Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Vendredi 29 décembre, 23h30, dans mon lit, en train de regarder la 127ème interview de Benjamin Biolay, dont je suis folle amoureuse, mais je vous en parlerai davantage plus tard Bookiners.

émoticône dialogue texto sms– Hi mon Honey moon, tu fais quoi pour le Nouvel An ? 

– Hmmm, je devais aller à Londres avec Swann et Mathilde, mais j’ai pas l’envie en moi. Sortir, m’enivrer, courir vers des chimères, j’ai plus la force en ce moment. Entre les impératifs de Peanut Booker et la musique, j’ai besoin de me recentrer pour ne pas dérailler dans deux semaines quand je m’installe à Madrid.

– Oui mais c’est ton anniversaire mon cœur. T’as pas la tête à ça ?

– La tête à vieillir ? Pas trop et prendre un an de plus comme on prend une nouvelle gifle, merci mais non merci. J’adore être un enfant, et j’adorerais le rester pour toujours, mais les anniversaires m’en empêchent, ils sont là pour nous rappeler que le temps passe, que la vie n’attend pas, et qu’elle n’en a rien à foutre que tu préfères avoir 20 ans pour toujours. Elle t’en rajoute 4 ou 5 et tu dois fermer ta gueule de sotte insoumise. Parce que c’est inéluctable. 

– Ahahahahah. Mon ange, ne sois pas si remontée. Je t’assure que ça va aller, je serai à tes côtés jusqu’à ce qu’on perde toutes nos dents d’adultes. Et puis ne vois pas la vie comme une menace envers l’enfant que tu es, vois-la comme une promesse d’explorer l’enfant que tu es, de l’affirmer, de le contenter et voire même de le transcender. De lui faire vivre des choses qu’il n’avait pas imaginé avec ses yeux d’enfants. Je t’assure, change de regard, et respire. Tout va bien se passer. 

– J’espère vraiment que tu as raison. Et puis, aussi, dimanche, pour le Nouvel An, j’avais prévu d’être chez moi, assise sur le parquet, des talks de motivation sur les enceintes, avec des feuilles Canson et trois livres importants pour moi : L’Alchimiste, Le jour où j’ai appris à vivre et Miracle Morning. Ils me rappellent les essentiels. Ils me ressaisissent. Ensuite je voulais faire un visual board pour mettre en images tous mes objectifs de l’année concernant la musique et notre bébé Peanut. D’ailleurs, je peux te dire que je l’ai subi la grossesse de notre cacahuète : j’ai pris 15 kg cette année. Quand je pense que Céline Dion ne prend pas un gramme quand elle fait des babes. Ça me tue. 

– Ahahah, le rapport avec Céline ! En vrai, je te comprends totalement. C’est une sage décision de prendre du temps pour toi quand tu en ressens la nécessité et l’envie. Tu seras fière de toi et tu commenceras l’année sur des bases saines et déterminantes. Moi, je me rêve de solitude. De balades en forêts. De romans rassérénants. Et de silence. 15 jours non-stop avec ma famille que j’aime de tout mon cœur, c’est quand même assez hardcore. Je suis au bord de la crise d’hystérie. 

– Ahahahah. Yes. Mon ange, I feel your pain. Moi je marcherais bien toute nue dans la rue en ce moment. Je sens mon être étriqué par mes vêtements et par la mode, ça me tend. 

– Ahahahah. #lerapport ! J’aime tellement quand tu sautes du coq à l’âne. D’ailleurs t’as terminé Le jour où j’ai appris à vivre

– Of course my love ! Depuis 2 mois, j’avais simplement perdu les mots justes pour le commenter et le partager correctement avec nos Bookiners. Mais là, je me fais violence car c’est LE livre à lire pour commencer l’année sur des fondations sereines, intelligentes et surtout, essentielles ! 

– Parfait ! Alors nous t’écoutons ! J’ai hâte. Bookiners, approchez, Tat vous attend, elle a une jolie trouvaille à nous faire parvenir !!! Tututut, on ne traine pas les pieds, même si on a pris du bide à Noël !  

– Je m’exécute ! Mais avant ça Bookiners, sachez que dans ce roman, et dans beaucoup de romans de Gounelle, ce ne sont pas tant l’écriture ou les personnages romanesques qui touchent et nous secouent jusqu’à nous faire vibrer. Ce qui marque chez cet écrivain, c’est cette formidable intuition et connaissance de la vie, cette spiritualité, et cette façon de nous questionner et de nous ramener à l’essentiel. Et, avec la période des résolutions qui pointe le bout de son nez, je sais qu’il vous aidera à faire le tri, à prendre les bonnes décisions et apprendre – enfin ? – à vivre. Allez, GO ! 

Avant toutes choses beaux amours, je commencerai par vous faire un cadeau musical.  Il vous juste ce qu’il faut d’air frais, et ce sentiment intense de respirer la nature, couché sous un ciel bleu, bercé par les vagues en face d’un soleil tout sourire ! Voici pour vous notre Juju national qui nous chante Beyrouth, la plage et les songes. Voyage Voyage.

Beyrouth plage – Julien Doré 

La nouvelle année arrive à grands sabots Bookiners, et il commence à se faire le temps des introspections, des rétrospectives, des hauts et des bas, des actes manqués, des actes magnifiés, pour que 2018 soit, peut-être davantage, à votre diapason. Je vous écris ces lignes du bout de ma chambre, et du fond de mon âme, où que vous soyez car même de loin, même sous les cocotiers, il y a des nécessités non négociables pour votre bien-être.

Voyage dans l’espace. Nous atterrissons à San Francisco dans la vie de Jonathan. Il est expert en assurances. Il a monté sa boîte avec son épouse Angela – dont il vient tout juste de se séparer pour une douteuse histoire d’infidélité-, et son ami Michael. Il a une petite fille Chloé qu’il aime mais qu’il néglige car il s’imagine devoir gagner suffisamment d’argent pour la mettre à l’abri avant de profiter d’elle. Par moments, la vie de Jonathan est entrecoupée, en pointillés par le récit de celle d’Austin Fisher, LE joueur de tennis n°1 Mondial que les médias critiquent, caricaturent et redoutent tout à la fois. Nous sommes aux deux carrefours de la vie de ces deux hommes. Les intrigues et les personnages s’imbriquent et plusieurs évènements se chevauchent dans ce roman, donc je vais aller droit au but, droit au baume Bookiners. 

Certains Bookiners ont leur confiance égarée dans les bois, égarée si loin d’eux qu’ils s’imaginent qu’elle n’a jamais existée alors qu’elle s’est barrée aux Bahamas, aller-simple, un soir d’hiver et n’est plus jamais revenue. Mes amours, vous dire qu’il est temps de vous rabibocher avec elle est un lieu commun, vous dire comment, c’est mieux. Tout d’abord, sachez que vous n’êtes pas seuls. C’est difficile de s’aimer, et d’accepter tout en soi, même vos drôles de choses qui clochent, vos imperfections et vos névroses. Et ce, même si vous êtes au sommet de votre art. Jonathan, Austin Fisher, Ryan – le créateur de chroniques vidéos moqueuses « Minneapolis Chronicles », et le pâtissier du coin, Gary, ont le même vide en eux, la même béance qui traduit le manque de confiance qu’ils se portent individuellement. 

Dans la boîte qu’il a crée avec ses associés, Jonathan se compare sans cesse à Michael, son compère éloquent, sans états d’âme, à la verve séduisante et convaincante. Pour Michael, comme il l’explique à Jonathan et Angela, la peur est l’émotion principale, alliée du conseiller en assurances. Il faut la faire germer et grandir dans le regard du commerçant afin qu’il accepte n’importe qu’elle assurance, même celle qui protège de sinistres dérisoires. Michael est obnubilé par les ventes et ce, même si elles vont à l’encontre de l’éthique de son métier et de la raison d’être même de leur vocation à tous les 3. À cette course aux chiffres, Michael est le plus rapide, le plus performant, laissant à Jonathan l’envie de le dépasser à un jeu auquel il ne croit pas. Il commence à se comparer, se dévalorise, écume et énumère les qualités qu’il n’a pas. Il oublie ses singularités, la confiance en lui qu’il avait se dilue, se dissout et s’évapore quelque part dans les sillages de la mer de Big Sur. Alors, 

« À défaut d’être heureux Jonathan est occupé.»

Parfois, on s’imagine que seuls ceux qui ratent perdent confiance. Je vous avouerais que je déteste ce mot, « rater » car je trouve qu’il manque de sens profond, qu’il est imprécis, et qu’il paraît définitif alors qu’il est temporaire. Je m’égare. Je voulais vous dire que la confiance en soi se construit, se nourrit, et s’apprivoise, pour tout le monde. Austin Fisher est n°1 mondial. Il vient tout juste de remporter le tournoi de Flushing Meadow. Il lui reste une dernière rencontre de l’US Open à jouer et s’il la gagne, il devient le meilleur joueur au monde, il rentre dans les annales avec le plus de victoires remportées par un joueur. Avec ces ribambelles de trophées, seule une chose le perturbe et l’ébranle : ce que les journalistes et les autres joueurs disent de lui : 

« Austin Fisher est une machine à gagner, une machine.»

Tout s’effondre pour Austin lorsqu’il s’imagine que ce qu’un des joueurs de tennis vient de dire de lui pourrait être vrai. Vous apprendrez dans ce roman, avec les conseils de Warren, son entraineur de tennis, à vous débarrasser de ces mots qui vous blessent en les éloignant visuellement et physiquement de votre esprit afin de les rendre étrangers à votre personne. Je vous assure, la méthode est dingo ! Vous essaierez, éberlués par son efficacité. Et ensuite, vous m’en direz des nouvelles !

Je disais Bookiners, qu’il fallait que je vous donne quelques solutions pour retrouver votre confiance perdue. Un jour que je me disputais avec ma maman que j’aime de tout mon cœur, nous en sommes venues aux mots qui blessent. C’était il y a très longtemps. Très très longtemps en fait, mais cette dispute m’a marquée. Elle s’est terminée par maman qui me dit que je ne suis qu’une « enfant égoïste, qui manque d’empathie et qui ne pense qu’à elle. » Tout ça parce que je ne voulais pas aller rendre visite à une tante en deuil, que je connais à peine et qui m’indiffère – peut-être justement parce que je la connais à peine -. Et puis, pour vous dire la vérité, j’ai plus de 50 tantes et 90 cousins. C’est la particularité des africains de ramifier les arbres généalogiques et d’amalgamer amis proches, avec cousins. Tout ça pour vous dire que ces qualifications m’ont terrassée. J’ai ruminé pendant 2 ans, littéralement. Puis un jour, je suis allée voir ma maman, j’avais 16 ans, et je lui ai expliqué que si elle me pensait égoïste, alors c’est qu’elle n’avait vraiment rien compris à mon essence et qu’il était hors de question qu’elle me fige et me fixe à des mots qui m’étaient étrangers, parce que ça m’aliénait et que c’était quand même vraiment con de se faire aliéner par sa propre mère et par l’amour de sa vie. Elle a pleuré. Elle s’est excusée.

Et depuis ce jour, j’ai la certitude que pour avoir confiance en soi, il faut commencer par se regarder, longtemps, quitte à énumérer sur une page blanche qui nous sommes et ce que nous pensons être. Vos défauts, vos qualités, vos fêlures, vos lumières. Tout. Ensuite, détachez-vous de ces mots et appréciez-les pour ce qu’ils sont. Puis rattachez-les à vous à nouveau pour vous apprécier comme vous êtes. Rajoutez-y de l’amitié, de l’empathie de vous à vous, puis de l’amour. Touillez, touillez, et commencez à vous affirmer, à connaître qui vous êtes, attendez quelques heures, et hop, la confiance revient des Bahamas, aller sans retour, pour se loger sous les cocotiers de votre cœur. Vous en viendrez à considérer les mauvais mots des autres sur vous, comme une ignorance, et ceux qui pointeront du doigt certains défauts qui sont les vôtres, vous opinerez du nez, saluant leur perspicacité, en paix avec vous-même. Attention, je ne dis pas qu’il faut s’enorgueillir d’être avare ou d’être con, je dis qu’il faut accepter vos manques et vos trop pleins pour être à la hauteur de la personne que vous désirez devenir, des gens que vous aimez et qui vous acceptent pour ce que vous êtes. 

Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on arrête de se comparer aux autres et qu’on capitalise sur ses propres atouts. Je crois que c’est à partir de ce moment là que les mots des autres n’ont plus le pouvoir destructeur qu’on pouvait leur donner. Les autres ont toujours le pouvoir qu’on leur donne. Si on se détache. Hop. Plus de pouvoir, juste un rigolo qui gesticule avec les mots qu’il méprend. Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on commence à côtoyer des personnes qui nous veulent du bien. Authentiques et entiers, et qui nous aiment intégralement. 

Bon, j’arrête de faire la Sage, sous son cyprès centenaire et je vous présente Tatie Margie. Elle sera votre mentor de choc pour éclairer le chemin de votre vie ! 

Tatie Margie, c’est la tante de Jonathan, et la tante qu’on rêverait tous d’avoir. Un dimanche après-midi que Jonathan se promenait sur les quais de Sunday Streets, une immense rue touristique de San Francisco, bruyante de vie et de musique. Il s’égare dans ses pensées, quand soudain, il sent une envie irrépressible d’aller voir la gitane qui le fixe au loin pour qu’elle lise entre les lignes de ses mains. Celle-ci accepte, et lui annonce, non sans mal, de la façon la plus détachée, qu’il va mourir. Jonathan va mourir. Après plusieurs jours d’accablement, Jonathan décide de longer la baie de San Francisco pour rejoindre sa tante Margie et se ressourcer auprès d’elle. C’est avec elle qu’il redécouvre le monde, qu’il comprend les sources de son aliénation et les possibilités de son bonheur. 

Bookiners en mal de mentor, permettez moi d’appeler vos amis les Bookiners qui rêvent de comprendre quelque chose du monde qui les entoure. Venez ! Oui, vous. Juste ici. Voilà, nous sommes une ribambelle maintenant, et c’est bien mieux. 

Tante Margie-Mentor vous fera admirer le monde avec un autre regard, elle vous fera retrouver la gratitude pour la vie, pour l’existence, et vous fera renouer avec ce lien invisible qui rallie la nature et les hommes.  Parce que, dit-elle : 

« Par la marche, la nature nous rend ce que la société nous a confisqué : notre complétude. Notre culture de l’immédiateté et l’ultra-réactivité nous amènent à n’être plus présent à rien. En marchant, on se replonge dans le temps de la nature, de l’univers et du cosmos. Le temps de la vie. Et on se reconnecte à soi-même.»

Puis elle ajoute que : 

« Nous sommes des êtres complets. Notre proximité avec la nature nous amène à le ressentir profondément alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu’il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets. »

Vous apprendrez que :

« Tous les hommes sont reliés » 

Et que scientifiquement, cette intra et inter-lien entre les êtres vivants s’appelle le champ morphique, et qu’il a été découvert pas un grand biologiste Rupert Sheldrake. 

Vous comprendrez enfin qu’il faut vous connecter à vous-même afin de vous reconnecter au monde et aux autres avec la même bienveillance, la même authenticité. Écouter notre âme, tanguer avec elle, jauger ses battements et se laisser accompagner par elle. 

Tante Margie-Mentor vous apprendra bien d’autres choses. Et c’est bien là ce qui fait le trésor des romans de Laurent Gounelle, ils nous rappellent ce que nous avions oublié, ils nous guident vers quelque chose de plus vrai, avec douceur, au détour de quelques conversations savoureuses. 

Je m’écourte, mais avant, Bookiners que les rires ne visitent plus, vous rirez. Vous rirez de la colère de Ryan envers les hommes qui le pousse à créer « The Mineapolis Chronicles »: une chronique pour cons qui raconte la vie des cons, vous rirez de ses entrains, de sa folie, et de Gary le pâtissier qui est persuadé que lorsque les hommes sont gentils avec lui c’est qu’ils lui veulent du mal. Vous rirez avant de réaliser que les hommes tristes sont aussi les plus cyniques et les plus incompris. Vous rirez avant de leur tendre votre main compatissante, votre cœur bienveillant, jusqu’à leur apporter la tendresse et le regard doux dont ils manquent. Ah, je sens que vous avez entendu le mot tendresse Bookiners, et que ça vous intéresse ! La tendresse c’est cette caresse qu’on tend vers l’autre, comme une promesse de réconfort. Dans ce roman, la tendresse est là, partout, et elle vous embrasse chaleureusement.

Vous rirez Bookiners, avec dans le cœur la certitude nouvelle qu’il

« Vaut mieux allumer sa petite bougie que de pester contre les ténèbres. »

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Tatie Margie. 

Je vous laisse avec ces mots, et je vous souhaite une année haute en couleurs, celles du bonheur, une année au cours de laquelle vous apprendrez à vivre. Pour de bon. 

Doux baisers, 

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

Helena Rubinstein | Michèle Fitoussi

Helena Rubinstein | Michèle Fitoussi

Dimanche 13 août 2017, 11h00 

émoticône dialogue texto sms– Départ pour le Pays Basque chez avec Gus et son papa ! 9h de train dans ma tronche, devine qui j’emporte avec moi ? 

– Anima de Wadjiii ! 

– Bingo ! Et quoi d’autre ? 

– 45 kilos de fromage de chèvre, 350g de comté, et une botte de Cousteron. Même sans te voir, je sais aussi que tu as caché des bouts de pain dans toutes les poches de ton sac à dos Dora l’exploratrice, juste pour être sûre de ne manquer de rien ! 

– Ce n’est pas parce que mon sac à dos a eu le malheur d’être jaune que c’est un Dora !

– Le vrai problème, on en a déjà discuté, c’est pourquoi tu oses porter un sac à dos ? Dear Santa Claus, can you send me loads of money for Christmas so that I buy a brand new bag to my bestfriend please ?

– #dictator.com – T’es pas censée être au boulot déjà toi déjà? 

– Non, je commence à midi. Du coup avant mon shift, je discute un peu avec ma nouvelle mentore. Je prends note de son courage, de ses moments de désarroi et des bouts de sa vie. Comme des remèdes contre mes jours en détresse, lorsque l’envie de baisser les bras est plus lourde que le désir de réussir. 

– Mais tu l’as trouvée où cette nana, au resto? 

– J’aurais pu ! Je te présente Héléna Rubinstein ! Je connaissais déjà de nom ses cosmétiques, mais sa vie est un autre délire. C’est un manuel de courage, une trajectoire hors-norme anti-fatalité, un guide pour tous ceux qui, comme moi, cherchent désespérément de LinkedIn à Tinder en passant par Facebook, un ou une mentore qui vous apprendra à vous battre et à forcer les portes du destin sans relâche, lorsque tout semble indiquer qu’elles seront fermées à jamais.

– Oh lala ! Tu me parles là ! Pssst pssst, Bookiners, je crois que Peanut Tatiana a une pépite à nous partager et une mentore à nous prêter. Nous t’écoutons honeymoon !

Mes jolis Bookiners fatalistes, Bookiners qui manquez de confiance en vous et enfin Bookiners qui cherchez un mentor, venez ! Oui oui venez tout près de moi, non, pas si près, oui, voilà, comme ça. Respirez. Ready ? Go ! 

Polonaise – Chopin

25 décembre 1872. Pologne. Cracovie. Kazimierz. Bourg juif, orthodoxe et misérable, dans lequel l’antisémitisme sévit encore, parfois. Les rues sont jonchées de débris, d’ordures et d’odeurs. L’hiver, « le froid vous saisit le corps et l’âme, les murs s’effritent sous l’humidité, la grisaille enveloppe la ville d’un halo triste ». C’est là que Chaja Rubinstein naît. Précédant ses huit sœurs cadettes. Elle naît là, dans une famille juive aimante mais pauvre et austère. Ses parents très croyants et pratiquants sont persuadés que le destin d’une femme s’accomplit dans le mariage et la maternité.  Si elle avait cru en la fatalité, Chaja ne serait jamais partie à la conquête de son empire, de sa légende, seule à 24 ans, en direction du Nouveau Monde : l’Australie. Elle aurait croupi là, à Kazimierz, à marmonner que les dés étaient lancés, que de toute façon elle n’était pas bien née. Et pourtant, la fatalité, même son prénom l’a déjouée. Direction l’Australie, Chaja décide de se rebaptiser Helena, Juliet, Rubinstein. 20 ans. L’ascension est en marche.

Bookiners, Helena Rubinstein sera votre mentore, comme elle est devenue la mienne car lire sa biographie, c’est apprendre de ses réussites, de ses erreurs et de son courage. Lire sa vie, c’est y puiser les préceptes de la persévérance. Michèle Fitoussi nous fait part de tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle a cherché, trouvé sur cette femme au destin hors du commun. Et de son destin, et de ses trouvailles, on en apprend sur tout: sur la vie, l’industrie de la beauté, le story-telling, la publicité, les médias, la ténacité, la réussite et l’envers de son décors. 

Je vous vois, Bookiners fatalistes et Bookiners sans confiance, rouler vos yeux, incrédules, en rouspétant dans votre barbe qu’elle a eu de la chance, que ça n’arrive qu’à une personne sur un million, qu’elle était exceptionnelle et que vous ne l’êtes pas… Je vous répondrai fermement mais avec bienveillance que seule une personne sur un million trouve le courage, la confiance et l’audace d’aller côtoyer l’impossible. Seule une personne sur un million décide, sans un sou, de tout quitter: sa famille et sa sécurité psychologique, émotionnelle et géographique afin de saisir son destin à deux mains. Faites le choix du courage et vous serez vous aussi cette personne, j’en suis sûre. Je vous dirai ensuite qu’Helena n’a pas attendu que la chance se présente à elle, un soir, dans son lit, elle a cru en sa chance toutes les fois où celle-ci lui faisait faux bond. Puis elle l’a saisie en regardant le destin droit dans les yeux. Ah, vous faites déjà moins la moue. 

En fait, Bookiners, c’est simple, je crois. La fatalité a le pouvoir qu’on lui donne. 

Bon, reprenons dès le début. Helena naît donc dans ce bourg pauvre de Kazimierz. Elle a soif d’autre chose, mais ne sait pas encore la forme qu’elle prendra. Elle se sent différente. Elle étouffe dans ce monde qui la désespère. Alors elle part. Pour Vienne d’abord, chez sa tante, où elle vendra des manteaux de fourrure. Elle y reste deux ans, mais elle sait. Elle sait que vendre des fourrures n’est pas son destin – il n’est pas celui qu’elle s’est choisi. Alors elle se décide à partir pour l’Australie rejoindre une cousine et un oncle pour quelques temps, avant de reprendre le chemin de sa légende. 107 Whyte Street. C’est l’adresse de cette maison de briques australienne dans laquelle elle habitera et travaillera dans le bazar de son oncle. Son paysage ? « Des moutons, à perte de vue ». Coleraine, c’est l’enfer sur terre. 

« A bientôt 27 ans, elle a tout raté se dit-elle, parfois quand le désespoir la submerge. Elle n’a pas suivi d’études, elle ne s’est pas mariée, elle travaille comme une brute pour gagner le moindre shilling. Son existence est vouée à l’échec. Voilà. Pour autant, pas question de retourner en arrière. Être taxée de lebish, de perdante. Jamais ». 

Echouer n’est pas une option.  Alors, Helena décide de se battre, jusqu’au bout. Vous voyez, elle aussi doutait. D’elle-même, de son destin, de tout. Souvent lorsque l’on manque de confiance en soi, on pense être né avec. On pense qu’il y a ceux remplis de confiance en eux, et les autres. Mais la confiance se cultive. C’est un combat de tous les jours. Se rappeler qu’on vaut quelque chose, se rappeler que la vie ne nous décevra pas, c’est la moitié du chemin, la moitié de la bataille. 

Un soir, Helena a une idée. Sa peau diaphane et laiteuse, toutes les femmes de Coleraine l’apprécient et l’envient. Cette peau, elle la tient de sa famille, bien sûr, mais surtout, elle l’entretient tous les jours avec les pots de crème que sa mère lui a donné avant son départ. Et si ? Et si elle fabriquait elle-même cette crème magique ? Elle décide de quitter le bazar de son oncle pour travailler pour le pharmacien de l’autre bout de la ville, à Sandford. Le jour, elle vend des produits pharmaceutiques, le soir, elle lit les traités scientifiques que lui conseille le pharmacien et prépare des mélanges de crème afin de reproduire celle de sa mère.  

Ah ! Exceptionnelle vous disiez ? Oui, c’est vrai.  Exceptionnelle parce qu’elle ne s’est pas laissé le choix d’être moins que ça. Alors elle travaille. Sans relâche. Et chaque fois qu’elle baisse les bras, qu’elle pense avoir tout raté, elle se rappelle que se battre, c’est le début de la victoire. Alors elle recommence, jour après jour. 

Je sens que vous misez davantage sur l’exception d’Helena que sur sa persévérance. Si je vous disais que ma maman, à 23 ans s’est mise à rêver de devenir notaire ? Et qu’elle n’avait pas le bac? Et qu’elle vivait au Cameroun? Et qu’elle était mannequin? Et qu’on lui riait au nez lorsqu’elle esquissait ses ambitions? Si je terminais cette histoire en vous expliquant qu’à 28 ans elle est arrivée en France, avec les économies que son grand frère lui avait données, et qu’elle a repris ses études? Le bac. Puis la Licence. Puis elle m’a eue. Alors elle a arrêté. Puis à 40 ans, ses trois enfants dans les pattes. Elle a recommencé. Master 1. Puis 2. Et à 45 ans, elle est enfin devenue celle qu’elle s’était rêvée d’être. 

Ah, je vous sens plus attentifs ☺️. Maintenant, Bookiners, je vous demande de miser sur vous, non plus sur cette fatalité qui n’existe que dans votre tête. Et quand parfois vous perdez le sens du pourquoi, l’espoir et l’envie, relisez la biographie d’Helena, elle vous dira à nouveau que rien n’est jamais perdu tant qu’on est encore vivant. 

Bookiners qui voyagez peu, Bookiners qui désirez comprendre ce monde qui vous échappe, je sens que vous vous sentez laissés de côté ! Mais non pas du tout ! Je suis là. Avec cette biographie, vous voyagerez au cœur de la vie fascinante, palpitante et fastueuse de « Madame », de ses 24 ans jusqu’à sa mort, à 93 ans. Ce n’est pas tout, vous partirez de la Pologne jusqu’aux contrées australiennes sauvages et rustiques, en passant par l’éclatante Brisbane, la cosmopolite Sydney dans les années de la libération des femmes dès 1902, lorsqu’elles obtiennent le droit de vote. Ensuite, vous traverserez Londres, l’euphorique, émancipée de ses années d’austérité Victorienne où « le maquillage, les talons hauts, les hanches rembourrées et toutes sortes d’artifices étaient punis par la loi pour sorcellerie ». Ah, et Paris. Le Paris des années folles, les années graves, les années de guerre, entre Coco Chanel, Cocteau, Balmain, Poiret et Schiaparelli. Et enfin, New York, New York ! Le début du 20ème siècle est un siècle bouillonnant dans lequel s’édifient les fondements de notre siècle à nous : la mode devient un pied de nez à l’adversité, la consommation s’envole, la publicité explose, les femmes commencent à s’imposer, en 1909 le pantalon n’est plus illicite en France pour les femmes, Judith Gauthier devient la première femme à l’Académie Goncourt, 35 ans plus tard Hélène Lazaroff lance le magazine ELLE. Bref, avec ce livre vous traverserez les époques et les modes, vous comprendrez davantage sur quoi repose notre culture du beau, notre industrie du luxe, et notre féminisme. 

Je me tais pour de bon. La biographie orchestrée par Michèle Fitoussi est millimétrée, documentée, riche et magistrale. On voit tout, on apprend de tout, on comprend beaucoup de choses. Même les destins extraordinaires ont leur part de tragédie, leur cortège de malheurs et rien ne vous sera épargné, là n’est pas la question. Car si on ne peut pas tout contrôler, tout orchestrer de son destin, il y a bien une chose qui ne tient qu’à nous : se battre jusqu’au bout. 

En avant, marche ! 

Doux baisers doux Bookiners, 

 

 

La différence invisible | Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

La différence invisible | Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

Lundi 24 juillet 2017, 12h20

– Alors bébé c’était comment ton premier jour au resto le Mini palais ? 

– Le Mini Palais, mon ange, c’est l’armée. Lorsque j’ai le malheur de marcher un  peu plus lentement qu’il ne faut, le directeur me prend par le tablier, table du poing jusqu’à en perdre ses lunettes, et ensuite, il me donne un avertissement. Au bout de 3, mes jours de repos de la semaine sautent. Ce n’est pas une blague. Aujourd’hui, j’ai bossé de 9h à 19h30 avec 25 minutes de pause. Mes Repetto sont déchirées, je ne sens plus mes orteils et mes plantes de pieds crient « à l’aide ». Pour me détendre, j’ai installé Tinder. Depuis, j’ai les larmes aux yeux. C’est comme si on avait regroupé sur la même plateforme tous les chacals en chaleur de l’humanité. Je me sens pas bien, je t’assure, ça me fout le cafard. 

– 😂  En même temps tu t’attends à quoi en allant sur Tinder ? A trouver un mec inspirant qui te fasse vibrer, frémir, pétiller, aimer? 

– Bah, en réalité, oui, c’est ce que je pensais. Si ça continue, à ce rythme je n’aurais jamais d’enfant avant 35 ans. Alors que moi, je fais une joie d’être maman, quoi. Mais là, time is running out, mes hormones vont décrépir avant que je leur en donne mon autorisation, et mes futurs bébés ne vont pas être jojos. Un oeil en trop, 7 doigts, 3 paires de fesse et le sourire de travers, t’imagines? Olala, je me sens pas bien. 

– Tu sais que si tu as un enfant moche, tu ne t’en rendras pas compte. 

– Bullshit. Je suis sure qu’un parent sait. Maman par exemple, quand je m’enlaidis, elle me prévient. Donc trust me, les parents savent. 

– Mais, si tu as un bébé moche tu l’aimeras quand même non ? 

– Oui, oui, bien sûr, mais c’est pas moi le problème, c’est les autres. Moi je lui donnerai tout mon amour à mon baby, pour sûr. Mais les autres? Bon, il va s’en dire que si quelqu’un me supplie de prendre mon bébé moche, je le lui donnerai, hein? Ahahaha! Non, non, je plaisante! 

– Tu es monstrueuse 😂 !!! Non mais sérieusement, ce qui me fait vraiment peur à moi, c’est d’avoir un enfant handicapé. Je vois ma tante avec mon cousin de 15 ans qui a un léger retard mental, c’est un boulot à plein temps on ne se rend pas compte. Le plus terrible, c’est qu’elle est tout le temps inquiète pour lui: est-ce qu’il saura vivre seul un jour ? Est-ce qu’il connaîtra l’amour? Est-ce qu’il pourra être heureux ? 

– Ne m’en parle pas, j’y pense très souvent, ça me donne la chair de poule. Comment peux-tu continuer à mener ta vie lorsque celle de ton enfant, celui ou celle à qui tu as donné la vie est tendue sur un fil, vulnérable et fragile? 

– C’est sûr que ta vie bascule, forcément. Tu sais qu’il y a encore des handicaps méconnus ou peu reconnus en France, je te raconte pas le combat que les personnes concernées doivent mener pour se faire accepter. 

– Ah ouais, genre quoi ? 

– Ben genre des handicaps (presque) invisibles : je viens de lire une super BD écrite par une jeune fille atteinte du syndrome d’Asperger, c’est une forme d’autisme, et elle n’a été diagnostiquée qu’à seulement 27 ans !! 

– Ah bon ? Mais attends c’est quoi le syndrome d’Asperger ? Si elle a été diagnostiquée si tard c’est qu’elle ne devait pas vraiment en souffrir, si ? 

– Si justement. Le mieux c’est que je vous raconte cette BD, à toi et à nos Bookiners. Elle m’a aidée à comprendre certains esprits meurtris, fatigués de devoir s’adapter à ce que la société impose comme une vérité absolue, un comportement à adopter. Ca ouvre les yeux, à nous tous, et ça vaut pour tout le monde.

– Les Bookiners et moi t’écoutons mon ange.

Pour découvrir cet ouvrage, je vous propose d’écouter ce morceau de Jon Brion. La douceur de ses notes est à l’image du cocon dans lequel Marguerite ne peut s’empêcher de se réfugier pour échapper au monde qui l’effraie. 

Theme – Jon Brion 

Au premier abord, rien ne distingue Marguerite des autres. Mieux : elle a tout pour elle : jolie, embauchée, maquée, elle ne manque de rien. Pourtant, Marguerite se sent depuis toujours différente, décalée du monde qu’elle observe sans s’y sentir à sa place. Ses gestes sont répétitifs, proches de la manie, les bruits du quotidien l’agressent, les discussions ou les rencontrent l’angoisse intensément. Pour tenir, Marguerite a besoin de repères, d’habitudes. Elle ne respire que lorsqu’elle est chez elle, dans son cocon, en compagnie de son chat, son chien et de ses livres (tiens tiens, alors comme ça, les livres réconfortent?!). 

Parce qu’elle pense ne pas avoir le choix, Marguerite ne s’écoute pas. Pendant 27 ans, elle s’efforce d’être celle qu’elle n’est pas vraiment. Pour faire comme les autres, la jeune femme se force à sortir pour faire plaisir à son copain, à travailler dans la souffrance, à faire comme si de rien n’était. Pour rentrer dans le rang, elle met de côté ses aspirations profondes, ses vrais désirs, ses grandes envies. Sauf que Marguerite s’épuise. Son coeur est en mille morceaux. Bookiners qui perdez de vue vos rêves, vous qui repoussez d’un revers de la main le chemin que vous indique votre coeur, vous qui faites taire le petit enfant au fond de vous qui s’égosille pour vous rappeler qui vous êtes, lisez vite cette BD. Elle vous aidera à ouvrir les yeux, elle vous apprendra à être en accord avec vous-même. Sachez que personne ne peut être en résistance avec soi-même éternellement. Nul n’est censé l’ignorer, et pourtant combien de gens se trompent de vie ? Combien de personnes vivent la vie que l’entourage lui a voulu ? Combien d’individus connaissent des craquages existentiels ? J’en ai connu un bookiners, je ne le souhaite à personne, mais j’ai eu la chance de connaître cette dépression à 24 ans. Comme un rappel à l’ordre, mon corps, ma tête, m’ont remis sur les bons rails de la vie avec la littérature. 

Marguerite consulte plusieurs médecins pour tenter de comprendre ce qu’essaie de lui dire son coeur. Elle découvre que le handicap s’est invité à sa table. Marguerite est diagnostiquée autiste Asperger. Les symptômes de ce handicap correspondent à tous les facteurs qui rendaient la jeune fille absente et différente de son monde. Non, ce diagnostic n’est pas un drame. Au contraire, cette nouvelle est un grand soulagement pour Marguerite, elle est le x qui manquait à l’équation, elle est l’autorisation (tant attendue) d’être enfin elle-même. 

Bookiners handicapés, bookiners confrontés au handicap. Comprenez grâce à cette BD que loin de n’être qu’un facteur de marginalisation, l’autisme Asperger (et peut-être d’autres formes de handicaps) peut être bien vécu par celui ou celle qui l’accepte. Accepter son handicap signifie, dans le cas de Marguerite, avancer avec ses forces et ses faiblesses, ne plus se plier aux normes sociales qui la torturent, l’humilient, et la consomment à petit feu. Pour apprendre à s’écouter et à se préserver, Marguerite doit se battre. Car en France (contrairement aux pays scandinaves par exemple), il est encore très difficile d’être autiste: ses amis, son copain, son boulot n’y comprennent rien et ne cherchent pas à comprendre : si Marguerite a deux bras deux jambes, qu’elle sait parler, travailler et faire les tâches du quotidien, c’est que tout va bien. 

Marguerite ne baisse pas les bras, s’informe autant qu’elle peut sur l’autisme, elle se reconnaît chez d’autres gens comme elle, elle rencontre d’autres personnes plus ouvertes (comme la libraire qui lui a dessiné cette BD); elle se reconstruit pas à pas, apprend à se plaire à elle-même, et entreprend même de raconter son histoire à tous.

Pour vous, Bookiners en manque de confiance, cette BD saura vous parler et vous réconcilier avec vous-mêmes. J’ai été très émue par ce témoignage de courage, d’acceptation de soi, d’une identité propre. Cette BD est un vibrant plaidoyer pour toutes ces personnes, vous, nous, enfants, ados, adultes, considérés comme « différents » aux yeux d’un monde froid et plat. Qui que vous soyez Bookiners, vous avez toujours le choix de vivre la vie qui vous convient et de vous réconcilier avec toutes vos particularités. Ces particularités, cultivez-les, savourez-les, elles sont votre richesse, le monde serait bien triste sans elles ! 

Bonne lecture mes Bookiners,

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une | Raphaëlle Giordano

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une | Raphaëlle Giordano

20 Avril 2017, 9h45 

– Tragédie mon ange.

– Oh mon dieu que se passe-t-il ?

– Au bord du gouffre, au bout des mots.

– Ne me dis pas que tu as déjà mangé 45 cookies de chez Prêt-à-manger ou que tu es encore partie de chez toi sans culotte 😂 ?

– Pire. Je viens de commencer Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. C’est écrit dans un français du 22ème siècle. Bisounours et tutti quanti. Le monde va mal. 

– Ah oui, ce livre rose et bleu surmédiatisé ! Il me poursuit à chaque bouche de métro. Je n’en peux plus.

– Je ne l’ai pas acheté hein, je l’ai volé à ma sœur !

– 😂

– Bon, je vais le terminer en 2 heures, ça va être vite vu! A tutti mon ange.

– Ok. Je te préviens on arrête le sucre demain !

– Mais on est le 20. On ne peut pas arrêter au milieu du mois, c’est illégal. Commençons le 1er Mai !

– Ok! A tutti honeymoon.

20 Avril 2017, 22h00

– J’ai adoré. Wow. Ce livre, toutes les nanas devraient l’acheter, le surligner, le relire, et l’appliquer. Wow.

– #schizo.fr

– Hélo, je te jure que ce n’est pas une blague. Bon, je suis peut-être allée un peu vite en besogne. J’ai jugé le livre avant de l’avoir terminé et c’est mal. Alors oui, ce n’est pas de la littérature du tout. Parfois, on dirait que la nana a écrit dans ses toilettes. Mais c’est un livre génial. Nécessaire. Rassérénant. Important. Camille, le personnage principal, c’est toi, c’est moi, ça pourrait être nous tous et toutes, avec ou sans le mari et le bambin.

– Wow, tu me vends du rêve, ne nous déçois pas ! On t’écoute.

 

He still loves me – Beyonce & Walter Williams

Si vos rêves sont passés à la trappe dans les turbulences du monde, et les désirs des autres, Ta deuxième vie commence va vous guider vers le chemin qui mène à vous-mêmes et à vos envies les plus enfouies. Ne soyez pas gênés, ne soyez pas honteux mes Bookiners, s’oublier et oublier ses rêves, c’est la chose la plus facile qui soit. On trouve toujours une raison pour s’interdire d’être heureux. Vous savez, quand j’ai terminé mes études, j’avais peur d’assumer les rêves qui grouillaient en moi. Je ne voulais pas les entendre. Enfin, comprenez-moi, « qu’allais-je dire à mes amis Facebook? Et à moi-même aussi? ». Dans ma tête, Tatiana, diplomate, ça sonnait mieux que Tatiana, chanteuse qui essaie d’en vivre. Et puis, étudier la philosophie politique à Cambridge, ça donne libre champ à la société, à votre entourage et à votre ego de vous élaborer une carrière dans la diplomatie, la politique, les organisations internationales, « avec certitude ». Je n’ allais pas gâcher le rêve de mes parents, de mes amis et de mon ego, de faire de moi la version basanée de Christine Lagarde, si? Alors j’ai fait comme si. Jusqu’au jour où j’ai vacillé. Vertige. Arrêt sur image. Arrêt sur ambition. Comme Camille, notre héroïne, j’avais le vague à l’âme. Je souffrais, vous souffrez, peut-être aussi, de « routinite aigüe », parce que j’avais oublié mes rêves, ma raison d’exister.

Je ne connais pas votre âge, mais Camille, elle, a 38 ans. Consultante dans un grand groupe, elle a « tout »: un mari, un fils, un CDI, un appart, quelques amis et un prêt qu’elle a les moyens de rembourser. L’ Eldorado, quoi. Eh bien non. Elle n’est pas heureuse car elle ne vit pas ses rêves. Comme nous, comme vous peut-être, Camille a construit sa vie à travers les exigences et les désirs des autres, de la société, de sa mère qui l’a élevée toute seule et la voit un peu comme une revanche, et peut-être un peu de son ego. Et pourtant, au-delà de la perfection apparente de sa vie, quelque chose cloche: Camille a perdu son essence, son moi intérieur. Elle a cessé de s’écouter. Un soir, journée de merde, Camille se perd dans un village au bout du monde. Il faudra que sa voiture tombe en panne au fin fond de cette banlieue parisienne pour que Camille croise le chemin de Claude, et par la même occasion, retrouve le chemin de ses rêves enfouis. Si vos rêves sont passés à la trappe dans les turbulences du monde et les désirs des autres, ce livre vous ouvrira les yeux, les oreilles et le coeur. Il vous donnera la force qu’a trouvée Camille pour embrasser ses aspirations d’enfant. Je ne vous donne pas tous les détails, mais si Camille a changé de vie, vous pouvez vous aussi changer la votre. Pour ça, Claude va vous guider

« Nous sommes ce que nous répétons sans cesse »

Oui, car si vous désirez un mentorClaude Dupontel, le père spirituel de Camille, se fera un plaisir de vous aider à retrouver le chemin du bonheur. Claude est « routinologue », donc, les cas comme vous, nous, ça le connait. Et il est passé par là, lui aussi, la vanité, le bonheur qui sonne faux, les rêves qu’on étouffe, les sourires lasses et le désespoir morne. Il a changé de vie lui aussi. Je vous préviens Bookiners, Claude, c’est tout un programme! D’abord, vous allez lister ce que vous désirez changer dans votre vie. Tout. Les petites choses, comme les montagnes. Comme moi, vous allez tout vivre avec Camille, entendre la voix chaude de Claude écarter vos doutes et vos peurs, appliquer ses techniques, rire avec lui, renaître. Dans cet élan, vous allez aussi apprendre à vous regarder, à vous écouter, à vous aimer.

« Le changement est une porte qui ne s’ouvre que de l’intérieur »

Si votre confiance en vous s’est égarée et que vous n’aimez pas beaucoup votre joli corpsClaude va vous montrer comment faire. Premièrement, regardez-vous avec gratitude. Puis apprenez à vous sourire de l’intérieur et à vous apprécier. Vous allez voir, ce sera Saturday Night Fever dans l’estime de vous-même! Votre corps vous dira « merci » et le regard des autres deviendra bienveillant, attiré par votre aura. Ensuite, si vous voulez changer des petites choses en vous, il va falloir les changer une fois pour toutes! Claude n’aime pas les va-et-vient. Perdre ses kilos en trop, oui! S’en plaindre en mangeant des Kinders Bueno à chaque pause, non! Vous comprendrez d’ailleurs que tout ça, les kilos, les cicatrices, les ridules, c’est secondaire. Ce qui est primordial? Le regard que vous posez sur vous et l’énergie que vous dégagez. Claude vous fera faire le test, vous allez vous surprendre!

Dois-je préciser que si vous cherchez le soleil comme on cherche l’espoirTa deuxième vie inonde de soleil. Ce livre est un manuel de vie et d’espoir. De changement de vie. C’est un livre pour ceux qui croient être dans une impasse, pour les moroses, pour ceux qui respirent en apnée et pour tous ceux qui veulent donner un sens à leur existence.

Si je pouvais vous offrir un livre, croyez-moi, celui-ci serait dans le Top 10. Il serait une piqûre de rappel à ceux qui doutent et qui s’oublient. Les rêves ne sont pas faits pour dormir debouts, mais pour être réalisés. Et c’est important de toujours s’en rappeler, de se battre tous les jours pour qu’ils s’immiscent dans notre réalité et qu’ils deviennent « notre » réalité, car, comme dirait Claude et l’Abbé Pierre:

« Nous avons autant besoin de raisons de vivre que de quoi vivre ».

Lisez-le mes Bookiners, et dites-moi comment il vous a aidé. J’ai hâte de lire l’émerveillement dans vos mots doux.

Tendres baisers,

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand marin | Catherine Poulain

Le grand marin | Catherine Poulain

Dimanche 28 mai 2017, 19h18

– Chat ?

– Oui bb, je n’ai pas beaucoup de temps pour t’écrire je dois réviser mes oraux de demain.

– Tu n’as jamais rêvé de tout plaquer, de partir au bout du monde, seule, loin de tout?

– Mmmh là je suis seule à Madrid pour passer mes exams, j’en ai déjà marre.

– Non Tatoo, je te parle vraiment de partir loin, très loin de chez toi, pendant longtemps, peut-être même toute ta vie. Tout laisser derrière toi et repartir à zéro. Renaître.

– Tu es en train de m’annoncer quelque chose là? Oh my God tu m’emmènes avec toi j’espère ? On va faire un énorme pot de départ yeay!!

– Mais non, tu sais bien qu’aujourd’hui je suis incapable de partir à plus d’un kilomètre de chez moi 😐. Mais j’y pense quand même parfois. Je me demande si je ne serais pas plus heureuse ailleurs, loin de tout, loin de ma vie. Je me demande quelle personne je serais si j’étais au bout du monde, à complètement changer ma vie, avec des gens, une culture, que je ne connais pas.

– Let me guess : tu viens de lire un bouquin inspirant?

– ☺️ Tu me connais si bien. Je viens de lire Le grand marin de Catherine Poulain, et c’est vrai qu’il m’a pas mal fait réfléchir.

– Ah j’ai entendu parler de ce bouquin je voulais le lire! Il va me plaire tu crois ?

– Mmmh il faut que je t’explique. En fait j’ai un peu peur de te parler du thème du livre, je sais que tu vas pouffer de rire tellement ça n’a aucun rapport avec ce que tu aimes.

– Oula, c’est moi qui ai peur là, vas-y fais-moi rire, ça parle de quoi, d’aviation ? de football? de figurines ? 😂

– En fait, c’est l’histoire de l’auteur qui, à vingt ans, décide de plaquer sa vie en France pour aller vivre en Alaska.

– Jusque là tout va bien…

– C’est là que ça se corse. Elle a décidé de partir en Alaska pour… pêcher la morue noire, le crabe, et le flétan. Le livre parle essentiellement de ses jours et de ses nuits sur le bateau de pêche 😂

– Hahahahahahahahaa hélo j’arrive plus à respirer 😂Mais pourquoi tu as lu ça ? Et surtout pourquoi tu m’en parles ?

– Déjà, parce que la narratrice mange tout le temps du pop corn comme toi. Ensuite, si je dois bien avouer que les techniques de pêche et la découpe du flétan ne m’ont pas transcendée, la force et la philosophie de la narratrice m’ont impressionnée. Je pense surtout que ce livre peut faire voyager et rêver nos bookiners. Je crois que ce bouquin est important pour ceux qui n’osent pas vivre la vie qu’ils veulent.

– Ah alors tu peux m’en parler, ça m’intéresse. Mais tu as intérêt à bien me le vendre pour que les bookiners et moi le lisions 😂. Comment tu sais que je suis en train de manger des pop corn d’ailleurs?! Je me remets à bosser, je te lis après si je ne m’endors pas sur mes fiches 😘

Conquest of Paradise – Vangelis 

Si vous voulez voyager, partir tout au bout du monde là où personne ne viendra vous déranger avec le dossier à rendre demain ou le dîner à préparer, Le Grand Marin a été écrit pour vous. Ce livre, c’est l’histoire d’un élan vital, d’un amour pour l’océan, et d’un amour pour un homme. La narratrice Lili ne nous raconte pas pourquoi elle décide de plaquer sa vie en France. Ce que l’on sait, c’est qu’elle ne peut plus vivre là-bas. Elle ne peut plus vivre de malheur. Alors elle part. Peut-être pour toujours. Ce qu’elle veut, ce qu’elle doit faire, c’est vivre pleinement. Atteindre la frontière du monde. Elle choisit l’Alaska.

« C’est le bout. Après y a plus rien. Seulement la mer polaire et la banquise. Le soleil de minuit aussi. Je voudrais bien y aller. M’asseoir au bout, tout en haut du monde. J’imagine toujours que je laisserai pendre mes jambes dans le vide… Je mangerai une glace ou du pop-corn. Je fumerai une cigarette. Je regarderai. Je saurai bien que je ne peux pas aller plus loin parce que la terre est finie. (…) Après je sauterai, ou je redescendrai pêcher. »

La philosophie du roman est très belle. C’est dans la pêche et dans l’effort que Lili se découvre, qu’elle se dépasse, qu’elle se surpasse, qu’elle vit. La pêche en Alaska est un monde brutal, sans sommeil, sans confort. Mais l’auteur tombe amoureuse de l’océan, du bateau le Rebel sur lequel elle embarque, de son équipage pourtant rustre. Pour la première fois de sa vie, elle se sent à sa place. Ce nouveau monde est le sien.

« On m’avait donné un bateau pour que je me donne à lui. J’étais du voyage et l’on m’avait jetée en route. J’étais revenue d’un monde de rien où tout s’éparpille et s’épuise en vain. (…) Ils étaient vivants, eux, et le sentait à chaque instant. Ils étaient dans la vie magnifique, luttant corps à corps avec l’épuisement, avec leur propre fatigue et la violence de l’au-dehors. »

Si votre confiance s’est égarée, si vous n’assumez qu’à moitié votre existence sur cette terre, alors apprenez à vous connaître et à vous montrer tel que vous êtes, où que vous soyez. C’est une des nombreuses leçons livrées par Catherine Poulain dans son roman. Car Le grand marin, c’est aussi l’histoire d’une femme dans un monde d’homme. Un monde rude, violent, plein d’alcool et de blessures. Seule face à tous, Lili fait preuve d’une force immense. Malgré les railleries, les bizutages, les remarques désobligeantes, c’est là qu’elle est le mieux, en accord total avec ce qu’elle est. Lili ne s’excuse pas d’être une femme, elle ne s’excuse pas d’être là. Quand, après s’être gravement blessée sur le bateau, la femme retourne sur terre, son esprit reste en mer. C’est là qu’est sa vie.

« J’avais trouvé mon bateau, plus noir que la nuit la plus sombre. Les hommes à bord y étaient rudes et larges, ils m’avaient pris ma couchette, jeté mon sac et mon duvet à terre, il criaient, j’avais peur, ils étaient rudes et forts, ils étaient bons, si bons pour moi, ils m’étaient tous le bon Dieu quand je levais les yeux sur eux. J’avais marié un bateau, je lui avais donné la vie. »

Si vous êtes fatalistes, si vous pensez que votre vie est écrite d’avance, inspirez-vous de l’expérience de l’auteur et respirez. Sa vie, Lili la dirige d’une main ferme, mais elle la vit comme une grande histoire d’amour. Ses mots nous poussent à réfléchir à notre propre existence. Où est mon Alaska? Où est ma place? Suis-je en train de passer à côté de ma liberté ? Cette femme est partie, elle a trouvé, elle ne reviendra plus.

Comme nous, comme vous peut-être, Lili avait perdu de vue ses rêves avant l’Alaska, mais elle a la chance de savoir tendre l’oreille au monde qui l’appelait. Elle n’a pas reculé. Depuis, elle chante la splendeur brûlante de sa vie. Elle va jusqu’au bout, tout au bout d’elle-même. La mort n’a désormais plus d’importance, puisqu’elle aura vécu. Par ses lignes, Catherine Poulain sème en nous des leçons de courage, de respect de soi. Sommes-nous aussi libres que nous le pensons ? Sommes-nous assez clairvoyant pour protéger notre individualité d’autrui? Ne sont-ce pas les clés pour rester en vie?

« Les contours fixes de ce monde nous les avons laissés à terre. Nous sommes dans le souffle, qui jamais ne s’arrête. La bouche du monde s’est refermée sur nous. Et l’on va donner nos forces jusqu’à en tomber morts peut-être. Pour nous la volupté de l’exténuement. »

C’est bien sûr dans cette volupté que l’auteur est disposée à rencontrer un autre amour : celui d’un homme. Avec Jude, avec Le grand marin, elle vit un amour maladroit, déséquilibré, intense. Car cette femme ne se perd jamais de vue, même lorsqu’elle est amoureuse. Elle ne disparaît pas derrière son couple. Elle est libre, jusqu’au bout. Mais si Lili s’arrête de courir, Lili meurt. 

« – Tu me laisseras partir? J’aime juste être libre d’aller où je veux. Je veux juste qu’on me laisse courir.

– Oui, bien sûr

– J’suis pas une fille qui court après les hommes, c’est ça que jveux dire, les hommes je m’en fous, mais il faut me laisser libre autrement je m’en vais… De toute façon je m’en vais toujours. Je peux pas m’en empêcher. Ca me rend folle quand on m’oblige à rester, dans un lit, dans une maison. Ca me rend mauvaise. Je suis pas vivable. Etre une petite femelle c’est pas pour moi. Je veux qu’on me laisse courir. »

Ce roman se lit comme une fable philosophique. Il m’a apaisée par sa poésie, sa justesse. Je ressors de cette lecture un peu différente, un peu plus sage, un peu plus souple. Je crois que ce roman doit être lu par vous tous, bookiners en soif de voyage, de rêve, de confiance.  Je vous laisse avec ces quelques lignes mes bookiners, peut-être vous mettront-elle sur la bonne voie de votre propre cheminement : 

« – Mais Joey, pourquoi vous courez tous, pourquoi on court ?

– Tout court Lili, tout avance. L’océan, les montagnes, la Terre quand tu marches… Quand tu la parcours, elle semble avancer avec toi et le monde se déroule d’une vallée à l’autre, les montagnes, puis les ravins où l’eau déboule et s’en va vers le fleuve qui court vers la mer. Tout est dans la course Lili. Les étoiles aussi, la nuit et le jour, la lumière, tout court et nous on fait pareil. Autrement on est morts. »

Une lecture musicale avant de partir ? 

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi | Laurent Gounelle

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi | Laurent Gounelle

Dimanche 7 mai 2017, 13h00

– Alors, raconte honeymoon, comment c’était hier ? T’as vu Arthur ?

– Hi mon Hélo ! Hier, c’était un carnage. Pire soirée de ma vie.

– Ah ouais ? Mais y avait bien Arthur, right ? Le mec que t’as rencontré il y a un mois, qui t’avait dit qu’il était fou de toi et avec qui t’as passé la meilleure nuit de ta vie ?

– Oui oui, il était là. Je te passe la partie – qui a duré 3 heures – où il ne m’a pas calculée de la soirée pour draguer tous les pays du monde, de la Chine, en passant par l’Australie, avec un stop au Pakistan. Je pense qu’il a bien du fricoter avec 25 nanas. Ce n’est pas une blague.

– Tu déconnes.

– Bien sûr que non. Heureusement que j’avais préparé le coup: la veille j’ai fait pression sur Martin pour qu’il vienne à la soirée. Il est arrivé au moment où j’allais baisser les armes et lancer mon mojito à la figure d’Arthur.

– Arrête.

– Je te jure. J’étais en train de devenir rouge de colère et bleue de tristesse. Et là, qui vois-je ? Martin, le plus hot de tous les meilleurs potes. Beau à gogo, et tellement bien fringué – par mes soins ! Quand Arthur l’a vu danser avec moi, il m’ a foncé droit dessus pour que je le lui présente. Enfin bref, le fin mot de l’histoire, Arthur a terminé de m’ignorer pour draguer une nana peroxydée aux cheveux frisés avec qui il a fait crac crac dans une ruelle lugubre, à 200 m de moi. 

– Tu-te-fous-de-ma-gueule.

– J’aimerais bien. Je suis rentrée en uber, en catastrophe, les larmes aux yeux, pensant être maudite en amour pour l’éternité.

– Bon, ça c’est faux, chaton, et tu le sais. S’il y a au moins une raison convaincante, c’est que tu ne risques pas de vivre pour l’éternité.

– Thank God que nous soyons mortelles, je te jure, ça me rassure!

– Ouais, enfin, fais pas trop la maligne.

– Nan mais aujourd’hui, ça va mieux. Pour me calmer, hier soir à 4h du matin j’ai relu des passages du livre de Laurent Gounelle dont je t’ai parlé la semaine dernière: Et tu trouveras le trésor qui dort en toi. Le titre est vraiment kitsch mais le livre est génial. C’est un livre que j’ai envie de faire lire à nos Bookiners, car il redonne tout entre les mains : l’espoir, la confiance en soi, les rêves, le rire, le spirituel. Tout. Il redonne tout, avec une extrême simplicité, une histoire qui fonctionne et des dialogues enrichissants, didactiques. Je pense d’ailleurs que c’est un livre que je vais relire souvent.

– Oh? Ok j’avais pas capté que c’était à ce point! Raconte ! Nous t’écoutons attentivement.

What a feeling – Irene Cara

Pour l’intrigue, la voici : Alice est consultante en communication dans une grosse boite, et elle excelle dans ce qu’elle fait. Son meilleur ami depuis l’enfance, Jérémie, a décidé du jour au lendemain de devenir prêtre à Cluny. Mais voilà, à part ses 12 fidèles quinquagénaires, ses messes n’attirent personne – bon, ça hmm, je comprends. A part quand je suis aux US, quand je vais à la messe, même la naissance de Jésus a l’air tragique, du coup, j’apporte des coloriages… Jérémie donnerait tout pour attirer davantage de paroissiens à ses messes afin leur partager la bonne nouvelle. C’est en l’aidant que nous sommes, nous lecteurs, plongés dans deux voyages importants : un voyage spirituel qui nous apprend, ou nous rappelle le pouvoir de l’homme et l’essence de son lien avec « le tout puissant » – qu’il s’appelle Dieu, Buddha, Shivah ou Tatiana😂  – et un voyage en nous-mêmes afin de redonner sens à nos rêves et de retrouver la confiance, l’espoir et le trésor qui dorment en nous. Alice promet à Jérémie de l’aider à trouver 300 nouveaux fidèles. Rien que ça. Comment ? En rappelant à Jérémie l’essence de sa vocation, l’élan de ses rêves, et en lui insufflant la confiance qu’il a perdue. Pour vraiment tirer des leçons de ce livre, il faut prendre la place tour à tour de Jérémie, puis d’Alice, puis de Jérémie encore, puis d’Alice et ? Lire attentivement les conseils du coach de motivation qui intervient dans le livre : Toby Collins, qui s’appelle dans la vraie vie, Tony Robbins. Oui, vous ne rêvez pas, LE Tony Robbins.

Si vous avez perdu l’essence de vos rêves, regardez-les à nouveau dans les yeux afin d’y trouver leur raison d’être. Parfois, quand on fait partie des courageux, on suit ses rêves coûte que coûte, jour après jour jusqu’à leur réalisation. C’est quand ils se mêlent au quotidien, à l’habitude et au désenchantement qu’on en perd l’essence, leur raison d’exister, ce petit quelque chose qui les rendait magiques. Ça m’arrive quelquefois. Si je désire être chanteuse, c’est pour faire vivre des émotions aux gens, les faire vibrer, rire, pleurer. Partager. C’est comme ça que je me sens à ma place dans ce monde, lorsque votre vie vaut plus que ma propre vie car j’existe avec et en l’autre. Pourtant, à force d’écrire des chansons, par amour et par nécessité, je finis par les écrire par habitude, et je perds le pourquoi écrire et son indicible élan vital. Etrange pour certain, Jérémie rêvait de devenir prêtre. De paroisse en paroisse, de bonnes nouvelles en nouvelles, et de discours en murmures, Jérémie a oublié cette énergie qui animait son rêve. Désormais, il prêche dans la monotonie et dans l’habitude. Alors, quand Alice assiste à une de ses messes, elle se demande si c’était vraiment à ça que ressemblait le rêve de Jérémie quand il existait seulement dans sa tête. La première question qu’elle lui pose à la sortie de l’église, par provocation peut-être, mais avec raison, c’est : « Pourquoi, pourquoi prêtre ? » « Pourquoi ce rêve ? ».  Répondez aux questions d’Alice mes Bookiners, elles vous aideront comme une boussole. 

Ce n’est pas tout, Alice soulève un autre problème avec les messes de Jérémie, ou plutôt avec Jérémie tout court: son manque de confiance en lui est si grand qu’il déteint sur ses propos, sur ses messes, enveloppés d’un halo sombre, de malaise et de mal-être. Dans ces circonstances,

« Comment Jérémie peut-il attirer les gens dans son église pour leur apporter une parole censée les illuminer s’il est lui-même si peu lumineux? » 

Si vous manquez de confiance en vous, en la vie, en vos choix, suivez Alice et Jérémie. Ils vous emmèneront à une des sessions de coaching du célèbre Toby Collins. Il vous apprendra plusieurs choses que je vous conseille de noter, appliquer, et relire, sans modération. Lisez: 

« Le manque d’estime de soi empêche d’accéder à ses ressources – intellectuelle, relationnelles, physiques etc. »

Ok, il n’a pas inventé l’eau chaude, c’est ça ? Je continue, vous allez voir, c’est pas mal! 

« C’est pour ça que l’hypnose a du sens, car elle permet d’accéder à un état modifié de conscience, un état dans lequel vous êtes libérés des freins de votre mental, de vos peurs, de vos doutes, si bien que vous avez pleinement accès à vos ressources. »

Mais si vous n’avez pas envie ou si vous ne pouvez pas faire de l’hypnose, voici une autre solution : le virtuel !

« Le virtuel a la même influence sur nous que le réel. La technique est de se convaincre de disposer des ressources nécessaires pour réussir les actions que vous n’osez pas entreprendre. Visualisez-les, et visualisez votre réussite, et vous réussirez. »

Apprendre à se faire confiance et à avoir confiance en ceux qui nous entourent, c’est aussi, par ricochet, apprendre à s’aimer. Pour cela, Toby a une solution! Il propose à Jérémie un exercice qui va défrayer la chronique chez les paroissiens de l’église de Cluny: tous les matins, Jérémie apprendra à se dire « je t’aime ». Et, toutes les semaines, il listera ses qualités, ses points forts, pour s’en rappeler dans les moments durs. Essayez, ça marche! 

Je ne vais pas vous raconter l’histoire entière, vous le savez bien. De même que je ne vais pas vous raconter ce voyage spirituel. La seule chose à ce propos que je vous dirai c’est que ce voyage m’a réconciliée avec la religion. En nous, il y a un mini dieu, cet autre moi, radieux, sans frein, aimant, ambitieux qui sommeille. Lorsque vous restaurerez cette confiance en vous que vous aviez perdue, vous restaurerez aussi cette unité entre les trois dimensions de votre être: l’intérieur, l’horizontal et le vertical. Et là, vous rayonnerez à 360°. J’ai hâte d’être éblouie et irradiée par les Bookiners solaires que vous allez devenir! En revanche, je vous préviens, quand j’ai trop chaud, je déambule toute nue.

Pour finir, parce que ma revue est bientôt finie, si vous ne riez plus mes bookiners, ce livre vous soignera, car il est drôle, si drôle. Il est drôle notamment quand Alice décide de relever tous les préceptes saugrenus de Jésus :

« Heureux quand on vous insultera, disait Jésus – Ben voyons, se faire insulter, c’est le bonheur non ? » « Quiconque s’élève sera abaissé. Tiens on dirait la dernière réforme du collège. » « Avant qu’Abraham fût, je suis. Oula, c’est comme Vianney Jésus, les conjugaisons c’est pas son truc ».

Mais le mieux, parce qu’il y a mieux, c’est lorsque nous, lecteurs, faisons la rencontre des « sublimes » Germaine et Cornélie. Les dialogues de ces deux folles sont des masterpieces à crouler de rire, mais là encore, je vous laisse les découvrir. 

Et l’espoir? Oui, je ne vous ai pas parlé d’espoir. L’espoir se délie tout le long du livre, le leur – celui des personnages – et le vôtre. Parce que lorsque vous comprenez le sens de vos rêves, et le sens de votre être, vous ne pouvez plus jamais perdre espoir. Je compte sur vous pour l’enfermer dans votre coeur comme une pierre précieuse. 

Allez, je vous largue. Je m’en vais faire quelques abdos, Bookiners. Je vous avouerais que j’ai mangé 43 cookies ce matin parce que c’est bientôt la fête des mères. Donc, je voulais être sûre que maman les aimerait aussi si je les lui achetais. Bref, j’ai terminé les 4 paquets d’une traite. La nourriture, c’est la seule chose pour laquelle j’ai un train d’avance. N’en parlons plus, c’est gênant.

N’hésitez pas à acheter ce petit bonheur, si vous avez perdu vos rêves, votre espoir, votre joli sourire ou autre trésor. Et si après ça, toujours rien, passez-moi un coup de fil ou un savon! 

Je vous bizute tendrement mes bookiners.