être me lisez-vous aujourd’hui parce que vous avez perdu un être cher. Trop cher pour être parti si vite. Respirez, prenez vos larmes dans vos mains, et fermez les yeux, cet être cher est encore là. Il n’est pas parti pour disparaître, il est parti pour vivre ailleurs, autre chose. Il est là, différemment. 

Vous savez, quand Simon Limbres est mort, son cœur battait encore, comme s’il était vivant. Et dans tout le roman, de la première phrase au point d’orgue, c’est cette pulsation du cœur de Simon et du cœur des vivants qui valse, s’élève, s’évade, se gonfle et se dilate comme si la mort n’était qu’une illusion d’optique. Comme si la vie était plus forte que tout. Dans ce roman, vous serez confrontés au deuil des parents de Simon, à leur désarroi, à leur néant. Dans ce roman, vous partagerez avec les personnages, des sentiments communs et revivrez peut-être vos drames à vous, mais vous ne serez pas seuls. Vous serez compris. 

« Les murs valsent, le sol roule, Marianne et Sean sont assommés. Ce silence qui s’écoule, épais, noir, vertigineux. Un vide s’est ouvert là, devant eux. »

Puis vous allez pleurer, sûrement. Et vous libérerez votre haine, votre colère, votre amertume contre cette mort qui impose ses lois comme un despote. Contre cette mort qui prend les vivants sans notre accord à nous, ceux qui restent. Et sentirez le souffle chaud de cet être cher qui sèchera vos larmes, en vous implorant de lui pardonner pour de bon, pour de vrai, et de faire la paix avec la vie et avec la mort car elles ne sont qu’une. 

L’enfant est mort, oui, mais son cœur est vivant. Ses autres organes aussi. Face à ce paradoxe inconcevable les Sean et Marianne vont être confrontés au dilemme du don d’organes, et nous, confronté à sa réalité. Je ne peux pas tout vous dire, alors j’écrirai seulement que ce roman nous donne à voir le monde hospitalier dans tous ses recoins, dans toutes son humanité, de l’ombre à la lumière. Thomas Rémiges, Révol, Virgilio Breva, les Harfang : tous appartiennent à cette fresque, à cette symphonie d’hommes et de femmes cachés qui tissent méticuleusement les liens entre la vie et la mort, entre les morts et les vivants. Réparer les vivants, est un magnifique hommage aux médecins et à la discipline de la médecine. Vous plongerez dans son Histoire, dans son milieu, dans sa tension et dans son art. Et ça, Bookiners, c’est comprendre une parcelle du monde qui nous, qui vous entoure. Ce roman vous emplira de gratitude envers nos médecins, nos infirmières, nos aides-soignantes, toutes ces petites mains aux doigts d’argent à qui on doit la vie. 

Simon Limbres est mort et les vivants vacillent. Alors, où se trouve l’espoir ? Où se trouve le soleil dans l’obscurité ? Qu’est-ce que la vie laisse derrière elle quand elle s’est retirée ? Des « corps outragés sur un champ de bataille », d’abord. Et puis des caresses, venues d’une autre vie, venues d’un autre lieu, mais des caresses quand même. Chaudes, vivantes. Des caresses qui brillent dans la nuit noire, comme des éclats d’étoiles. L’espoir, il est là, en eux et en nous. 

Je vous laisse prendre votre envol doux Bookiners, je nage encore un peu dans mes larmes, Céline Dion aux oreilles et Maylis au cœur. Je vous envoie quelques kilos d’espoir, et trois quintals de courage.

Regardez vers le ciel, regardez vers le cœur, ceux qui sont partis, sont encore là. Car ils sont toujours vivants. 

Doux baisers, 

*Merci à Mme Marine Landrot de m’avoir libérée de ma page blanche et prêté deux formules d’une grande justesse –> http://www.telerama.fr/livres/reparer-les-vivants,106986.php

Fatima ou les Algériennes au square | Leïla Sebbar

Fatima ou les Algériennes au square | Leïla Sebbar

Lundi 19 Juin, 2017, 22h00

– Si je me marie avec Benjamin tu voudras bien être ma demoiselle d’honneur, mon ange ?

– …

– J’espère que Chiara m’en voudra pas. Je vais lui écrire une lettre. En prévision.

– …

– Mais qu’est ce que tu fous ?

– Je suis concentrée. C’est important, je parle à des fourmis. Le temps que tu persuades Benji Biolay de te mettre la bague au doigt, j’aurai le temps d’apprendre le langage de tous les animaux du monde.

– Je t’offrirai des mouchoirs quand Nekfeu et moi on se dira « oui » devant Monsieur le maire.

😂

– On parie ?

– Tatiana, 24 ans, polyandre. Dans sa tête.

😂 Ma meilleure amie est plus odieuse que Yann Moix. Deux emojis qui s’étouffent de rire (ceux là n’existent pas encore).

– Si à 35 ans, tu n’es toujours pas mariée à Nekfeu, tu m’offres un voyage aux Maldives avec Gus.

– Parfait. Et si tu perds, tu chantes Mariah Carey devant tous les invités de mon mariage dans une robe à trous que je t’aurai cousue. Ça va, je suis plutôt cheap.

– DEAL !

– Je suis en train de tourner la dernière page d’un livre que j’ai acheté au détour d’une ruelle, sur Amazon land, pour sa jolie couverture et son titre intriguant.

– Il s’appelle comment ?

– Fatima, ou les Algériennes au square.

– Elle ne s’appelait pas Fatima la femme de ménage d’hypokhâgne, avec qui tu parlais souvent ?

– Si, justement. Je l’aimais beaucoup. Depuis, je ne l’ai pas revue. Mais j’ai toujours voulu la comprendre, comprendre un peu sa vie, et comprendre la mélancolie de son sourire. Je n’ai pas envie de m’embourber dans des généralités, car j’imagine que la vie des immigrées maghrébines n’est pas nécessairement comme celle décrite par Leïla Sebbar, mais je pense que la vie de « notre » Fatima, devait ressembler à celle des « femmes au square ». Elle avait une famille très nombreuse, elle aussi. Elle vivait en banlieue parisienne dans un appartement trop petit, elle aussi. C’était une femme forte et intelligente, même si elle ne savait pas lire, elle non plus. Mais je suis un peu confuse par ce livre. Je ne sais pas vraiment ce que j’en ai pensé, encore moins si je l’ai « aimé » dans toute la densité que ce verbe comporte. Mais étrangement, il m’a apaisée. J’ai vu défiler quelque part, derrière les lignes, des bribes de la vie de ma mère, de mes tantes surtout, des bouts de souvenirs de mon héritage, un peu. Et puis de voir ces femmes, à la fois combattives et résignées, ça ma donné envie de vivre debout, pour être à la hauteur de ma liberté.

– Les bookiners et moi t’écoutons, honeymoon.

Je vous offre ce petit bijou en musique de fond pour vous bercer en lisant ma revue, c’est une très belle chanson d’un groupe algérien qui s’appelle Babylone.

Babylone – Zina 

Fatima ou les Algériennes au square de Leila Sebbar est déroutant. Je ne crois pas avoir aimé ce livre, dans toute la force que le mot suppose. J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les livres sans chapitre. Je trouve ça illisible. Alors, ça me met en colère, la même colère que lorsque je mange un pain au chocolat avec lamelle de chocolat invisible. C’est odieux. Du coup, maintenant, j’achète des croissants au Nutella. Il paraît que c’est mieux pour la cellulite.

Sans chapitre, ce livre se fait chant, se fait témoignage ininterrompu, porte-parole de ces femmes aux destins scellés, dans cette Courneuve de malheur, loin de l’Algérie, loin de leur patrie.

Le square, ce huis clos spirituel, c’est le lieu de rencontre de ces maghrébines, belles, jeunes encore, aux jambes alourdies par les nombreuses grossesses, à la voix qui chantonne encore malgré leur jeunesse qui s’étiole, dans une France qui ne veut pas vraiment d’elle, à élever trop d’enfants, avec trop peu, dans trop petit, et dans le respect de peut-être un peu trop de traditions. Les personnages de ce roman se mêlent et se mélangent, sûrement parce qu’ils sont liés, unis par le même quotidien, le même destin. Mais Fatima et sa fille Dalila ainsi que Ali et Aïcha se distinguent de cette histoire indistincte. Comme des échantillons, ils serviront de portes d’entrées dans la vie de toutes les maghrébines du square.

C’est drôle, car même si je n’ai pas vraiment aimé ce livre, je vous le commente, car au-delà des maux qu’il peut soigner, je le trouve  important pour comprendre un sujet – l’immigration – et un monde qui nous échappe souvent dans des généralités malencontreuses. 

Si vous ne voyagez plus ce livre vous emmènera avec lui, vivre avec ces femmes arabes à la Courneuve, dans la cité des 4000, dans leurs traditions et dans leurs quotidiens. Chaque jour elles se retrouvent au square pour discuter, échanger leurs anecdotes. Et alors, on voyage, en douceur, porté par leurs histoires. L’écriture est simple, déliée, libre aussi, et la troisième personne est omnisciente. Alors, nous lecteurs, vous bookiners, en vous immisçant dans ces vies qui ne sont pas les vôtres, vous voyagerez:  

« Mustapha (un des fils d’Aicha) pissait au lit, elle disait. Elle avait du mal à faire les lessives dans le petit évier du réduit qui lui servait de cuisine-salle de bains, le linge ne séchait pas, les draps et les culottes s’accumulaient, ça sentait mauvais. Elle n’avait pas d’argent pour la laverie, son mari lui en donnait mais ça ne suffisait pas, la laverie coutait cher pour elle. Elle ne voulait plus parler à son mari de ses difficultés. Le soir lorsqu’il fermait le rideau de l’épicerie, après avoir rentré et rangé les cageots, tout préparé pour le lendemain, il avait à peine le temps de manger un morceau sur le coin de la table. S’il la prenait, c’était sans un mot. »

Vous voyez, c’est étrange comme cette écriture épurée, simple, nous susurre la vie de ces femmes, en douceur. Il y a des scènes violentes aussi. Parce que leur vie est violente, leur quotidien rude et âpre parfois. Mais voyager, c’est aussi ça, sortir de sa bulle et toucher la misère du regard. 

C’est pour ce voyage initiatique dans la culture algérienne et musulmane que je pense aussi que ce roman vous aidera à ouvrir les yeux, à saisir le monde, différemment. Dès lors, il vous guidera, comme il m’a guidée, à comprendre la réalité d’autres cultures qui vivent près de nos cultures, avec nos cultures, si proches, que notre incompréhension distancie parfois à tort. Lorsque vous vous étonnerez, un peu en colère, un peu capricieux/se que l’épicier du coin soit exceptionnellement fermé à 22h30 un samedi soir, alors que vous avez oublié d’acheter une bouteille pour la soirée à laquelle vous êtes invité/e/s et que vous comptiez sur lui, alors, vous sourirez et penserez que l’épicier a peut-être la vie d’Ali, et que s’il a fermé, c’est qu’il a ses raisons. Le lendemain, en passant à côté de l’épicerie, vous irez le saluer avec toute la bienveillance dont vous savez faire preuve, parfois. Parce qu’après cette lecture, votre épicier, vous l’aurez compris. 

Si vous êtes déraciné(es), ce livre est un livre de déracinés. Fatima, ses amies et leurs maris, sont partis d’Algérie pour vivre le rêve français. Juste après la guerre d’Algérie, il y avait un «rêve » français. La France, c’était l’Eldorado du Maghreb. On pensait gagner gros dans le pays de la civilisation en reprenant un bar, une boutique, afin d’envoyer des sous aux membres de la famille restés à Alger, à Oran. On voulait gagner gros pour construire la maison algérienne qu’on avait pas pu construire parce qu’on n’avait pas les sous. Mais comment vivre sans ses racines, sans son pays dans un pays dont parle mal la langue, avec lequel on ne partage pas la religion, les traditions ? Alors on recrée cette tradition, coûte que coûte, même si elle a ses abus, même si elle a ses écueils. 

« Ali tenait beaucoup au hammam hebdomadaire avec ses fils et pas seulement par hygiène. Il les frottait doucement et longtemps pour bien savoir que ces fils avaient le même corps que le sien, le même sexe circoncis. Il leur racontait l’Algérie qu’ils n’avaient jamais vue, il fallait leur rappeler, chaque semaine qu’ils avaient un pays. »

Ali et les autres hommes de ce livre ont décidé d’apposer et d’imposer leur rites en France à leurs enfants. Ça peut paraître déroutant, excessif aussi, et pourtant, ce roman, parce qu’il montre tout, sans juger, nous fait comprendre que derrière ce désir infaillible de « faire comme si Paris était l’Algérie » il y a la culpabilité d’avoir quitté sa patrie.

Je me sens souvent déracinée. Pourtant, je suis issue de la deuxième génération d’immigrés, donc mes racines prennent sens et prennent forme dans la France toute entière. Même si j’en suis très heureuse, on n’éteint pas le cri du cœur, et on ressent quand même qu’il y a quelque chose en soi qui chuchote des mots d’Afrique. Des mots de loin. Quand j’ai lu ce roman, je me suis sentie enracinée. D’abord parce que les images de ces femmes algériennes, marocaines, kabyles, qui parlent à s’étourdir, à perdre haleine, avec cet accent de là-bas, m’ont apaisées. Aussi, parce qu’en lisant l’intransigeance des pères maghrébins face à leurs enfants qui veulent tout oublier, tout renier parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi on leur parle d’un pays qu’ils voient si rarement, j’ai compris un peu plus qu’être déraciné peut nous entrainer vers les extrêmes culturels : le déni total ou l’intégrisme. Et si s’enraciner c’était accepter toutes les influences qui font que nous sommes qui nous sommes? Et si, les embrasser tour à tour, en cultivant chacune d’entre elles, comme on peut, c’était ça, s’enraciner? Je n’ai pas de réponse définitive, mais ce roman interroge les racines. Et interroger ses racines, c’est encore s’enraciner, je crois.

Enfin, si vous êtes fataliste, alors, ce roman partagera avec vous l’arrière-goût que laisse la fatalité derrière elle. Fatima et les algériennes du square ont ce petit quelque chose de fataliste, de résigné. Elles n’ont pas eu le droit, pour beaucoup, d’étudier à l’école. Elles se sont mariées tôt, ont fait des enfants tôt. Puis elles sont restées là, dans cette Courneuve triste à s’occuper des petits, et des maris. Parfois, elles voudraient tout quitter, mais elles restent. Il faut du courage pour rester, j’en suis certaine, mais il en faut davantage pour interroger sa vie, questionner le pourquoi du comment, et essayer de changer, si ce n’est sa propre vie, celle de ses enfants afin de leur laisser la liberté en héritage. Si Fatima reste à la Courneuve parce qu’elle a décidé d’accepter la fatalité, sa fille, Dalila s’en va. Elle fugue, pour de bon. Elle arrache sa liberté à la fatalité. Ça mes bookiners, ça inspire! Vous qui êtes libres, et qui voulez changer votre vie, changez-la! Même par morceaux, même pas à pas. Fatima est admirable, c’est vrai, car il y a quelque chose de beau dans la résignation, mais Fatima n’est pas heureuse. Alors, si vous êtes là assis, à lire ces 3 longues pages avant de vous décider à acheter ce livre, c’est que vous voulez être heureux.

Je crois que je ne me trompe pas sur ce dernier point, si ?

Laissez-vous faire : asseyez vous, écrivez les petites et grandes choses que vous désirez changer dans votre vie, et commencez par petits bouts.

PS : J’ai passé sous silence la jolie histoire d’Aïcha et d’Ali. Comme ça, il vous restera encore de belles choses à découvrir et à comprendre.

Des baisers mes bookiners.

Le collier rouge | Jean-Christophe Rufin

Le collier rouge | Jean-Christophe Rufin

Vendredi 19 mai 2017, 23h12

 – Tatoo, tu as déjà été infidèle ?

– Tu veux dire, dans la vie ou avec les mecs ?

– Les deux.

– Mmmmh, attends, je réfléchis. Je pense que certaines de mes amies te diront que oui, j’ai été infidèle. Parce que je suis partie, je les ai sorties de ma vie. Je ne me suis pas battue pour un « nous » qui n’existait plus. En fait voilà, en amitié, je deviens infidèle quand on me trahit – pour me protéger des trop pleins de souffrance.

– Et avec les mecs?

– Oui oui, dans ma tête! Mais ça ne compte pas d’aimer Roland Barthes et Beyoncé plus que son mec, si?

😂

– Autrement, « dans les actes », je n’ai jamais été infidèle, car l’amour pour moi c’est une rafale de sentiments. Une effusion. J’aime avec mon corps et mon âme, tu le sais. Alors imagine que je devais aimer deux mecs, à la fois, je n’aurais plus de place pour respirer! Je crois que c’est trop important « aimer » pour se diversifier. Enfin je ne sais pas, peut-être que je n’ai pas la même énergie que mon padre (thank God!). En revanche, on m’a déjà trompée une fois.

– Ah oui celui de Londres ! Pourquoi il t’a trompée tu crois?

– Il a toujours trompé ses nanas. C’était un infidèle né. Il me l’a avoué après. Je crois même que j’aurais pu l’accepter pendant longtemps. C’est fou quand même, l’humain s’habitue à tout. Mais il avait un rapport étrange à la tromperie, tu sais. Je crois qu’il aimait s’assurer qu’il plaisait. Aussi, il avait peur de mourir. De mourir sans avoir vécu, alors il baisait. Et pour lui, vivre, c’était collectionner les nanas comme on collectionne les expériences.  

– Et toi comment tu as réagi quand tu l’as appris ?

– Au début, j’avais un peu envie de vomir, un peu envie de pleurer. Et puis j’ai essayé de comprendre ce que ça voulait dire tromper. Et à qui ça s’adressait – à mon égo ou à moi? A lui? ou à la société monogame? Et puis, aussi, je voulais savoir si ça condamnait ma relation avec lui ou bien si j’acceptais qu’il couche avec d’autres personnes indépendamment de l’affection qu’il avait pour moi. Le truc, c’est que je savais qu’il m’aimait beaucoup. Il avait simplement un « mode » d’aimer différent. Un soir, en voiture, en rentrant du restau, le mec, m’avoue, tranquillement que la veille, une femme l’avait dragué et qu’il l’avait ramenée chez lui. Littéralement, il me dit: « elle était jolie. Fine comme Kate Moss (merci pour moi!). Alors, j’ai voulu la tenter, je l’ai amenée chez moi, et quand elle a voulu m’embrasser je lui ai précisé que j’avais des sentiments pour toi et que du coup ça ne serait jamais sérieux entre elle et moi. Ceci dit, je voulais bien coucher avec elle, pour voir, mais je lui ai laissé le choix de partir ou de rester, je n’avais déjà plus autant envie d’elle. » 😐

– Oh mon dieu. 

– NO JOKES. J’ai du dire « what the fuck » à peu près 45 fois en 1 minute, dans ma tête. Et après, je me suis dit qu’il fallait que j’accepte sa confidence, que j’accepte qu’on en parle pour comprendre. J’ai dit à mon égo de fermer sa grande gueule, tout doux, et de me laisser gérer cette affaire 😂  La seule précaution que je voulais prendre: protéger mon intégrité, ma façon de m’appréhender, de me juger. Alors je l’ai prise dans les mains l’infidélité, je l’ai regardée en face. J’ai essayé d’en rire avec lui, de le déstabiliser en ayant une réaction complètement contraire aux réactions qu’il aurait pu attendre de moi, ou d’autres nanas. J’ai essayé de le comprendre, d’aller sur son terrain. Et j’ai fini par gagner. Ca fait déjà 6 mois qu’on n’est plus ensemble, mais il continue à m’envoyer des messages où il me dit qu’il n’est plus infidèle, que je suis sûrement la femme de sa vie, et qu’il est prêt à apprendre à aimer. Je lui réponds « Brace up and Champagne Shower baby! » 😂 #latestostéronerendmaboule.

– C’est fou que tu en sois ressortie indemne. C’est rare je crois. L’infidélité doit détruire beaucoup de personnes.

–  Oui, je crois que tu as raison. Mais j’ai compris que tout dépend du rapport que tu as à toi-même, et du lien que tu tisses entre l’infidélité et ta propre personne. Si tu les distingues, que tu ne les amalgames pas, alors tu peux en ressortir « presque » indemne. Autrement, ça te foudroie.

– Ca t’intéresserait de lire un livre sur l’infidélité?

– Of course! Ca pourrait même me faire du bien… si c’est en accord avec mes principes 😂

– En fait, j’aimerais te faire lire un roman qui parle de la fidélité d’un chien à son maître.

– 😂😂 Je viens de m’étouffer. Merci pour la comparaison!

– J’étais sûre que tu allais dire ça. Mais en vrai c’est très beau. Déjà, c’est un bouquin qui te redonne foi en l’humanité et en l’amour inconditionnel parce qu’il nous prouve qu’il existe. Il montre aussi que la fidélité peut faire des merveilles, mais aussi que l’infidélité se gère avec les mots.

– Ah! Nos Bookiners se réveillent, je les entends se dandiner! Go ahead! Nous sommes tout ouïe! 

Now we are free – Hans Zimmer & Lisa Gerrard

    Ce livre s’appelle Le Collier Rouge. Bon, j’entends Tatiana qui marmonne dans la sa barbe, en me disant obsédée par les textes historiques car ce roman nous renvoie au lendemain de la guerre 14-18, et les souvenirs de cette guerre sont au coeur de l’histoire. Mais ce cadre contextuel donne toute sa force au récit, parce qu’il nous permet de comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure, le monde d’hier et d’aujourd’hui.    On commence par visiter une prison déserte. Seul Jacques Morlac, un héros de guerre décoré de la Légion d’Honneur, y est détenu prisonnier. Même si le juge Lantier lui rend visite tous les jours pour tenter de le disculper, difficile de savoir avant les dernières pages pourquoi cet homme est emprisonné. Ce que l’on sait, c’est que Morlac n’aime pas la guerre et qu’il ne regrette en rien l’acte qui l’a mené en prison.

« Je ne lui ai que trop sacrifié, à la Nation. ça me donne le droit de lui dire certaines vérités. »

Ce que l’on sait aussi, c’est que pendant toute la guerre, dans toutes les batailles, Morlac a été suivi par son chien Guillaume. Depuis la fin des combats, ce chien tout cabossé campe en bas de la prison où réside son maître. Cette gueule cassée aboie jour et nuit, sans relâche jusqu’à s’en rendre malade. Bookiners en manque de tendresse, ouvrez grand vos yeux, préparez vos sourires, vous allez être servis. Car la tendresse et l’attachement de ce chien pour son maître dépassent tout l’amour du monde.

« Il a toujours compris qu’il était mon chien. Il se couchait à mes pieds, dormait à côté de moi, et si quelqu’un m’approchait avec un air mauvais, il grognait. »

C’est ce chien qui détient la clé du drame. C’est en fait lui, pour défendre son maître, qui a un rôle héroïque lors d’une bataille. Ce qui est intéressant, c’est que le héros de guerre tel qu’aime le fabriquer la société pose le problème de la part animal. Le combattant est un animal. C’est d’ailleurs ce qu’on lui demande, d’être une bête, de faire preuve d’une cruauté terrible à l’égard de ses ennemis. Or ce qui va différencier l’animal de l’être humain, c’est la fidélité. Amis bookiners infidèles, ouvrez grands les oreilles, prenez-en de la graine. Nous y sommes. Le chien défend ses amis jusqu’à la mort. Là, je vous parle de la fidélité inconditionnelle qui existe bel et bien dans ce monde.

« Guillaume lui a sauté à la gorge. Il l’avait déjà fait au moment de l’escarmouche à la baïonnette et on l’avait félicité, n’est-ce pas? Pour lui, un ennemi c’est un ennemi. C’est un bon chien fidèle. »

Mais le fait d’être humain, c’est aller au-delà de cette fidélité. Etre humain, c’est ne pas seulement défendre ses amis, mais être aussi capable de voir l’être humain dans l’ennemi. C’est pour ça que Morlac, pendant la guerre, cherche à fraterniser avec ceux qu’on lui demande de combattre, les russes et les bulgares. Il a dépassé sa part animale. Si ça, ça ne te redonne pas foi en l’humanité, je m’appelle Monique.

« Le signal, c’était l’Internationale. On devait chanter côté bulgare et nous, les français, on reprendrait en coeur. A quatre heures, on a entendu l’hymne qui montait d’en face. Vous ne pouvez pas imaginer l’effet que ça nous a fait. »

Parallèlement, le roman nous raconte l’histoire d’amour et d’infidélité qui lie, ou plutôt délie, Morlac à Valentine. Amis bookiners infidèles, revenez-voir par ici ! Avant la guerre, Morlac et Valentine sont amoureux. Pendant la guerre, Valentine se retrouve seule dans sa ferme. Pourtant, en rentrant du front, Morlac ne cherche pas à retrouver son amour et son fils, Jules, conçu lors d’une de ses permissions. Il préfère encore se faire envoyer en prison, seul, que d’être un homme trompé. En voyant sa femme avec un autre, Morlac n’a pas cherché d’explication. Il n’a rien dit, il est parti. Et pourtant, quand Valentine s’adresse au juge pour faire passer un message à Morlac, on apprend que le silence est parfois pire que la trahison. Morlac s’est tu. Il est parti. Il a baissé les armes, sans croire que Valentine avait pu lui être fidèle. C’est dans son silence qu’il l’a trahie. C’est dans son silence qu’il a brisé le lien qui les unissait: l’amour. 

« Dites-lui que quand il est revenu, il s’est trompé. C’était un camarade. »

Valentine est elle aussi restée fidèle jusqu’au bout. Je répète, Valentine est elle aussi restée fidèle jusqu’au bout. Cela veut dire que la fidélité est possible, et ce, même si Morlac ne croyait qu’en celle de son chien. Pour se protéger, peut-être, pour rester lui-même, sûrement. Alors bookiners, par pitié, parlez, parlez, pour ne pas rompre ce lien sacré de la confiance avec les gens qui comptent. Rien n’est irrémédiable, surtout dans les relations humaines. Des erreurs d’interprétation, des silences trop longs peuvent briser des relations voire parfois des vies. Pourquoi ne pas s’empêcher de souffrir quand des mots peuvent agir d’un coup de baguette magique?    Nourrissez-vous de mots, lisez, lisez mes bookiners.

Une petite lecture pour la route ? Voilà pour vous !

 

Doux baisers,