On ne voyait que le bonheur | Grégoire Delacourt

On ne voyait que le bonheur | Grégoire Delacourt

Jeudi 17 août 2017, 10h00

émoticône dialogue texto sms– Hi honeymoon, on déj ensemble ce midi, avec Bonnie ? Elle se fait toiletter dans 10 minutes, elle va être rayonnante ! D’ailleurs, elle le sent, j’en suis sure, car ça fait 1h qu’elle se pavane devant la glace. 

– #Mameilleureamieestpersuadéequesachiennepense. #Helpher. Ahahahah ! J’adorerais mon ange, mais je vais voir papa. Je dois enlever les épines de mon cœur, l’amertume qui serre ma gorge et nourrit ma colère. Je n’ai pas envie de me noyer, engluée, engloutie, dans mes non-dits, mes révoltes muettes et ma lâcheté. L’amertume est une prison moisie.

– Wow. D’accord. J’ai l’impression que tu te sens enfin prête. Je suis si fière de toi. Les larmes me montent aux yeux.

– Je crois. C’est grâce à Grégoire Delacourt tout ça. Même si à cause de lui j’ai fait fuir l’homme de ma vie, je vais peut-être retrouver mon père, et si ce n’est mon père, ma liberté, en me hissant hors de la fatalité des mal-aimants et des mal-aimés.

– Heu, rater l’homme de ta vie ? Fuck, Dieu, on avait dit qu’on devait la caser rapide ! 

– Oui ! J’étais dans l’Eurostar pour Londres. Un homme passe dans le couloir de ma voiture pour se diriger au bar. Je lisais On ne voyait que le bonheur de Grégoire. J’étais au milieu du roman. Retournement de situation monstrueux. Mon cœur saute. Pour respirer, je lève un peu les yeux. Et là, pendant 2 longues secondes nos regards se croisent. J’attends 5 minutes, il ne revient toujours pas du bar, alors moi aussi j’y vais pour prendre n’importe quoi, un mojito (si j’avais pu), un thé vert (pour faire bien), mon livre à la main. Il était avec un pote. Il m’observe. Ses yeux sont racés, perçants, intelligents. Grosse trentaine, mais tant pis ! Canon comme dans mes plus beaux rêves. Costard sexy et New Balance. Je fais mine de l’ignorer, happée de toute façon par la tragédie du roman. Il s’approche et m’avoue qu’il me trouve jolie, je lui souris à moitié, Juliette venait de se faire tirer dessus, alors j’avais la gorge nouée. Il m’examine avec douceur, et je balbutie, inconsciente, « je suis désolée, il se passe quelque chose de grave dans ce roman ». Dépité mais gentil, il s’en va avec un « je comprends, je ne vous dérange pas davantage, bon voyage ».  Ca fait 1 mois et 13 jours maintenant. Depuis, je n’en dors plus la nuit.

– Ahahahaha. Mais quelle horreur ! Il en valait la peine au moins ce roman? 

– Top 10 Hélo ! C’est officiellement l’un de mes romans préférés. Rappelle-toi que je t’en parle tous les jours depuis 1 mois. Je viens tout juste de le digérer. 

– Parfait, Bookiners, approchez-vous ! Nous t’écoutons honeymoon.

– D’accord, d’accord. Mais attendez Bookiners, ce roman est un des plus denses que j’ai lu car il embrasse toutes nos tragédies d’hommes et de femmes. Soyez indulgents et donnez-moi encore 3 jours pour vous en parler. 

Comptine d’un autre été – Yann Tiersen 

Il y a d’abord ce titre On ne voyait que le bonheur qui sonne comme une comptine. Enfantine. Une ritournelle guillerette. Puis cette première de couverture, cette photographie qui se présente comme un menuet adagio, paisible cette photo, gracieuse, mesurée, sur laquelle deux petites têtes blondes jouent tranquillement sous le regard distrait de leurs parents en pleine lecture. 

Sur cette photo, on ne voit pas les silences. « Les tonnes de silence ». On ne voit pas la lâcheté du père, le désamour de la mère, son impossibilité d’être mère, sa lassitude. On ne voit pas qu’ils sont passés à côté de leur vie comme on passe à côté de son cri d’existence, embourbés dans leur malheur étroit, couleur sépia, qui fait joli sur les photos. On ne voit pas leur désarroi sourd et muet. On ne voit pas ce fils, Antoine qui se cache de ses sœurs jumelles. On ne sait pas qu’ils ne sont pas une famille. 

Antoine, le protagoniste a grandi maintenant. Il est devenu expert en assurance. Il a une femme qu’il aime mais qui ne l’aimera plus, Nathalie, et deux enfants, Léon et Joséphine. Il compte, il scrute, il estime, il indemnise la vie des autres. Car il sait. Il sait que tout a une valeur et que tout a un prix : une bière, une pipe, des vacances au Mexique ou ailleurs, une dent cassée, une jambe cassée, un cœur, une vie. La mort. Mais combien vaut une vie sans amour, Antoine ? Sans les caresses d’une mère, la complicité d’un père. Combien ? Silence. Vertige. Abîme. 

Puis le silence d’Antoine se délie, sa parole s’emballe et il se confie, enfin, à son fils Léon d’abord, à son père mourant et mort ensuite, et à nous, Bookiners. La première partie d’On ne voyait que le bonheur nous, vous plonge dans cette intro-rétrospection-confession désordonnée d’Antoine. Chaque chapitre commence par un prix ou une valeur, avant d’esquisser une anecdote, une bribe du passé, un souvenir qui se termine par une chute implacable. Une sentence. Ne vous fiez pas à l’apparent désordre déroutant de cette confession Bookiners, la construction de ce roman est magistrale. Millimétrée. Orchestrale. Vertigineuse. 

Ce n’est pas une comptine que le narrateur nous livre, ce n’est pas un menuet. C’est un Réquisitoire, un peu – contre cette épopée des lâchetés, des non-dits dont il est l’héritier, un Requiem, ensuite, et une Renaissance, enfin. 

L’histoire est la suivante : 

Antoine a grandi sans amour. Enfin, plutôt, sans effusions d’amour :

« J’ai grandi dans le manque Léon. J’ai grandi dans des odeurs qui n’étaient pas celles de ma mère. Des bras qui n’étaient pas les siens ». 

« Ma mère m’a aimé en vrac. » 

Sa mère s’est mariée avec son père parce qu’il avait les yeux verts. Son père, qui se rêvait prix Nobel de chimie a oublié ses rêves lorsqu’il a embrassé les lèvres de sa future femme. Ils ont fait 3 enfants. Antoine, et les jumelles Anne et Anna. Puis ils ont fait chambre à part. Puis ils ont fait chemin à part. Et la mère est partie. Un soir de deuil et d’orage,

« Au milieu des flûtes vides et des cendriers pleins, des bouteilles de champagne et d’alcool, des boîtes à chaussures telles des petits cercueils de carton…»  

Du plus loin qu’il s’en souvienne, Antoine n’a jamais vu ses parents heureux, il ne les a jamais vu rire, vivre, oser le bonheur. Ses parents étaient de ceux qui se taisent et qui pleurent en silence les vies qu’ils n’ont pas eues. 

« Tristesse, chagrin, douleur, Lâcheté ».

Bookiners, venez avec moi faire une cure de sublime. Au bord de l’abîme, au bout des silences las et lâches, la beauté peut encore éclore. Au-delà de la justesse des mots de Grégoire Delacourt, au-delà de son verbe lapidaire, cru, à fleur de peau, rythmé, effréné et sans concession, il y a ce foisonnement de la douleur qui bouleverse. Ce bord du gouffre qui vous happe et vous hante. Qui vous dévoile que tous les sentiments humains, tous, même la lâcheté, ont ce quelque chose de sublime dans leur vulnérabilité. Dans leur finitude. Dans leur petitesse. Dans leur humanité. Lorsqu’ Antoine essaie d’expliquer à Léon et à nous ce que ça lui a fait, à lui petit, de grandir dans le manque d’amour, il écrit : 

« Je m’écorchais au vide. »

« S’écorcher au vide ». La beauté de cette phrase, sa détresse, son tragique, en pleine face. Station finale. Néant. Silence. Sublime. 

L’histoire est parsemée de phrases et de tirades coups de poings de génie, alors je ne vais pas vous écrire toutes celles que j’ai relevées car je vous gâcherai votre cure, et ce serait bien dommage. Continuons.

Un jour, quand il était petit, Antoine a couru vers sa maman avec un anxieux :

« Moi, tu m’aimes, Maman ? Tu m’aimes ? »

Dans sa fumée de cigarette menthol, sa maman a répondu :

« Sans doute. Sans doute mais à quoi ça sert. »

Un sans doute, plutôt qu’un « bien sûr, mon amour », ça traumatise. Pour toujours. 

La mort qui survient, comme ça, pour rien, sans prévenir, et des parents qui balaient cette tragédie vers le pallier des oubliettes, sans un mot de trop, sans un cri strident, sans une douleur qui déborde, qui envoie tout valser. Ca traumatise. Pour toujours. 

Avoir une mère qui s’en va, 

«Qui vous laisse, là, comme trop de vaisselle dans un évier ». 

Et un père qui sanglote, impuissant : 

Ca traumatise. Pour toujours. 

Bookiners traumatisés, je ne connais pas la nature de vos blessures, mais je sais que le silence encastre et que la parole libère. Sans la parole, sous n’importe quelle forme, c’est l’effroi qui l’emporte, les blessures qui triomphent. Et puis un jour, ça explose, tout explose. Mais parce que les maux sont devenus trop gros pour être confinés davantage, ça explose de travers. Antoine a explosé, un jour, d’un coup, comme ça. Et son esprit a déraillé vers les ténèbres. Bookiners traumatisés, Bookiners qui sentez votre esprit dérailler, confiez vous, livrez-vous à qui vous voulez, à une feuille, à un proche, à un psy, qui vous voulez mais parlez. Libérez votre parole afin de vous libérer vous-mêmes. Afin d’apaiser la douleur et d’amortir la chute. Votre courage sera salutaire. Promis. Juré. Craché. De toute façon je crois que la tragédie d’Antoine vous prendra tant aux trippes et au cœur que vous vous sentirez devenir lui, comme je l’ai senti aussi, et alors, au lieu de marcher à l’envers, sur ses pas, vous marcherez à l’endroit et vous ferez les bons choix qu’il n’a pas su faire.

Dans cette tragédie du silence, il y a cette tragédie familiale. Antoine enfant ne comprend pas ses parents, ne comprend pas leur malheur, leur lassitude, leur désamour. Il ne comprend pas pourquoi sa mère n’en est pas une et pourquoi son père est un lâche, pourquoi il n’est pas à la hauteur de sa paternité, pourquoi il ne lui explique pas le pourquoi de la pluie, la vie, les filles, l’amour. Pourquoi il ne lui apprend pas à devenir un homme. Alors Antoine s’imagine être l’héritier de ces déroutes, l’héritier de cette lâcheté sinueuse qui s’infiltre partout. Il pense son échec fatal. Parce qu’il croit son échec fatal, il échoue, là où il aurait pu réussir, couper le fil, et devenir son propre modèle de père pour son fils. Bookiners fatalistes, ce livre saura vous montrer que la fatalité est un leurre. Je ne peux pas vous en dire davantage à ce sujet, alors je passe au suivant. 

Bookiners que vos familles désemparent, vous comprendrez que souvent, l’origine des drames familiaux ce ne sont pas les actes ni les erreurs. L’origine du drame ce sont les silences qui s’amoncellent, le mutisme. Si Antoine s’était exprimé, s’il avait dit, crié ou gerbé son désarroi, sa colère, alors il se serait réconcilié avec la lâcheté de son père, il ne l’aurait pas reproduite, il aurait aimé pour de bon, ses peurs en moins, et il aurait vécu libre. 

« Mais sa colère est restée embusquée dans ses tripes »

Trop longtemps. 

La famille est une sacrée galère, je ne vous le fais pas dire, mais le silence obstrue les solutions car il nous confine dans une impasse. Et parler amorce le chemin de la compréhension, le chemin du pardon. C’est quand même mieux que l’amertume, non ? C’est ce que ce livre m’a donné envie de faire, de parler, à mon père, de lui expliquer pourquoi je l’aime de traviole, pourquoi je lui en veux de trop, et comment on peut avancer, ensemble, chacun  son rythme. Avant, devant sa folie, je restais muette, et le soir, je pleurais en silence le père que j’aurais du avoir. Désormais, même si j’accepte enfin qui il est et qui il n’est pas, j’épouse et j’embrasse mes ressentis, j’affirme et libère mes pensées, et chacun de nous, mon père et moi, trouvons la place qui nous convient dans cette relation qui nous appartient.  Essayez Bookiners, vous m’en direz des nouvelles ! 

Après les traumatismes et après la parole, s’amorce le temps du pardon. Se pardonner à soi-même d’être et de ne pas être, se pardonner d’exister, se pardonner d’avoir été et la victime et le bourreau. Dans ce roman magnifique Bookiners qui désirez pardonner, vous verrez comme le pardon s’esquisse et s’accepte sur deux générations d’écorchés dès que :

« Les silences ouvrent leur gueule » 

Alors les pères sont pardonnés. 

Dans la première partie, Antoine demande pardon à son fils Léon d’avoir été le père qu’il a été, sous la forme de sa confession. Et c’est cette même confession qui lui fait pardonner son père. Dans la troisième partie du roman, Joséphine pardonne à son père Antoine,  pour le père qu’il a été. Seul le pardon de Léon reste en suspens. Mais le chemin est amorcé, car le pardon est imploré. 

Bookiners infidèles et Bookiners qui ne croyez plus en l’amour, ce roman m’a fait pensé à vous, et même si je dois écourter ma revue car je me fais – encore et toujours – trop bavarde ! Je dois vous dire deux choses. 

La première, Antoine est tombé éperdument amoureux de Nathalie. C’est ce qu’il dit. J’imagine que Nathalie aussi, l’aimait, Antoine. Mais comment aimer lorsqu’on ne s’aime pas ? Comment garder l’autre près de soi lorsqu’on est persuadé qu’on est voué à l’abandon, à la lâcheté et au malheur ? Comment demander à l’amour de votre vie de vous aimer pour deux ? C’est à ce moment là qu’Antoine a perdu Nathalie, lorsque tous ses maux avaient rongé tout son cœur. Alors elle l’a trompé, alors elle l’a écorché de plus belle. Alors elle l’a tué. Bookiners infidèles, je ne blâme pas votre infidélité, je blâme vos silences et votre aveuglement. Tromper, c’est souvent oublier que l’autre existe, que l’autre souffrira pour de vrai, et pas seulement pour la société. Tromper ce n’est pas juste une transgression. On s’en fout de la transgression. Tromper c’est une condamnation. On condamne l’autre à se dénigrer, se dégrader, se détester, alors qu’on pourrait juste être honnête avec soi et avec l’autre et partir avant de déchirer d’un revers tout ce que vous avez vécu. Je crois. On ne voyait que le bonheur vous donnera un aperçu du tsunami que votre infidélité a/va provoqué(er) et peut-être alors que vous choisirez la parole libératrice, plutôt que l’action dévastatrice. Regardez : 

« Je ne l’ai pas su. Je l’ai senti. J’ai senti les mots nouveaux qui s’étaient insinués. J’ai senti le geste plus lourd pour remettre une mèche. J’ai senti les larmes. Les brulures. J’ai senti l’orage. Tous les orages. J’ai senti l’abime. Le sens du mot chagrin. J’ai senti les doigts qui sentaient le mensonge. Les griffes. Un dos. Des os. J’ai senti le froid. Le vent. L’orage, tous les orages. J’ai senti le monde s’écrouler quand Nathalie m’a trompé ». 

Après l’adultère, Antoine se fait licencier, c’est la descente aux enfers, et je vais enfin me taire. Je vous dirai simplement que c’est lorsqu’ Antoine a enfin trouvé la paix en lui même et qu’il a enfin fait la paix avec son passé, avec ses douleurs, avec ses erreurs et ses lâchetés qu’il retrouve enfin l’amour, qu’il choisit la lumière. Nathalie était sa béquille, Mathilda devient sa compagne, celle avec qui il avance main dans la main.

Le roman nous laisse en plein soleil, bouleversés mais sereins, sous l’astre bienveillant du Mexique, du pardon, et de la vie qui va, qui vient, et continue d’être un mystère à apprivoiser.

Asseyez-vous près de moi Bookiners, et regardons, tous ensemble, avec Antoine et sa famille, l’horizon du bonheur. Il s’est fait attendre, mais maintenant, il est là. Tout près. Attendez, plus à droite, non un peu au centre. Ah. Voilà. Là. Devant nous. Enfin. 

Doux baisers, du Mexique ou d’ailleurs, 

Le collier rouge | Jean-Christophe Rufin

Le collier rouge | Jean-Christophe Rufin

Vendredi 19 mai 2017, 23h12

 – Tatoo, tu as déjà été infidèle ?

– Tu veux dire, dans la vie ou avec les mecs ?

– Les deux.

– Mmmmh, attends, je réfléchis. Je pense que certaines de mes amies te diront que oui, j’ai été infidèle. Parce que je suis partie, je les ai sorties de ma vie. Je ne me suis pas battue pour un « nous » qui n’existait plus. En fait voilà, en amitié, je deviens infidèle quand on me trahit – pour me protéger des trop pleins de souffrance.

– Et avec les mecs?

– Oui oui, dans ma tête! Mais ça ne compte pas d’aimer Roland Barthes et Beyoncé plus que son mec, si?

😂

– Autrement, « dans les actes », je n’ai jamais été infidèle, car l’amour pour moi c’est une rafale de sentiments. Une effusion. J’aime avec mon corps et mon âme, tu le sais. Alors imagine que je devais aimer deux mecs, à la fois, je n’aurais plus de place pour respirer! Je crois que c’est trop important « aimer » pour se diversifier. Enfin je ne sais pas, peut-être que je n’ai pas la même énergie que mon padre (thank God!). En revanche, on m’a déjà trompée une fois.

– Ah oui celui de Londres ! Pourquoi il t’a trompée tu crois?

– Il a toujours trompé ses nanas. C’était un infidèle né. Il me l’a avoué après. Je crois même que j’aurais pu l’accepter pendant longtemps. C’est fou quand même, l’humain s’habitue à tout. Mais il avait un rapport étrange à la tromperie, tu sais. Je crois qu’il aimait s’assurer qu’il plaisait. Aussi, il avait peur de mourir. De mourir sans avoir vécu, alors il baisait. Et pour lui, vivre, c’était collectionner les nanas comme on collectionne les expériences.  

– Et toi comment tu as réagi quand tu l’as appris ?

– Au début, j’avais un peu envie de vomir, un peu envie de pleurer. Et puis j’ai essayé de comprendre ce que ça voulait dire tromper. Et à qui ça s’adressait – à mon égo ou à moi? A lui? ou à la société monogame? Et puis, aussi, je voulais savoir si ça condamnait ma relation avec lui ou bien si j’acceptais qu’il couche avec d’autres personnes indépendamment de l’affection qu’il avait pour moi. Le truc, c’est que je savais qu’il m’aimait beaucoup. Il avait simplement un « mode » d’aimer différent. Un soir, en voiture, en rentrant du restau, le mec, m’avoue, tranquillement que la veille, une femme l’avait dragué et qu’il l’avait ramenée chez lui. Littéralement, il me dit: « elle était jolie. Fine comme Kate Moss (merci pour moi!). Alors, j’ai voulu la tenter, je l’ai amenée chez moi, et quand elle a voulu m’embrasser je lui ai précisé que j’avais des sentiments pour toi et que du coup ça ne serait jamais sérieux entre elle et moi. Ceci dit, je voulais bien coucher avec elle, pour voir, mais je lui ai laissé le choix de partir ou de rester, je n’avais déjà plus autant envie d’elle. » 😐

– Oh mon dieu. 

– NO JOKES. J’ai du dire « what the fuck » à peu près 45 fois en 1 minute, dans ma tête. Et après, je me suis dit qu’il fallait que j’accepte sa confidence, que j’accepte qu’on en parle pour comprendre. J’ai dit à mon égo de fermer sa grande gueule, tout doux, et de me laisser gérer cette affaire 😂  La seule précaution que je voulais prendre: protéger mon intégrité, ma façon de m’appréhender, de me juger. Alors je l’ai prise dans les mains l’infidélité, je l’ai regardée en face. J’ai essayé d’en rire avec lui, de le déstabiliser en ayant une réaction complètement contraire aux réactions qu’il aurait pu attendre de moi, ou d’autres nanas. J’ai essayé de le comprendre, d’aller sur son terrain. Et j’ai fini par gagner. Ca fait déjà 6 mois qu’on n’est plus ensemble, mais il continue à m’envoyer des messages où il me dit qu’il n’est plus infidèle, que je suis sûrement la femme de sa vie, et qu’il est prêt à apprendre à aimer. Je lui réponds « Brace up and Champagne Shower baby! » 😂 #latestostéronerendmaboule.

– C’est fou que tu en sois ressortie indemne. C’est rare je crois. L’infidélité doit détruire beaucoup de personnes.

–  Oui, je crois que tu as raison. Mais j’ai compris que tout dépend du rapport que tu as à toi-même, et du lien que tu tisses entre l’infidélité et ta propre personne. Si tu les distingues, que tu ne les amalgames pas, alors tu peux en ressortir « presque » indemne. Autrement, ça te foudroie.

– Ca t’intéresserait de lire un livre sur l’infidélité?

– Of course! Ca pourrait même me faire du bien… si c’est en accord avec mes principes 😂

– En fait, j’aimerais te faire lire un roman qui parle de la fidélité d’un chien à son maître.

– 😂😂 Je viens de m’étouffer. Merci pour la comparaison!

– J’étais sûre que tu allais dire ça. Mais en vrai c’est très beau. Déjà, c’est un bouquin qui te redonne foi en l’humanité et en l’amour inconditionnel parce qu’il nous prouve qu’il existe. Il montre aussi que la fidélité peut faire des merveilles, mais aussi que l’infidélité se gère avec les mots.

– Ah! Nos Bookiners se réveillent, je les entends se dandiner! Go ahead! Nous sommes tout ouïe! 

Now we are free – Hans Zimmer & Lisa Gerrard

    Ce livre s’appelle Le Collier Rouge. Bon, j’entends Tatiana qui marmonne dans la sa barbe, en me disant obsédée par les textes historiques car ce roman nous renvoie au lendemain de la guerre 14-18, et les souvenirs de cette guerre sont au coeur de l’histoire. Mais ce cadre contextuel donne toute sa force au récit, parce qu’il nous permet de comprendre un peu mieux le monde qui nous entoure, le monde d’hier et d’aujourd’hui.    On commence par visiter une prison déserte. Seul Jacques Morlac, un héros de guerre décoré de la Légion d’Honneur, y est détenu prisonnier. Même si le juge Lantier lui rend visite tous les jours pour tenter de le disculper, difficile de savoir avant les dernières pages pourquoi cet homme est emprisonné. Ce que l’on sait, c’est que Morlac n’aime pas la guerre et qu’il ne regrette en rien l’acte qui l’a mené en prison.

« Je ne lui ai que trop sacrifié, à la Nation. ça me donne le droit de lui dire certaines vérités. »

Ce que l’on sait aussi, c’est que pendant toute la guerre, dans toutes les batailles, Morlac a été suivi par son chien Guillaume. Depuis la fin des combats, ce chien tout cabossé campe en bas de la prison où réside son maître. Cette gueule cassée aboie jour et nuit, sans relâche jusqu’à s’en rendre malade. Bookiners en manque de tendresse, ouvrez grand vos yeux, préparez vos sourires, vous allez être servis. Car la tendresse et l’attachement de ce chien pour son maître dépassent tout l’amour du monde.

« Il a toujours compris qu’il était mon chien. Il se couchait à mes pieds, dormait à côté de moi, et si quelqu’un m’approchait avec un air mauvais, il grognait. »

C’est ce chien qui détient la clé du drame. C’est en fait lui, pour défendre son maître, qui a un rôle héroïque lors d’une bataille. Ce qui est intéressant, c’est que le héros de guerre tel qu’aime le fabriquer la société pose le problème de la part animal. Le combattant est un animal. C’est d’ailleurs ce qu’on lui demande, d’être une bête, de faire preuve d’une cruauté terrible à l’égard de ses ennemis. Or ce qui va différencier l’animal de l’être humain, c’est la fidélité. Amis bookiners infidèles, ouvrez grands les oreilles, prenez-en de la graine. Nous y sommes. Le chien défend ses amis jusqu’à la mort. Là, je vous parle de la fidélité inconditionnelle qui existe bel et bien dans ce monde.

« Guillaume lui a sauté à la gorge. Il l’avait déjà fait au moment de l’escarmouche à la baïonnette et on l’avait félicité, n’est-ce pas? Pour lui, un ennemi c’est un ennemi. C’est un bon chien fidèle. »

Mais le fait d’être humain, c’est aller au-delà de cette fidélité. Etre humain, c’est ne pas seulement défendre ses amis, mais être aussi capable de voir l’être humain dans l’ennemi. C’est pour ça que Morlac, pendant la guerre, cherche à fraterniser avec ceux qu’on lui demande de combattre, les russes et les bulgares. Il a dépassé sa part animale. Si ça, ça ne te redonne pas foi en l’humanité, je m’appelle Monique.

« Le signal, c’était l’Internationale. On devait chanter côté bulgare et nous, les français, on reprendrait en coeur. A quatre heures, on a entendu l’hymne qui montait d’en face. Vous ne pouvez pas imaginer l’effet que ça nous a fait. »

Parallèlement, le roman nous raconte l’histoire d’amour et d’infidélité qui lie, ou plutôt délie, Morlac à Valentine. Amis bookiners infidèles, revenez-voir par ici ! Avant la guerre, Morlac et Valentine sont amoureux. Pendant la guerre, Valentine se retrouve seule dans sa ferme. Pourtant, en rentrant du front, Morlac ne cherche pas à retrouver son amour et son fils, Jules, conçu lors d’une de ses permissions. Il préfère encore se faire envoyer en prison, seul, que d’être un homme trompé. En voyant sa femme avec un autre, Morlac n’a pas cherché d’explication. Il n’a rien dit, il est parti. Et pourtant, quand Valentine s’adresse au juge pour faire passer un message à Morlac, on apprend que le silence est parfois pire que la trahison. Morlac s’est tu. Il est parti. Il a baissé les armes, sans croire que Valentine avait pu lui être fidèle. C’est dans son silence qu’il l’a trahie. C’est dans son silence qu’il a brisé le lien qui les unissait: l’amour. 

« Dites-lui que quand il est revenu, il s’est trompé. C’était un camarade. »

Valentine est elle aussi restée fidèle jusqu’au bout. Je répète, Valentine est elle aussi restée fidèle jusqu’au bout. Cela veut dire que la fidélité est possible, et ce, même si Morlac ne croyait qu’en celle de son chien. Pour se protéger, peut-être, pour rester lui-même, sûrement. Alors bookiners, par pitié, parlez, parlez, pour ne pas rompre ce lien sacré de la confiance avec les gens qui comptent. Rien n’est irrémédiable, surtout dans les relations humaines. Des erreurs d’interprétation, des silences trop longs peuvent briser des relations voire parfois des vies. Pourquoi ne pas s’empêcher de souffrir quand des mots peuvent agir d’un coup de baguette magique?    Nourrissez-vous de mots, lisez, lisez mes bookiners.

Une petite lecture pour la route ? Voilà pour vous !

 

Doux baisers,

Un paquebot dans les arbres | Valentine Goby

Un paquebot dans les arbres | Valentine Goby

– Tu fais quoi Hélo ?

– Je m’apprête à retourner à la librairie d’Arles, j’y passe mes après-midi depuis trois jours!

– Ah tu es dans ta maison dans le sud !! C’est pas là où tu voulais m’emmener à Arles ? C’est ta librairie préférée non ?

– C’est mon endroit préféré au monde tu veux dire. Déjà le lieu est très chaleureux (j’y bouquine pendant des heures dans les canaps moelleux), et surtout les libraires sont de très bons conseils, j’y trouve des trésors ! Des livres que je n’aurais pas forcément achetés ailleurs mais qui m’attirent ici. J’aimerais bien travailler dans cette librairie un jour. Peut-être avec toi: on serait tellement heureuses en libraires !

– Bien sûr que c’est dans mes plans 😌 mais bébé à partir de nos 45 ans, hein. Car avant ça, je veux mourir sur scène. Ceci dit, j’ai tellement hâte de découvrir cet endroit, on y va quand ensemble ? C’est quoi ta dernière pépite ?

– J’allais t’en parler. Il faut absolument que je t’en parle, à toi et aux bookineurs. Je suis tombée dessus car j’ai été attirée par la jolie couverture buccolique et… la forme du livre. Je n’avais même pas encore lu la quatrième de couverture que ce livre m’envoyait déjà des bonnes ondes, il me demandait de l’acheter, il me chuchotait qu’il me ferait du bien.

– Haha on dirait moi qui parle de boîtes de gâteaux : « c’est pas ma faute ils m’ont juste demandé de les prendre, ils avaient l’air sympa… »

– Exactement, j’ai vraiment pensé à toi quand j’ai sauté dessus, je riais toute seule.

– Et alors, le fond était-il à la hauteur de la forme ?

– Le fond a même largement dépassé la forme. Ce livre, c’est Un paquebot dans les arbres. Tu trouves le titre joli mais tu ne comprends pas de quoi il s’agit ? C’est normal, je vais vous expliquer. Je pense que je me souviendrai de ce roman toute ma vie. L’histoire n’est pas tellement joyeuse, mais elle est très forte. Son personnage principal, Mathilde, est admirable. Elle m’a aidé à lire un peu mieux le monde, le mien et celui des autres. Elle m’a ouvert l’esprit, appris ce qu’était la vraie définition de fidélité (ici on parle de fidélité à sa famille) et par conséquent la notion de sacrifice, de sacrés sacrifices. Bonus : cette histoire, cette Mathilde ont vraiment existé, et tu connais mon faible pour les histoires vraies. Quelque part, ce livre me fait vivre ma vie autrement.

– Rien que ça ! Okay il faut que tu nous racontes cette histoire, je sens que ce livre va nous plaire, aux Bookiners et à moi.

– En fait, je ne vois pas tellement comment ce livre peut déplaire, c’est rare non ? Allons-y.

Pour plonger dans l’atmosphère de ce roman, je vous laisse écouter cette musique pendant votre lecture de l’article :

American Beauty – Thomas Newman 

Années 1950. Mathilde est un jeune fille caractère bien trempé, elle s’intéresse à tout, et ne recule devant rien pour impressionner son père, son idole. Ses parents, Paulot et Odile, sont cafetiers à la Roche-Guyon, ils sont le coeur battant de ce village. Leurs soirées animées, l’harmonica de Paulot et le sourire d’Odile font danser leurs clients, leurs amis. La petite Mathilde veille en cachette pour assister à ces fêtes si joyeuses. Le couple est doué pour le bonheur. Les pages qui décrivent cette période nous font voyager dans les joies débordantes de l’après-guerre, du début des Trente Glorieuses où le monde semble à portée de main, où rien n’est désormais impossible.

Mathilde est adolescente quand la tuberculose envoie son père, puis sa mère au sanatorium d’Aincourt, le « sana ». L’architecture du bâtiment ressemble à un grand paquebot blanc niché au milieu des arbres. Optimistes mais totalement imprévoyants, Paulot et Odile sont ruinés par les soins, rejetés par leurs amis, et le placement de Mathilde et de son jeune frère Jacques fait voler la famille en éclats.

Le jour de ses dix-huit ans, Mathilde décide de prendre sa vie, mais surtout celle de sa famille en main. Elle n’a devant elle rien d’autre que la pauvreté, la bacille (la bactérie à l’origine de la tuberculose) et l’amour des siens. Alors avant de sauver son monde, Mathilde décide de s’accorder une danse.

« Aujourd’hui elle a dix-huit ans, la nuit est claire, coupante (…). Elle reconnaît la Grande Ourse, la Petite Ourse, le ciel est vaste et elle aussi, elle emmerde la veuve, les assistantes sociales, les souris blanches, les banquiers, les voisins, le bacille, au Moulin Vert elle va danser toute la nuit, fixer la batterie de l’orchestre près de son coeur et libérer les ruisseaux d’endorphine, les cascades d’hormones qui te rendent vivante. »

Amis bookiners infidèles qui cherchez à évoluer, ouvrez grand les yeux et prenez-en de la graine. Mathilde nous offre ici une grande leçon de fidélité. A 18 ans, elle aurait pu partir. Loin. Elle reste. Elle reste car elle aime. Elle aime sa famille et elle comprend les sacrifices que signifient aimer. Sacrifices oui, même si, et je parle à vous Bookiners, il ne faut pas s’oublier soi-même pour prouver qu’on aime, hein. La fidélité de Mathilde inspire. Vous admirererez sa détermination naturelle, sa maturité et sa sagesse. Car pour réunir sa famille en détresse et préserver la dignité de ses parents, la jeune fille lutte sans relâche. Elle s’efforce d’être forte, elle devient le centre de ce corps éclaté. Mineure émancipée, audacieuse et presque scandaleuse. L’adolescente multiplie les allers-retours au sanatorium, s’efforce de récupérer son frère des griffes de l’assistante sociale, elle rallume les feux éteints et cherche sans cesse la joie. Son père, son « prince préféré des bacilles » et sa mère, sa « princesse pulmonaire tant aimée » s’efforcent de répondre aux efforts de leur fille.

« Le son émis par l’harmonica sonde le thorax comme le rayon X, tu joues selon l’état de ton poumon. Soudain monte une valse légère. Paulo a une respiration de valse, cadence moyenne. Un poumon version valse. Ça fait des siècles qu’il n’a pas joué de valse, celle-ci est lente et sobre, un tempo de pavane. »

Et vous, bookiners fatalistes qui levez les yeux au ciel, vous qui pensez que tout est écrit d’avance, vous qui croyez que ce qui va arriver doit arriver, que si le mauvais sort s’abat sur une famille comme celle-ci, c’est parce qu’il en a été décidé ainsi; alors ce roman saura faire un beau pied de nez à votre pessimisme, vous en ressortirez grandis et peut-être même avec un sourire aux lèvres. Rien n’est jamais arrêté tant que vous êtes vivant(e). Mathilde refuse la fatalité, quitte à se priver de manger pendant plusieurs jours.

« Est-ce qu’on peut être libre sans argent? Mathilde le sait, la pauvreté est une prison. N’empêche: elle a voulu son émancipation, préférant la misère aux tyrannies de la veuve et de l’assistante sociale. »

Car ses efforts s’accompagnent d’immenses sacrifices, et l’adolescente bouillonnante de vie finit par s’abîmer sérieusement dans la mission qu’elle s’est donnée, écrasées de responsabilités d’adultes. Mathilde finit même par sombrer. Mais ça, c’était sans compter sur son inébranlable combattivité. 

« Elle voudrait que ça s’arrête, mais si on lui demandait quoi, ce qui devait s’arrêter, elle ne saurait pas répondre. (…) C’est douloureux d’être vivante. »

Pour ceux qui cherchent à comprendre le monde qui les entoure, pour les bookiners qui ont perdu leurs rêves de vue, la suite du roman est pour vous! Vous verrez que des rencontres peuvent changer votre vie, que l’autre pourra vous aider à lire le monde mais aussi à renouer avec vous-même. Car heureusement, Mathilde s’entoure de présences qui la relèvent et la soutiennent. Les rencontres avec Walid le marocain qui la pousse à ne pas oublier ses rêves, Jeanne, la simplette du village qui ne craint pas les bacilles, et la directrice du lycée qui lui ouvre les portes d’un monde plus vaste qu’elle ne l’entrevoit et sème en elle l’espoir d’une vie meilleure en lui apportant des journaux, illuminent les pages et la vie de la jeune fille qui porte sa famille à bout de bras. C’est cette ouverture sur l’extérieur qui sauvera la jeune fille. C’est ce qui m’a bouleversée dans ce roman: non je ne suis pas fataliste, mais disons tout de même que Mathilde partait avec une sacrée longueur de retard. Or son entourage, pendant l’agonie de ses parents, saura la faire revivre et surtout l’alléger. Ne refusez jamais une main amie, peut-être aura-t-elle le pouvoir de vous sublimer ou mieux encore, de vous sauver. 

Je conseille aussi à nos bookiners qui ont perdu un être cher de lire cette histoire. Parce que Valentine Goby rend un magnifique hommage à la mémoire des milliers de personnes disparues dans ce sanatorium. Parce que la disparition de Paulot n’est pas larmoyante, elle est dure, oui, mais l’auteur y insuffle une joie inarrêtable dans les moments difficiles de la vie d’une jeune fille. Parce que grâce à ce roman qui raconte une belle histoire d’amour, la mémoire de tous ces « tubards » ne disparait pas sous les gravats du grand paquebot blanc tombé en ruines au milieu de la forêt. 

Ce roman a été une claque.

J’y ai dégusté une grande leçon de courage, une belle leçon de liberté aussi. Car sauf quand sa santé mentale lui fait défaut, Mathilde, du haut de ses dix-neuf ans, va tout au bout de ses convictions, tout au bout d’elle-même pour défendre ce qu’elle a de plus précieux : sa famille et sa liberté. A ceux qui baissent les bras face à la difficulté, l’adolescence sacrifiée mais entière de Mathilde vous démontrera que rien n’est impossible pourvu que l’objectif en vaille la peine, pourvu que vous soyez en accord avec vous-même.

Régalez-vous mes bookiners !

Vous écouterez bien une petite lecture pour la route ? Cadeau !