Paris Venise | Florent Oiseau

Paris Venise | Florent Oiseau

Jeudi 21 Juin 14h30, chez East Mamma avec Louis, un ami dont j’ai été folle amoureuse pendant nos années prépa. Nous discutons d’amours, les siens et de CDI, celui qu’il vient de décrocher ; quand Peanut Héloïse, en voyage pour la Russie, m’assaille des sms les plus drôles du weekend ! 

émoticône dialogue texto sms– BB envoie moi un #RIP je perds la boule et la sérénité – mon voyage en Russie s’annonce comme une sombre histoire 

– Oh mon dieu, j’hésite entre l’angoisse et les rires aux éclats.

– Tu-vas-chia-ler. 

– Raconte ! 

– Après que Vueling, cette agence de merde pas fiable pour un sous, nous ait annulé notre vol la veille de notre départ, ils ont fini par accepter de nous replacer sur un autre vol avec correspondance, sans frais, parce que je les ai menacés avec ma carte de presse donc ils ont un peu flippé. Et là, devine ? 

– Votre vol est parti en retard ? 

– Oui putain. Notre vol est parti 2h30 en retard. Donc je t’explique, ça veut dire qu’on avait déjà raté notre correspondance avant même d’être installés dans l’avion. Je suis en crise de nerfs rien qu’en en reparlant putain. 

– Ok. Inhale. Exhale. Et continue ton histoire. 

– Donc là, stp, je suis au bord d’un gouffre sibérien qui n’en finit pas de se creuser. Ecoute bien, on est dans un hôtel qui a oublié qu’hôtel et dépotoir n’ont jamais été synonymes. Il y a des sacs poubelles qui déambulent à la réception, et la peinture sur les murs est complètement écaillée. Evidemment, les photos du site racontent une toute autre histoire. Mais on appelle ça du storytelling n’est-ce pas ? 

– Mais bébé, change d’hôtel ! 

– Ah nan mais j’ai pas fini. Y a mieux ! On est censé avoir un air’b’n’b pour ce soir, mais figure-toi que l’hôte ne nous répond pas. Et là, on ne peut pas bouger d’hôtel car sinon, on perd la wifi, et avec elle, toutes nos chances d’air’b’n’b. 

– Oh fuck. Mon ange, je suis désolée. Bon, mange un kinder bueno. Dans une telle situation, tu as le droit à tous les écarts culinaires, je te le jure.  

– Je ne m’attendais pas à un pays aussi hard. Vraiment pas. Ils ne parlent pas un mot d’anglais et dès qu’on pose une question, on se fait agresser. J’ai jamais vu ça. 

– Bon mon amour, mets toi dans un coin sans déchets et fais un peu de sophro. Ensuite prends un roman doux qui te fait voyager loin. Et respire. Snapchat-moi dès qu’air’b’n’b  vous reloge. 

– D’accord mon amour. Merci. Ça va toi ? 

– Oui moi très bien, je suis avec Louis là. On se marre comme des fous chez East Mamma. Je lui lis des passages de Paris Venise : mon roman préféré de l’été 2018 !

– Ahahahahah, si tu le classes par saison, c’est pas bon signe ! 

– Nan nan, nan, hors-saison ça compte aussi ! Je l’ai A-DO-RÉ ! Coup de cœur estival ET hivernal ! Peinture sociale en catimini, légèreté profonde et des milliers de rires ! Des rires jusqu’à la belle étoile. C’est la folie cette humour désabusé, incisif et toujours tendre. Roman, le personnage principal complètement malmené par la vie. Au BDR le dude. Il est si drôle. Tout à l’heure, dans le métro, je me suis esclaffée en continu ! On dirait un film burlesque.

– Bon, toi au moins, tu voyages en sécurité, et tu te marres. C’est déjà pas mal. Moi je vais essayer de me calmer et je t’envoie une vidéo de notre flat tout à l’heure. 

– Ok mon ange. Courage. Et n’oppresse pas Gus avec tes humeurs, hein ? Ça va aller ! 

 

Bookiners, asseyez-vous comme vous le pouvez, serrez vous et déballez votre casse croûte, je vous emmène à bord de mon coup-de-cœur-quatre-saisons et à bord du train le plus en retard d’Europe : le Paris-Venise ! Ça tombe bien, l’été, on est moins pressé que d’habitude. Pour composter votre ticket de train, cliquez ici ! Vous l’aurez compris, Héloïse aurait mille fois préféré être avec nous qu’au Royaume de Poutine. Entre deux crises de nerfs, elle vous embrasse. 

Si vous ne le savez pas encore Bookiners, durant l’été, nos revues vont se faire plus courtes, plus intense et plus POP. Car même si nous avons plus de temps à tuer qu’en hiver, vous ne pensez qu’à vous dorer la pilule, et moi, je ne pense plus qu’à aller nager pour drainer mes gambettes. Alors, Peanut Booker, Héloïse et moi avons imaginé les Pépites de l’Eté sous 3 P : Pitch, Prescription et (Sneak) Peek ! Mais d’abord : musique !

Ed Sheeran – Bibia Be Ye Ye 

PITCH

Je vous présente Roman. Il est « hôtesse de terre ». Enfin, c’est sa tentative glamour à lui de vous expliquer qu’il bosse sur le train-couchette Paris-Venise. Entre deux gares et deux possibilités «celle d’un départ et celle d’une fuite ».  Et en plein dans le mille de toute la misère du monde, de ses petites combines et de ses grands destins. Roman, c’est un mec droit, simple, romantique et terriblement drôle malgré lui. Parce qu’il dit tout avec une objectivité déconcertante, qu’il monte en neige par une pointe de sarcasme qui frise toujours la désinvolture, Roman vous attrape d’abord par le rire, puis par le cœur. 

Il vient tout juste de décrocher son nouveau job d’hôtesse. Alors, il est plutôt content, surtout que sa dernière aventure professionnelle ne s’est pas terminée sous les meilleurs hospices. Lui, il vous dira dans le plus grand des calmes, qu’elle s’est terminée : 

« Comme une histoire d’amour : avec des regrets et quelques jolis souvenirs »

Mais en fait, il s’est fait virer. Il travaillait dans un hôtel et puis parfois, ses amis logeaient les dernières chambres vides quand ils avaient envie de conclure un rencard affriolant. Il pensait bien faire, Roman, en soi. Car il ne refuse jamais d’aider son prochain.  

Et puis l’heure du nouveau boulot arrive, et avec elle, commencent les voyages d’une gare à l’autre et les voyages initiatiques ceux qui défient nos idées fixes, nos préjugés, nos idéaux, ceux qui rendent amoureux aussi, et ceux qui font grandir. Ah oui car il y a Juliette. Belle comme l’avenir. Au regard aurore-boréale. Je ne peux pas tout vous dire, pour vous laisser découvrir. 

Mais voilà, sachez que Roman, notre picaro moderne, nous décrit les paysages ferroviaires et les réalités du monde, avec ses phrases-constats qui n’ont l’air de rien mais qui témoignent de tout, de l’absurdité un peu risible du monde, de la contradiction des français et des hommes, des inégalités un peu sournoises ici et là, et partout, et puis de nous, de nos vanités, de nos petits arrangements et de nos étranges travers. Ensuite vous agitez le shaker. Du haut vers le bas, de la gauche vers la droite. 

Et vous obtenez le cocktail ferroviaire le plus décapant de l’été ! Prochain stop, la libraire du coin ou Amazon ! GO GO GO READ IT !

PRESCRIPTION

Paris Venise est un roman ferroviaire et picaresque parmi tant d’autres choses, alors vous ne m’en voudrez pas si j’appelle en premier, puis en deuxième, les Bookiners qui ne voyagent pas vraiment cet été et ceux qui désirent comprendre le monde qui nous entoure. Bon, il faut que je  vous dise la vérité, vous allez visitez beaucoup de gares, vagabonder entre l’appartement de Roman et celui de son voisin Didier à Bondy – l’ami indésiré de Roman, mais aussi le personnage le plus boursoufflé jamais rencontré dans un roman, aussi drôle et attachant qu’éreintant ! Vous savez, votre grand oncle relou persuadé qu’il sait tout plus que vous parce qu’il a tout lu, vu et vécu, celui qui ne vous laisse en placer une qu’avec une tape un peu condescendante qui vous arrache l’épaule et la bonne humeur pour la semaine. Voilà, celui là. Bref, vous allez voyager, et si ce voyage ne rime pas avec plages, cocotiers et vahinés trémoussées, il rime avec regard. Ouvrir son regard et le poser sur une surface du monde inexplorée juste à côté de soi. Ouvrir son regard pour voir les destins malmenés, un peu ordinaires, un peu tristes et parfois drôles et rocambolesques d’une humanité qui vaut autant que la nôtre et ce même si elle travaille en train couchette, sert du proseco comme du champagne et des tablettes de Toblerone à cinq euros. Ouvrir le regard vers ceux qui galèrent mais qui sourient encore. Oui, Bookiners, vous allez voyager vers : 

« Ces bouts de campagnes qu’on ignore, ces endroits du monde entier où avoir des croissants chauds le dimanche et du porno en haut débit n’est pas une évidence absolue. Ces foyers éloignés des pantalons à pinces et de l’intolérance au gluten» 

Vous allez voyager et ouvrir votre regard vers les arrangements douteux de la petite misère, les grandes personnes qui galèrent et leurs petits destins, les aventures de terres et les mésaventures du cœur et avec ça, vous comprendrez une partie du monde qui vous entoure. Et parce que vous l’aurez compris, vous jugerez moins et passez une partie de son été avec un maillot de bain en plus et la camisole du juge en moins, c’est comme perdre 3 kilos en dévorant du chocolat : c’est la FO-LIE ! 

Je suis mignonne avec mes histoires de regard, mais ça n’aide pas les Bookiners qui ne rient plus ! Sauf si ? Sauf si je ne vous ai pas tout dit ! Whoop Whoop ! Parce que Paris Venise c’est le roman qui m’a fait le plus rire ces 6 derniers mois, et pourtant, je ne suis pas des plus difficiles ! Tout commence avec Roman, cet adulescent à la petite trentaine à la fois désabusé, dépité et super-lucide face au comique de sa propre existence et de l’absurdité qui l’entoure et le poursuit vous rendra hilare jusqu’aux Maldives. Je le laisse vous parler, vous allez chialer… de rire ! 

Lorsque son futur employeur lui demande comment s’est terminée sa dernière aventure professionnelle, Roman répond : 

« Comme une histoire d’amour monsieur. Avec des regrets et quelques jolis souvenirs. »

« En clair vous vous êtes fait virer ? »

« Oui. » 

Attendez, Bookiners, il y a mieux, je laisse roman vous présenter Didier… et Shirley. Prêts ?

« Didier, il savait des trucs. Il ne disait pas toujours d’où il les savait, mais le gars maitrisait ses sujets. Didier, ce n’était pas la peine de lui parler de poissons. Il en avait forcément chopé un plus lourd que toi. Si tu évoquais le moteur de ta bagnole, c’était pareil, le sien faisait le double, au bas mot. Mais en réalité, la seule chose que Didier avait de plus gros que les autres, c’était sa femme, Shirley. Une commode. Une commode, sans les tiroirs, ce qui permettait de ne pas se tromper au moment de ranger son chéquier. Shirley, ce n’était pas une marrante, mais elle avait au moins le mérite de rassembler les gens en faisant l’unanimité contre elle.»

Voilà. Net. Précis. Elimé comme une lame de rasoir. Incisif et percutant. De l’humour à l’Oiseau. Et moi, en le relisant, je chiale de rire. Encore ? Vous en voulez encore ? Ok, mais alors dernière complainte désabusée et hilarante que je vous offre ! Sinon vous n’achèterez pas le livre et vous feriez une erreur ! 

« En bas de chez moi, des femmes hurlaient en lingala, mais impossible de définir s’il s’agissait d’une dispute ou du récit d’un détartrage chez le dentiste ». 

Et l’amour dans tout ça ? Bookiners en panne d’un cœur qui bat chamade, et en panne de l’espoir qu’il batte encore, les péripéties de Roman vous dévoilera que tout n’est que question de regard, et d’audace. Parfois, on aime à côté de la plaque, et notre cœur s’emballe pour la mauvaise personne. Elle s’appelait Juliette, la sienne. 

« Et Juliette, elle était belle comme l’avenir. »

Et vous savez quoi ? L’essentiel après une déception c’est de laisser son regard et son cœur ouverts, et d’oser le découvrir, encore un peu, à l’imprévisible. 

Je vous laisse sur ces mots, sur ce suspense et sur ce conseil, car l’amour n’abandonne jamais tout à fait celui qui le tien par la main avec audace et sincérité. (Là, Bookiners, je vous imagine ouvrir vos grands yeux doux pour comprendre comment tenir quelque chose par la main avec audace et sincérité : tout est dans le toucher ! ahahahah !)

Magnanime, je vous donne quelques mots d’un texto de Roman à sa future dulcinée, et la réponse de celle-ci : 

«  Je m’étais promis de laisser passer au moins 48h avant de vous contacter, histoire d’avoir l’air occupé, mais je ne le suis pas, alors je me suis dit qu’on pourrait peut-être s’occuper à deux. Je voulais attendre 48h avant de vous répondre, mais le programme télévisé ne me dit trop rien ce soir. Je serai là dans une heure. »

Alors maintenant Bookiners, 

Osez !

Doux baisers, 

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

 

Comment papa est devenu une danseuse étoile | Gavin’s Clémente Ruiz

Comment papa est devenu une danseuse étoile | Gavin’s Clémente Ruiz

 Dimanche 28 Janvier, 14h42  au bout du rouleau à la gare de Lyon Perrache. Train en direction de Barcelone raté. Deux valises, un sac à main et un clavier piano pour bagages. #nervousbreakdownbonjour

émoticône dialogue texto sms– Le tirage au sort pour « Les Déraisons » vient tout juste d’avoir lieu mon ange, et l’heureuse gagnante est une Bookineuse fan de mots ! Je suis trop heureuse ! J’ai hâte qu’elle jubile de plaisir en lisant ce roman que j’aime tant ! 

– Pause mon chat, je suis au bout de ma vie, je viens de rater mon changement pour Barcelone et les agents de la SNCF se foutent de ma gueule au lieu de m’aider à trouver une solution. Je crois que je suis au bord de la crise de nerfs et le mot est faible. Rien que de penser à comment je vais l’expliquer à mes parents j’ai envie de sauter sur les rails. 

– OK. Respire. 1, 2, 3. Écarte toi des rails surtout, pas de faux mouvements, et va au Relay te prendre des Dragibus, des popcorns et des Pépitos. Aujourd’hui, c’est permis. Tout est permis, sauf de mourir. 

– Non je ne peux pas mon chat, j’ai une grosse valise bleue de 1,50m de hauteur, une mini valise rose où j’ai tous mes livres à lire du mois, un sac à main avec mon ordi, mes cours, mes billets de train que j’ai raté, un sac de voyage et mon clavier piano. Je trimballe tout ça seule avec moi donc chaque déplacement est un voyage de guerre. Les gens, au lieu de me proposer de l’aide, me dévisagent comme si je m’étais teint les cheveux en bleu et que j’avais des crottes de nez à la place du visage. Les français me dépassent, je t’assure. L’homme de ma vie sera madrilène et s’appellera Javier. J’ai hâte de me marier ! 

– Que fait-on de Benji Biolay ? 

– Écoute mon ange, Benji Biolay est encore fou d’amour de Chiara Panzani Mastroianni et je t’avouerais que mon seul rêve c’est d’être chanteuse, pas d’être la 7ème roue du carrosse. À 24 ans, c’est trop tôt ! Regarde son nouveau clip « Encore » qui vient de sortir sur Youtube. Tu comprendras de quoi je parle. Le mec est carrément en train de mimer ses ébats amoureux avec son ex-femme. Je n’ai aucune chance. 

– Ahahahahah !  Va pour Javier ! Ça me convient ! Alors pour ton train, que vas- tu faire ? 

– À part que je viens de perdre 150euros et que j’ai envie de me pendre, ça va. Résultat des courses, je vais prendre un bus de Lyon à Barcelone et ensuite le train en direction de Madrid. J’en ai pour littéralement 15h donc c’est un peu l’angoisse mais ça aurait pu être pire. Ce qui me déprime vraiment c’est que j’ai beau prendre en âge, je fais encore et toujours les mêmes erreurs, et je ne suis pas sûre de pouvoir vivre avec mon étourderie et mon inconséquence toute une vie entière. Je ne me supporte plus. 

– Ok honeymoon, prends un livre sympa et ludique et respire. Ça va aller. 

– Okok, t’as raison, a tutti mon ange. Et Merci. 

Dimanche 28 Janvier, 19h30

Bonsoir doux Bookiners. J’espère que votre dimanche était plus relaxant que le mien. Les montagnes russes indésirables, ça a ce quelque chose de pénible tout de même. Je viens tout juste de finir un roman léger et agréable comme une série. Vous souligner qu’il m’a apaisée lorsque j’étais sur les rivages de la syncope n’est pas peu dire. Ce roman que je vous présente sous peu n’est pas un grand roman de littérature avec des phrases envolées qui côtoient le sublime. Cependant, il fait sourire, il ravive l’enfant qui est en nous, et allume quelques étoiles dans le ventre. De douceur. Un peu comme un soap opéra qu’on regarde goulûment avec des popcorns et de l’excitation. Voilà. Il est comme ça ce Comment papa est devenu danseuse étoile, pétillant et rocambolesque comme l’enfance!  Et pour moi qui ne veut pas grandir, c’est une aubaine !  Si vous désirez déjà faire voler ce roman jusqu’à chez vous cliquez sur la couverture du livre juste en-dessous et vous pourrez le commander aussi rapidement que l’éclair. 

Bon. Venons-en aux maux ! Mais avant, Tada :

Take the A Train – Duke Ellington

Bookiners qui vous sentez seuls et/ou en mal de tendresse direction les Minchielli ! Dans cette famille au caractère bien trempé, vous peuplerez votre solitude de visages et d’histoires dont vous vous sentirez proches, entre la belle adolescente de 15 ans, Sarah qui dialogue avec ses écouteurs, le petit Paul de 13 ans qui vous regardera avec curiosité et tendresse, et puis la mère, au bord des nerfs, et puis le père, au bord du gouffre, et puis la grand-mère bavarde, nostalgique, solaire et incisive, et puis la vie qui se déroulera devant vous comme un parchemin de jolies péripéties. Oui, vous ne serez plus seul(e) car vous trouverez chez les Minchielli, une famille adoptive. Celle qu’on aime de tout son cœur et qui nous excède parfois un peu, justement parce qu’on l’aime. Et dans cette famille franco-italo-russe dans laquelle ce roman vous fera atterrir, la tendresse, vous l’aurez à toutes les sauces, de toutes les couleurs et de chaque hémisphère. Profitez, cela durera 216 pages ! Bon, je vous les présente ?

Dans la famille Minchielli, voici le petit Paul, narrateur adorable et attendrissant de 13 ans. Il vous accompagnera dans les sillons de toute sa drôle de famille avec toute la bienveillance et l’esprit dont il sait faire preuve. Paul, c’est un garçon déroutant, il a trois passions saisissantes : il adore compter, les arrêts de métro, ses pas dans la rue, l’écart entre les passages piétons, les boutons de chemises ; il est fou d’échecs auxquels il joue seul ou accompagné, puis enfin, il note tout : les visages, les mouvements, les sentiments, la vie. Sinon, il adore sa grand-mère, Maria. Une ancienne danseuse étoile russe du Bolchoï qui a tout quitté par amour pour un danseur étoile italien, Luigi Minchielli. Luigi qui s’enfuira lorsqu’il apprendra qu’elle est enceinte de leur fils. Luigi qu’elle aimera à la folie. Luigi dont elle a conservé tous les souvenirs, tout le bonheur. Luigi dont elle parle sans arrêt pour tuer son absence, tuer son aigreur et ne garder que le soleil de leur amour et l’espoir de son retour. Et puis Lucien, le fils qui a grandi sans père, Lucien qui n’a pensé qu’à ça avoir un vrai père, qui s’endormait en priant qu’il revienne, qui s’endormait vite comme l’éclair pour se retrouver avec lui dans les sillages de ses rêves. Lucien dont la maman ressassait l’existence et l’amour d’un père absent. Lucien et sa béance, orphelin d’un père qui a choisi de partir. Je vous laisse lire les mots de Lucien à son père, je vous laisse sa parole exprimer sa douleur, et peut-être un peu de la vôtre : 

« Toute ma vie papa, toute ma vie j’ai rêvé de te retrouver. Je n’ai pensé qu’à ça. Jour et nuit. Et quand j’étais petit, maman me lisait une histoire le soir, et moi, je n’avais qu’une hâte, c’était de m’endormir vite, vite, vite, et d’être avec toi, dans mes rêves. Et puis le matin, je me réveillais et j’étais toujours seul. Seul.»

Il y en a d’autres des personnages, des caractères survoltés de votre nouvelle famille mais je vous laisse les découvrir patiemment. Et les chérir d’avance. 

Mais voilà, que fait-on quand sa famille est mutilée? Quand son père décide de partir en Argentine pour vivre un amour frivole sans penser à ceux qui restent désemparés et détruits ? 

Bookiners pour qui la famille est une sacrée galère et un grand bordel, je vous laisse faire connaissance avec une autre famille qui vous ressemblera de près ou de loin, et qui vous fera comprendre, puis accepter les mystères, les silences et les mensonges de la vôtre. On ne sait jamais tout d’une personne. On ne sait jamais tout d’un départ, d’une pulsion, d’une tragédie. Et c’est peut-être pour ça, que votre étrange famille, il faut accepter de ne pas la comprendre intégralement, pour la comprendre enfin. Vous savez, c’est comme lorsque l’on se trouve face à un tableau désordonné, dont on accepte l’apparente inconsistance. Et que, par cette acceptation, au delà de la résignation et bien plus proche de la résilience, on finit enfin par comprendre ce tableau, son bordel, son trop-plein et ses non-dits car on les fait siens. Et c’est alors qu’on pardonne, car on accepte enfin l’inacceptable et l’inéluctable, l’inexplicable, le côté « tiens, prends ça dans ta gueule » de la vie. 

Alors, Bookiners pour qui pardonner est une drôle d’injonction, essayez d’accepter davantage de ne pas tout comprendre mais d’accepter quand même. Faites-le au moins pour vous seul. Il faut être égoïste parfois, pour avancer. 

Je ne vous dévoile pas tout alors je me tais bientôt, mais avant ça, je voulais vous dire que Lucien, vous savez le père de Paul et Sarah, et bien Lucien se retrouve au chômage du jour au lendemain. Licencié d’une société d’imprimerie dans laquelle il a gravi les échelons pas à pas. Et puis un jour, plus rien. Néant. Carton. Lettre d’Adieu. Silence. 1 an, 3 mois et 18 jours allongé devant la télé, avachi comme un coussin dégonflé, Lucien est immobile et apathique. Une larve paternelle. Et puis un jour, il décide, comme ça, pour rien – ou plutôt pour tout, mais je me tais – il décide de ressusciter et d’aller courir, tous les matins, comme un forcené. Puis il décide se mettre à la danse classique. Il décide de réaliser son rêve, celui de l’enfant qui a attendu toute sa vie, ou bien celui de l’adulte qui décide de reprendre les rennes de son héritage génétique et d’honorer enfin et son père et sa mère, en dansant comme une étoile. Vous savez enfin le pourquoi du comment de ce titre fantasque. 

Je m’en vais, en vous précisant enfin, Bookiners que ce roman vous fera sourire, oui, vous, Bookiners avares en contorsions buccales et en doux rires tendres, car il a ce quelque chose de cocasse et rocambolesque. Et j’ai souri comme une enfant, avec mes trois valises, mes Haribos, mes popcorns et mon piano, dans la gare de Lyon Perrache sur une chaise caca d’oie, en face des toilettes et des portes courant-d’air au froid indécent. Et j’ai souri et j’allais mieux. Et vous aussi, vous irez mieux. Et c’est comme ça, et c’est tant mieux. Et je m’en vais pour de bon. Mon bus pour Barcelone vient d’arriver, il est 21h15 piles et j’ai 15h de trajet qui m’attendent, mais je suis vivante, et vous aussi. 

Allez, dansons !

Doux baisers des étoiles, 

PS : si vous désirez commander ce joli roman feel good, go ahead, c’est juste en dessous ! Hourra ! 

 

Les déraisons | Odile d’Oultremont

Les déraisons | Odile d’Oultremont

Mercredi 17 janvier 2018, 17h29

émoticône dialogue texto sms– Bébé !! On se voit toujours demain ? 

– Hi my love, au moment même où je te parle, je suis en train de me sculpter un corps de rêve, les anges de Victoria Secret pourront aller se rhabiller. J’ai commencé le meilleur programme sportif ever. 

– Tout doux bijou, tu sais que je fais du yoga et du renforcement musculaire tous les jours depuis six mois, et mes cuisses ne ressemblent toujours pas à celles d’Adriana Lima. 

– D’accord d’accord mais… que manges-tu à côté ? 

– …

– Hahahahahah je meurs !!! Ton silence m’inquiète et m’exalte !! Tu sais qu’en vrai je t’aimerais peut-être un peu moins si tu étais aussi sculpturale qu’ Heidi Klum !  D’ailleurs, je suis sûre que tu ne serais pas la même nana. Déjà si tu n’aimais pas le fromage tu ne serais pas aussi drôle !

– Je te rappelle que ce n’est pas moi qui aime le fromage mais le fromage qui est amoureux de moi et qui se retrouve toujours pas mégarde dans mon assiette en quantité industrielle. 

– Aahahahahahah, oui oui bien sûr, sorry honey (Bookiners, acquiescez sagement et tout se passera bien). By the way I’m so excited je viens de voir que mon amoureux Olivier Bourdeaut venait de sortir un nouveau bouquin !!!!!!

– Hahaha incroyable que tu me dises ça, je l’ai justement acheté pour te l’offrir mais… entre temps on m’a demandé d’en faire un papier donc je dois le lire avant. Promis je te le file dès que j’ai fini !!

– …

– Non mais attends tu vas être trop trop heureuse. 

– Je vois pas comment je pourrais être heureuse sans Olivier dans ma vie, là, maintenant. Mais parle, je t’écoute.

– Figure-toi que j’ai découvert la version féminine d’Olivier Bourdeaut !! Même poésie, même teinte de folie furieusement joyeuse, même air de Boris Vian et son Écume des jours, même histoire délirante et bouleversante.

– Whaaat ?? Qui est cette escroc ? Qui ose pomper le génie d’Olivier ? Comment s’appelle-t-elle ? Olivia Bourde ? Attends je vais voir sur Google.

– Hahahaha calm down honey. De un, ce n’est pas une escroc mais, comme Olivier Bourdeaut, une amoureuse de la langue française qui fait parler son génie créatif. Si tu me lisais mieux, tu verrais que ce n’est en rien une copie de Bojangles (mais alors vraiment en rien), mais qu’elle et lui partagent simplement le même talent de faire rêver, sourire et pleurer ses lecteurs. De deux, elle ne s’appelle pas Olivia Bourde mais … Odile d’Oultremont. Ne rie pas, petit démon. J’ai aussi cru qu’elle sortait tout droit du début du XXème siècle, qu’elle était la grand-mère de ma grand-mère, avec un pull over à la couleur douteuse en laine qui pique. Sauf qu’en lisant ses lignes, j’ai vite compris que l’auteur de ces mots ne pouvait pas dépasser l’âge de ma mère. J’ai donc naturellement googlé son nom pour voir le visage de cet être diabolique qui me privait de toute vie sociale et qui méprisait l’équilibre de mon couple et là… Choc sensationnel. Odile d’Oultremont est tout simplement la plus belle femme que cette terre n’ait jamais porté. Tu ries encore ? Tu ne me crois pas ? Alors tape « Odile d’Oultremont » dans ton Google Image et reviens vers moi. Vas-y, je t’attends. 

– Holly fuckin shit !!!!!! You’re right !! Le délire de la beauté !! Mieux que les anges de Victoria Secret !! 

– I knooooow c’est crazy !! Bon ben tu vois, cet avion de chasse, c’est un peu la nana que tout le monde rêverait d’être, tu sais le même délire qu’Alicia Keys : la meuf est sublime et bourrée de talents presque divins. 

– Arrête. 

– Je te jure !! J’ai lu plus d’une vingtaine de bouquins de la rentrée littéraire de janvier pour le boulot là,  et personne (je répète personne) ne lui arrive à la cheville. Énorme coup de coeur. Je crois que ce bouquin est le signe que 2018 va être une année formidable. 

– En même temps ça ne pourra pas être pire que ton année 2017 hahahaha #sorrynotsorry. Non en vrai raconte ? J’ai déjà envie de le lire, je le commande ? So excited !! Bookiners vous êtes prêts ? Vous sautillez d’impatience comme lorsque vous avez envie de faire pipi ? Okay lets go !

Bon déjà, pour les impatients comme Tat, pour ceux qui me font déjà confiance sur le caractère pépitiesque de ce livre, vous pouvez déjà commander Les déraisons en cliquant sur ce lien: 

Les Déraisons

Pour les autres, cliquez sur cette musique de Debussy et lisez tranquillement l’article pour vous convaincre que vous avez besoin de ce livre dans votre vie. 

Petit nègre – Debussy 

Il est de ces livres qui vous rendent baba. Vous savez, ce livre que vous auriez pu écrire, mais en fait non parce que le talent de l’écrivain vous dépasse d’à peu près 35 000 km. Vous voyez, ce livre qui raisonne tellement en vous que vous avez presque l’impression de l’avoir déjà lu, comme si le roman s’adressait au petit enfant qui sommeille en vous. Bon, eh ben ce livre pour moi (il résonnera de la même manière chez vous j’en suis sûre), c’est le premier roman d’Odile d’Oultremont, Les Déraisons. Déraisonnablement joyeux, déraisonnablement inventif, déraisonnablement bouleversant aussi. 

J’appelle les Bookiners qui ne croient plus en amour et en la tendresse. Préparez-vous à être éblouis. Vous allez découvrir ou renouer avec l’amour fou, littéral, sans limite et extraordinaire, d’Adrien, employé d’une grosse entreprise, pour sa femme Louise, étourdissante de gaieté. Un exemple ? 

« Tant qu’elle se trouvait aux commandes de son bateau ivre, il pouvait s’abreuver à sa folie, se l’injecter par shoot quotidien : Adrien Bergen était le junkie de sa femme. » 

Ah oui car il faut que vous sachiez que Louise est délicieusement folle. 

« Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle avait des mains dans son cerveau, de l’esprit dans ses mains, elle travaillait à plusieurs, on aurait dit un orchestre-labeur, quelque chose comme un quatuor artistique. » 

Ne vous méprenez pas Bookiners, je crois que la folie n’est désignée que par ceux qui s’ennuient dans ce bas monde. Autrement dit, je préfère être folle comme Louise et m’inventer des histoires pour chaque molécule de ma vie plutôt que de donner des leçons de vie à ceux qui n’ont rien demandé. Vous savez ce que disait Simone de Beauvoir? (Je le sais car c’est l’épigraphe du livre):

« J’accepte la grande aventure d’être moi. »

Voilà. C’est le sublime pari de Louise que vous aurez envie de relever à la lecture de ce livre. Pourquoi ? Parce que vous allez adorer Louise qui : 

«  désaxe la réalité pour illuminer l’ordinaire ». 

Vous avez bien lu Bookiners ? Désaxer la réalité. Whaou. Rien que ça. Ce livre est la promesse d’un ailleurs, d’un autrement. Pourquoi est-ce magistral ? Parce que le temps d’un peu plus de 200 pages, vous laisserez vous-mêmes échapper le monde qui vous échappe. Et rien n’a égal à mes yeux que la littérature qui vous défie de vous extraire puissamment de votre quotidien. Avec ses mots en dentelle, Odile réussit le pari haut la main. 

L’amour fou d’Adrien et Louise se décuple encore lorsqu’on découvre une tumeur dans le poumon de la jeune femme. Adrien, placardisé au bureau par sa hiérarchie, décide de tout plaquer pour s’occuper de celle qui donne du sens à sa vie. Comme des enfants heureux, main dans la main dans leur univers fou de joie, un sourire indélébile collés aux lèvres, ils en sont sûrs : la mort ne passera pas par eux. 

« Adrien était le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste, dont il était le seul soldat. » 

Alors même quand Louise doit subir des traitements lourds, même quand elle perd ses cheveux, Louise sourit à la vie. Parce que la seule raison de vivre est d’être heureux. Parce que ça ne sert à rien d’être triste. Parce qu’il vaut mieux être amoureux, même si on est parfois incompris. 

« C’est pour Adrien que je peins. Parfois, il ne comprend rien mais c’est normal, vous me direz, l’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. » 

Je vous laisse apprécier la poésie de la prose d’Odile d’Oultremont, et je continue à vous raconter le livre. Bookiners qui ne croyez plus en l’amour et en la tendresse, vous êtes toujours là ? Parfait. J’appelle en plus les Bookiners qui ne rient plus mais qui aimeraient se tordre à avoir mal au ventre. Ne faites pas la tronche, souriez d’avance, faites-moi confiance. Tout le monde est là ? Ah non ! Vous au fond, Bookiners qui avez perdu un être cher, venez ici aussi, ne vous inquiétez pas ça va aller. Voilà, tout doux. Let’s go ! 

Il faut que je vous dise que plusieurs chapitres (y compris le premier donc je ne vous prive d’aucune surprise) concernent un Adrien seul qui assiste à son propre procès. Souvent, il regarde sa Louise montée au ciel et rit en imaginant ses réactions. Adrien est accusé de ne pas s’être présenté au travail pendant… un an (oui rappelez-vous, il a déserté pour s’occuper de son amour). Le problème, c’est que personne ne s’est aperçu de son absence pendant tout ce temps. Avec un juge bien frappé et un Adrien plein de celle qui l’a quitté, les scènes du procès vous emmènent dans un délicieux voyage en absurdie. Non, ne sortez pas vos mouchoirs, souriez et réjouissez-vous de voir un couple si lié même après le grand voyage :

« – Qu’avez-vous fait pendant un an si vous n’alliez plus au bureau, monsieur Bergen? 

– Oh.

Cette question met Adrien en joie.

– Nous dansions, ma femme et moi, monsieur le juge.

– Vous dansiez? Vous avez dansé pendant un an?!

– Quand elle en avait la force physique, acquiesce Adrien.

– Et c’est pour cette raison que vous avez renoncé à aller travailler? 

– Vous en connaissez une meilleure? » 

Eh oui, ne me dites pas que je ne vous avais pas prévenu ! Dans ce couple où le chat s’appelle… Le Chat, dans leur monde joyeusement renversé, chamboulé, inversé, la joie et le rire s’infiltrent partout, méfiez-vous ils vous infiltreront aussi : même dans les drames, même dans les souffrances, même dans la maladie, vous apprendrez grâce à Louise que la flamme, l’âme qui vous a quitté et qui sourit au fond de vous ne s’éteint jamais vraiment, il suffit de la regarder de plus près, de la titiller, de jouer un peu avec elle, regardez, elle est là : 

« Adrien se prit à croire aux miracles et à tous ses synonymes. Mais, en reprenant contact avec la lumière, lui vient en conscience la plus véhémente des réalités. Elle était là, répandue, sous ses yeux : Louise, profusément inanimée, qui lui hurlait l’éternité.

– Tu dors ? 

– Non, c’est la mort.

– Ah, d’accord. »  

Oui Bookiners, ce roman est bouleversant de poésie, de justesse, et d’infini. Il vous transcendera car il vous autorisera à faire la nique à la réalité d’un monde qui vous ennuie. Odile d’Oultremont aborde la maladie et la mort avec des kilos de tendresse, une pincée d’humour, et des poignées de joie. Elle saupoudre le tragique de fantaisie, et le résultat est magistral. Ce livre vous enverra dire bonjour aux étoiles, aux vôtres ou aux autres. Vous passerez aussi saluer votre coeur qui n’ose pas, qui n’ose plus mais qui voudrait. Vous embrasserez le petit enfant qui sommeille en vous et qui vous prie de l’écouter un peu plus. Ce livre vous fera vivre mieux, plus grand, plus vous. 

Je vous laisse sur ces mots, et vous envoie des baisers cosmiques. 

« Il observa sa Louise, rassérénée par l’air pur de la bonbonne. Il avait le vertige. Il se vit perché, avec elle, au sommet d’un sommet, au bord de la première vue du monde qui n’est rien d’autre que la dernière et, alors, en une preuve d’amour absolu, lui offrit de la laisser s’en aller, seule face à l’immensité, de la rendre à son état premier, la solitude. Et de lui signifier ainsi sa confiance infinie. » 

 

 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'HéloïsePsssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Vendredi 29 décembre, 23h30, dans mon lit, en train de regarder la 127ème interview de Benjamin Biolay, dont je suis folle amoureuse, mais je vous en parlerai davantage plus tard Bookiners.

émoticône dialogue texto sms– Hi mon Honey moon, tu fais quoi pour le Nouvel An ? 

– Hmmm, je devais aller à Londres avec Swann et Mathilde, mais j’ai pas l’envie en moi. Sortir, m’enivrer, courir vers des chimères, j’ai plus la force en ce moment. Entre les impératifs de Peanut Booker et la musique, j’ai besoin de me recentrer pour ne pas dérailler dans deux semaines quand je m’installe à Madrid.

– Oui mais c’est ton anniversaire mon cœur. T’as pas la tête à ça ?

– La tête à vieillir ? Pas trop et prendre un an de plus comme on prend une nouvelle gifle, merci mais non merci. J’adore être un enfant, et j’adorerais le rester pour toujours, mais les anniversaires m’en empêchent, ils sont là pour nous rappeler que le temps passe, que la vie n’attend pas, et qu’elle n’en a rien à foutre que tu préfères avoir 20 ans pour toujours. Elle t’en rajoute 4 ou 5 et tu dois fermer ta gueule de sotte insoumise. Parce que c’est inéluctable. 

– Ahahahahah. Mon ange, ne sois pas si remontée. Je t’assure que ça va aller, je serai à tes côtés jusqu’à ce qu’on perde toutes nos dents d’adultes. Et puis ne vois pas la vie comme une menace envers l’enfant que tu es, vois-la comme une promesse d’explorer l’enfant que tu es, de l’affirmer, de le contenter et voire même de le transcender. De lui faire vivre des choses qu’il n’avait pas imaginé avec ses yeux d’enfants. Je t’assure, change de regard, et respire. Tout va bien se passer. 

– J’espère vraiment que tu as raison. Et puis, aussi, dimanche, pour le Nouvel An, j’avais prévu d’être chez moi, assise sur le parquet, des talks de motivation sur les enceintes, avec des feuilles Canson et trois livres importants pour moi : L’Alchimiste, Le jour où j’ai appris à vivre et Miracle Morning. Ils me rappellent les essentiels. Ils me ressaisissent. Ensuite je voulais faire un visual board pour mettre en images tous mes objectifs de l’année concernant la musique et notre bébé Peanut. D’ailleurs, je peux te dire que je l’ai subi la grossesse de notre cacahuète : j’ai pris 15 kg cette année. Quand je pense que Céline Dion ne prend pas un gramme quand elle fait des babes. Ça me tue. 

– Ahahah, le rapport avec Céline ! En vrai, je te comprends totalement. C’est une sage décision de prendre du temps pour toi quand tu en ressens la nécessité et l’envie. Tu seras fière de toi et tu commenceras l’année sur des bases saines et déterminantes. Moi, je me rêve de solitude. De balades en forêts. De romans rassérénants. Et de silence. 15 jours non-stop avec ma famille que j’aime de tout mon cœur, c’est quand même assez hardcore. Je suis au bord de la crise d’hystérie. 

– Ahahahah. Yes. Mon ange, I feel your pain. Moi je marcherais bien toute nue dans la rue en ce moment. Je sens mon être étriqué par mes vêtements et par la mode, ça me tend. 

– Ahahahah. #lerapport ! J’aime tellement quand tu sautes du coq à l’âne. D’ailleurs t’as terminé Le jour où j’ai appris à vivre

– Of course my love ! Depuis 2 mois, j’avais simplement perdu les mots justes pour le commenter et le partager correctement avec nos Bookiners. Mais là, je me fais violence car c’est LE livre à lire pour commencer l’année sur des fondations sereines, intelligentes et surtout, essentielles ! 

– Parfait ! Alors nous t’écoutons ! J’ai hâte. Bookiners, approchez, Tat vous attend, elle a une jolie trouvaille à nous faire parvenir !!! Tututut, on ne traine pas les pieds, même si on a pris du bide à Noël !  

– Je m’exécute ! Mais avant ça Bookiners, sachez que dans ce roman, et dans beaucoup de romans de Gounelle, ce ne sont pas tant l’écriture ou les personnages romanesques qui touchent et nous secouent jusqu’à nous faire vibrer. Ce qui marque chez cet écrivain, c’est cette formidable intuition et connaissance de la vie, cette spiritualité, et cette façon de nous questionner et de nous ramener à l’essentiel. Et, avec la période des résolutions qui pointe le bout de son nez, je sais qu’il vous aidera à faire le tri, à prendre les bonnes décisions et apprendre – enfin ? – à vivre. Allez, GO ! 

Avant toutes choses beaux amours, je commencerai par vous faire un cadeau musical.  Il vous juste ce qu’il faut d’air frais, et ce sentiment intense de respirer la nature, couché sous un ciel bleu, bercé par les vagues en face d’un soleil tout sourire ! Voici pour vous notre Juju national qui nous chante Beyrouth, la plage et les songes. Voyage Voyage.

Beyrouth plage – Julien Doré 

La nouvelle année arrive à grands sabots Bookiners, et il commence à se faire le temps des introspections, des rétrospectives, des hauts et des bas, des actes manqués, des actes magnifiés, pour que 2018 soit, peut-être davantage, à votre diapason. Je vous écris ces lignes du bout de ma chambre, et du fond de mon âme, où que vous soyez car même de loin, même sous les cocotiers, il y a des nécessités non négociables pour votre bien-être.

Voyage dans l’espace. Nous atterrissons à San Francisco dans la vie de Jonathan. Il est expert en assurances. Il a monté sa boîte avec son épouse Angela – dont il vient tout juste de se séparer pour une douteuse histoire d’infidélité-, et son ami Michael. Il a une petite fille Chloé qu’il aime mais qu’il néglige car il s’imagine devoir gagner suffisamment d’argent pour la mettre à l’abri avant de profiter d’elle. Par moments, la vie de Jonathan est entrecoupée, en pointillés par le récit de celle d’Austin Fisher, LE joueur de tennis n°1 Mondial que les médias critiquent, caricaturent et redoutent tout à la fois. Nous sommes aux deux carrefours de la vie de ces deux hommes. Les intrigues et les personnages s’imbriquent et plusieurs évènements se chevauchent dans ce roman, donc je vais aller droit au but, droit au baume Bookiners. 

Certains Bookiners ont leur confiance égarée dans les bois, égarée si loin d’eux qu’ils s’imaginent qu’elle n’a jamais existée alors qu’elle s’est barrée aux Bahamas, aller-simple, un soir d’hiver et n’est plus jamais revenue. Mes amours, vous dire qu’il est temps de vous rabibocher avec elle est un lieu commun, vous dire comment, c’est mieux. Tout d’abord, sachez que vous n’êtes pas seuls. C’est difficile de s’aimer, et d’accepter tout en soi, même vos drôles de choses qui clochent, vos imperfections et vos névroses. Et ce, même si vous êtes au sommet de votre art. Jonathan, Austin Fisher, Ryan – le créateur de chroniques vidéos moqueuses « Minneapolis Chronicles », et le pâtissier du coin, Gary, ont le même vide en eux, la même béance qui traduit le manque de confiance qu’ils se portent individuellement. 

Dans la boîte qu’il a crée avec ses associés, Jonathan se compare sans cesse à Michael, son compère éloquent, sans états d’âme, à la verve séduisante et convaincante. Pour Michael, comme il l’explique à Jonathan et Angela, la peur est l’émotion principale, alliée du conseiller en assurances. Il faut la faire germer et grandir dans le regard du commerçant afin qu’il accepte n’importe qu’elle assurance, même celle qui protège de sinistres dérisoires. Michael est obnubilé par les ventes et ce, même si elles vont à l’encontre de l’éthique de son métier et de la raison d’être même de leur vocation à tous les 3. À cette course aux chiffres, Michael est le plus rapide, le plus performant, laissant à Jonathan l’envie de le dépasser à un jeu auquel il ne croit pas. Il commence à se comparer, se dévalorise, écume et énumère les qualités qu’il n’a pas. Il oublie ses singularités, la confiance en lui qu’il avait se dilue, se dissout et s’évapore quelque part dans les sillages de la mer de Big Sur. Alors, 

« À défaut d’être heureux Jonathan est occupé.»

Parfois, on s’imagine que seuls ceux qui ratent perdent confiance. Je vous avouerais que je déteste ce mot, « rater » car je trouve qu’il manque de sens profond, qu’il est imprécis, et qu’il paraît définitif alors qu’il est temporaire. Je m’égare. Je voulais vous dire que la confiance en soi se construit, se nourrit, et s’apprivoise, pour tout le monde. Austin Fisher est n°1 mondial. Il vient tout juste de remporter le tournoi de Flushing Meadow. Il lui reste une dernière rencontre de l’US Open à jouer et s’il la gagne, il devient le meilleur joueur au monde, il rentre dans les annales avec le plus de victoires remportées par un joueur. Avec ces ribambelles de trophées, seule une chose le perturbe et l’ébranle : ce que les journalistes et les autres joueurs disent de lui : 

« Austin Fisher est une machine à gagner, une machine.»

Tout s’effondre pour Austin lorsqu’il s’imagine que ce qu’un des joueurs de tennis vient de dire de lui pourrait être vrai. Vous apprendrez dans ce roman, avec les conseils de Warren, son entraineur de tennis, à vous débarrasser de ces mots qui vous blessent en les éloignant visuellement et physiquement de votre esprit afin de les rendre étrangers à votre personne. Je vous assure, la méthode est dingo ! Vous essaierez, éberlués par son efficacité. Et ensuite, vous m’en direz des nouvelles !

Je disais Bookiners, qu’il fallait que je vous donne quelques solutions pour retrouver votre confiance perdue. Un jour que je me disputais avec ma maman que j’aime de tout mon cœur, nous en sommes venues aux mots qui blessent. C’était il y a très longtemps. Très très longtemps en fait, mais cette dispute m’a marquée. Elle s’est terminée par maman qui me dit que je ne suis qu’une « enfant égoïste, qui manque d’empathie et qui ne pense qu’à elle. » Tout ça parce que je ne voulais pas aller rendre visite à une tante en deuil, que je connais à peine et qui m’indiffère – peut-être justement parce que je la connais à peine -. Et puis, pour vous dire la vérité, j’ai plus de 50 tantes et 90 cousins. C’est la particularité des africains de ramifier les arbres généalogiques et d’amalgamer amis proches, avec cousins. Tout ça pour vous dire que ces qualifications m’ont terrassée. J’ai ruminé pendant 2 ans, littéralement. Puis un jour, je suis allée voir ma maman, j’avais 16 ans, et je lui ai expliqué que si elle me pensait égoïste, alors c’est qu’elle n’avait vraiment rien compris à mon essence et qu’il était hors de question qu’elle me fige et me fixe à des mots qui m’étaient étrangers, parce que ça m’aliénait et que c’était quand même vraiment con de se faire aliéner par sa propre mère et par l’amour de sa vie. Elle a pleuré. Elle s’est excusée.

Et depuis ce jour, j’ai la certitude que pour avoir confiance en soi, il faut commencer par se regarder, longtemps, quitte à énumérer sur une page blanche qui nous sommes et ce que nous pensons être. Vos défauts, vos qualités, vos fêlures, vos lumières. Tout. Ensuite, détachez-vous de ces mots et appréciez-les pour ce qu’ils sont. Puis rattachez-les à vous à nouveau pour vous apprécier comme vous êtes. Rajoutez-y de l’amitié, de l’empathie de vous à vous, puis de l’amour. Touillez, touillez, et commencez à vous affirmer, à connaître qui vous êtes, attendez quelques heures, et hop, la confiance revient des Bahamas, aller sans retour, pour se loger sous les cocotiers de votre cœur. Vous en viendrez à considérer les mauvais mots des autres sur vous, comme une ignorance, et ceux qui pointeront du doigt certains défauts qui sont les vôtres, vous opinerez du nez, saluant leur perspicacité, en paix avec vous-même. Attention, je ne dis pas qu’il faut s’enorgueillir d’être avare ou d’être con, je dis qu’il faut accepter vos manques et vos trop pleins pour être à la hauteur de la personne que vous désirez devenir, des gens que vous aimez et qui vous acceptent pour ce que vous êtes. 

Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on arrête de se comparer aux autres et qu’on capitalise sur ses propres atouts. Je crois que c’est à partir de ce moment là que les mots des autres n’ont plus le pouvoir destructeur qu’on pouvait leur donner. Les autres ont toujours le pouvoir qu’on leur donne. Si on se détache. Hop. Plus de pouvoir, juste un rigolo qui gesticule avec les mots qu’il méprend. Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on commence à côtoyer des personnes qui nous veulent du bien. Authentiques et entiers, et qui nous aiment intégralement. 

Bon, j’arrête de faire la Sage, sous son cyprès centenaire et je vous présente Tatie Margie. Elle sera votre mentor de choc pour éclairer le chemin de votre vie ! 

Tatie Margie, c’est la tante de Jonathan, et la tante qu’on rêverait tous d’avoir. Un dimanche après-midi que Jonathan se promenait sur les quais de Sunday Streets, une immense rue touristique de San Francisco, bruyante de vie et de musique. Il s’égare dans ses pensées, quand soudain, il sent une envie irrépressible d’aller voir la gitane qui le fixe au loin pour qu’elle lise entre les lignes de ses mains. Celle-ci accepte, et lui annonce, non sans mal, de la façon la plus détachée, qu’il va mourir. Jonathan va mourir. Après plusieurs jours d’accablement, Jonathan décide de longer la baie de San Francisco pour rejoindre sa tante Margie et se ressourcer auprès d’elle. C’est avec elle qu’il redécouvre le monde, qu’il comprend les sources de son aliénation et les possibilités de son bonheur. 

Bookiners en mal de mentor, permettez moi d’appeler vos amis les Bookiners qui rêvent de comprendre quelque chose du monde qui les entoure. Venez ! Oui, vous. Juste ici. Voilà, nous sommes une ribambelle maintenant, et c’est bien mieux. 

Tante Margie-Mentor vous fera admirer le monde avec un autre regard, elle vous fera retrouver la gratitude pour la vie, pour l’existence, et vous fera renouer avec ce lien invisible qui rallie la nature et les hommes.  Parce que, dit-elle : 

« Par la marche, la nature nous rend ce que la société nous a confisqué : notre complétude. Notre culture de l’immédiateté et l’ultra-réactivité nous amènent à n’être plus présent à rien. En marchant, on se replonge dans le temps de la nature, de l’univers et du cosmos. Le temps de la vie. Et on se reconnecte à soi-même.»

Puis elle ajoute que : 

« Nous sommes des êtres complets. Notre proximité avec la nature nous amène à le ressentir profondément alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu’il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets. »

Vous apprendrez que :

« Tous les hommes sont reliés » 

Et que scientifiquement, cette intra et inter-lien entre les êtres vivants s’appelle le champ morphique, et qu’il a été découvert pas un grand biologiste Rupert Sheldrake. 

Vous comprendrez enfin qu’il faut vous connecter à vous-même afin de vous reconnecter au monde et aux autres avec la même bienveillance, la même authenticité. Écouter notre âme, tanguer avec elle, jauger ses battements et se laisser accompagner par elle. 

Tante Margie-Mentor vous apprendra bien d’autres choses. Et c’est bien là ce qui fait le trésor des romans de Laurent Gounelle, ils nous rappellent ce que nous avions oublié, ils nous guident vers quelque chose de plus vrai, avec douceur, au détour de quelques conversations savoureuses. 

Je m’écourte, mais avant, Bookiners que les rires ne visitent plus, vous rirez. Vous rirez de la colère de Ryan envers les hommes qui le pousse à créer « The Mineapolis Chronicles »: une chronique pour cons qui raconte la vie des cons, vous rirez de ses entrains, de sa folie, et de Gary le pâtissier qui est persuadé que lorsque les hommes sont gentils avec lui c’est qu’ils lui veulent du mal. Vous rirez avant de réaliser que les hommes tristes sont aussi les plus cyniques et les plus incompris. Vous rirez avant de leur tendre votre main compatissante, votre cœur bienveillant, jusqu’à leur apporter la tendresse et le regard doux dont ils manquent. Ah, je sens que vous avez entendu le mot tendresse Bookiners, et que ça vous intéresse ! La tendresse c’est cette caresse qu’on tend vers l’autre, comme une promesse de réconfort. Dans ce roman, la tendresse est là, partout, et elle vous embrasse chaleureusement.

Vous rirez Bookiners, avec dans le cœur la certitude nouvelle qu’il

« Vaut mieux allumer sa petite bougie que de pester contre les ténèbres. »

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Tatie Margie. 

Je vous laisse avec ces mots, et je vous souhaite une année haute en couleurs, celles du bonheur, une année au cours de laquelle vous apprendrez à vivre. Pour de bon. 

Doux baisers, 

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Journal d’un vampire en pyjama | Mathias Malzieu

Journal d’un vampire en pyjama | Mathias Malzieu

Jeudi 26 octobre 2017, 15h34 

émoticône dialogue texto sms– Bébé je viens de réécouter ta chanson Nicolas. Je me pose une question : tu penses que ton ami s’est battu avant d’être emporté par le cancer ? 

– Mmmh… Je crois qu’il n’en a même pas eu le temps en fait. C’est arrivé tellement rapidement, ça a été foudroyant tu sais, il n’a même eu les semaines nécessaires pour digérer l’information et préparer son plan d’attaque. 

– Et tu crois pas que c’est mieux comme ça ? I mean, tu crois pas que c’est monstrueux de devoir te battre pour une maladie qui risque de t’emporter et qui te transforme en esclave de ses humeurs pendant des mois voire des années ? 

– Tout dépend du rapport que tu as à la mort je pense. A notre âge, je crois que c’est préférable d’avoir au moins le chance de pouvoir se battre pour vivre la vie que tu dois vivre. En vrai on n’a pas le droit de mourir à 24 ans, c’est odieux. Par contre, pour les vieux, je pense qu’il est horrible de devoir se battre contre une maladie, de se battre contre la mort qui de toute façon n’est plus très loin. 

– Oui c’est ça, tout dépend surtout du rapport que tu as à la vie, à tes attaches, à tes fiertés, à tes regrets. Je pense aussi que quand tu as des enfants tu es obligé de te battre. Tu vois maman ne m’a pas montré une seule fraction de seconde qu’elle comptait rendre les armes devant le cancer qui grossissait dans son sein. Je lui en suis infiniment reconnaissante mais en même temps je trouve que c’est presque une responsabilité à avoir vis à vis des gens qui s’éteindraient sans toi. Je pense d’ailleurs que ses enfants et son mari ont été sa plus grande source d’énergie pour se battre.

– Oui mais en même temps bébé, tu ne peux pas demander à quelqu’un de souffrir pour ton bien-être, c’est assez égoïste comme raisonnement. Même si je comprends ce que tu veux dire, quand tu fais des enfants, tu ne demandes pas à avoir un cancer à 45 ans, et si ça t’arrive, tu as aussi le droit de baisser les bras si tu préfères la mort à la souffrance que tu vis et à laquelle tu assistes à travers le regard de tes proches. Moi je pense qu’on devrait tous avoir le droit de mourir comme on le souhaite, ça doit faire partie des grandes libertés de l’homme.

– Nan mais oui je comprends ce que tu dis mais quand tu le vis, ta propre souffrance et tes inquiétudes cassent vite la gueule aux belles idées. Mais effectivement, la motivation du combat contre la mort est une affaire entre soi et soi-même. Je pense à ça en ce moment car je viens de finir un joli livre qui raconte ce combat. Ah et en plus ça va t’intéresser car c’est un chanteur qui raconte sa lutte contre la maladie !

– Ah génial ? Qui est-ce? Il est encore vivant j’espère ? 

– Oui heureusement, sinon le livre serait difficile à conseiller aux Bookiners (quoi que). Il s’agit de Mathias Malzieu, tu sais le chanteur du groupe Dyonisos !

– Ah oui oui je vois très bien ! Je ne savais pas qu’il avait été malade, raconte! Bien installés les Bookiners ? On t’écoute !

 

Jack et la mécanique du coeur – Dionysos 

 

Avant de commencer, sachez que j’ai choisi de vous faire écouter cette musique pour deux raisons: déjà, la joie enfantine est à l’image du texte dont je m’apprête à vous parler. Ensuite, le clip de cette musique a été tourné alors que Mathias Malzieu était déjà malade. Il ne le savait pas encore. Cliquez sur play, c’est bon ? Parfait, on peut y aller. 

Comme l’indique son titre, Journal d’un vampire en pyjama est un journal intime. En fait je dirais même plus, un journal de survie. Je ne sais pas si ce sont ses mots qui l’ont sauvé, mais je crois qu’écrire a immensément renforcé Mathias Malzieu dans sa lutte contre la maladie. Je pense que les mots d’espoir matérialisés sur du papier l’ont aidé à mieux y croire, parce que le sens des mots a plus de poids une fois sortis de la tête. 

Bookiners, j’avais envie de vous parler de ce livre et de m’adresser à beaucoup d’entre vous, que vous ayez déjà été confrontés à la maladie ou non. Je crois que ce livre est utile. Je crois que Mathias Malzieu pourra devenir votre mentor de courage, vous puiserez dans ses mots l’humilité et la joie nécessaires à toute vie heureuse. Parce que celui qui a frôlé la mort a une sacrée longueur d’avance sur nous tous. Celui qui s’est battu pendant des mois contre une leucémie foudroyante sait mieux que nous pourquoi la vie mérite d’être vécue. En lisant le livre d’un survivant, j’ai eu envie de mieux vivre, j’ai eu envie de faire un peu de ménage dans mon égo râleur. Dehors les ruminations permanentes sur ce que les gens pensent de moi, Oust les réflexions d’enfant gâtée sur ce que la vie pourrait m’offrir de mieux ! Ne m’en voulez pas Bookiners, mais je pense ne pas me tromper en disant qu’en lisant ce livre, vous vous rendrez également compte que vous êtes, souvent, des enfants gâtés qui ne pensent pas assez aux chances que leur offre l’existence. Tant mieux, il est bon de remettre nos pendules à l’heure de temps en temps. Mathias Malzieu sera donc votre régulateur, votre mentor de joie, votre horloger de motivation, votre distributeur de bonheur. Le chanteur n’est pas qu’un survivant, il est le soldat le plus joyeux et le plus poétique que je n’ai jamais lu. 

« Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer. » 

La poésie de ses mots vous berceront, vous feront souvent sourire voire rire et surtout, ils vous impressionneront : l’auteur-chanteur-poète a écrit ce journal presque au jour le jour, ses inquiétudes teintées de joie loufoque sont donc écrites au moment où il ignore si la vie veut encore bien de lui. Il faut dire que Mathias Malzieu était déjà un soldat de la vie avant même de savoir qu’elle risquait de lui échapper plus tôt que prévu : 

« J’ai beau vouloir être inventeur, crooneur, semi-poète, illusionniste, skateur en plastique, mangeur de femme en peau de crêpe et imitateur d’animaux sauvages, je suis insomniaque, angoissé et épuisé d’avoir trop cru. (…) Le problème est que je donne plus que ce que j’ai. Je suis le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec. « 

D’un jour à l’autre, son corps lui déclare la guerre : après avoir consulté pour une immense fatigue, les médecins lui diagnostiquent une aplasie médullaire, c’est-à-dire un arrêt du fonctionnement de la moelle osseuse. Ses propres anticorps se retournent contre lui et attaquent ses cellules. Le combat entre son corps et son esprit est déclaré, sans aucun casus belli. Mathias Malzieu devient inopinément son pire ennemi. La blancheur de sa peau causée par cette nouvelle guerre et les transfusions de sang dont il ne peut se passer pour survivre le transforment en vampire. Le vampire le plus attachant que vous lirez. 

Champion du sens de la formule et des jeux de mots (mon préféré étant cette femme séduisante et diabolique, Dame Oclès, qui le suit partout), notre vampire parle comme un conteur pour enfant. Sa légèreté le sauve, elle nous enveloppe d’un baume réconfortant. Il joue avec les mots pendant que ses propres cellules s’amusent avec sa vie. Sacré pied de nez au destin ! Bookiners fatalistes, je vous prie de venir par ici. Si si, c’est une convocation officielle, présentez votre carte d’identité, venez par ici. Ce livre est sans doute celui qui vous fera le plus positiver de Peanut Booker. Toutes les pages nous rappellent que rien n’est perdu d’avance. Même pas la vie. La vôtre ou celle de votre proche malade. Mathias Malzieu nous mâche même le travail pour vous qui vivez sans trop penser, pour vous qui souffrez, pour vous qui hésitez à rendre les armes. Il nous offre une joie qu’il s’applique à entretenir quotidiennement pour tenir. Parce que malgré cette joie, le chanteur ne nous raconte pas de bobard.

« L’espoir s’est foutu de ma gueule, alors la colère le remplace. J’ai fait le prisonnier médical sérieux, j’ai bu du potage dégueulasse et je n’ai mordu personne. J’ai purgé ma peine de trois semaines et pourtant je suis toujours là. » 

Bien sûr que les onze semaines en chambre stérilisées mettent son moral à rude épreuve, bien sûr que l’immense inquiétude dans les yeux de ses proches est presque insurmontable, bien sûr que les doutes s’invitent souvent dans ses nuits : 

« Dans ce flou opaque et glacé, je suis en train de me briser le coeur. Chaque coup de fil à mon père et à ma soeur change mon crâne en bocal à larmes qui explose dès qu’on raccroche. J’aime trop la vie pour accepter l’idée de mort. » 

Ses doutes rendent illuminent encore plus la joie qu’il transmet dans ses pages. Vous les traumatisés et les autres, vous gagnerez en sérénité en le lisant, je vous le garantis. Le handicap s’est invité à votre table ? Qu’à cela ne tienne, Mathias Malzieu vous donne le mode d’emploi pour rire, écrire, composer et faire du skateboard dans une chambre stérilisée et avec la force d’un moineau agonisant. Si votre corps vous fait défaut, vous apprendrez avec ce vampire à vous échapper par l’esprit : 

« Je suis un exilé poétique échappé de mon propre rêve. » 

Notre vampire poète s’en est sorti et a depuis, comme il se l’était promis, réalisé le tour de l’Islande en skate board. Croyez-moi Bookiners, ses mots vous rendront la vie plus forte. 

Une dernière petite lecture pour définitivement vous convaincre ?

 

 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

 

Venise n’est pas en Italie | Ivan Calbérac

Venise n’est pas en Italie | Ivan Calbérac

Dimanche 10 septembre 2017, 11h58

émoticône dialogue texto sms– Hello Tat, on se voit toujours tout à l’heure ? 

– Impossible bébé, il faut que je connaisse la fin de En attendant Bojangles. Je suis en larmes d’avance. Ce roman est un chef-d’oeuvre. Je pèse mes mots. 

– C’est drôle que tu dises ça car j’ai récemment créé un blog littéraire avec ma meilleure pote et un de mes premiers articles était sur ce livre regarde: https://peanutbooker.com/en-attendant-bojangles/

– Haha t’es bête. Je n’ai pas pu résister, j’ai dû l’acheter car j’avais besoin de comprendre pourquoi TOUT LE MONDE parlait de ce bouquin. Damn je ne suis pas déçue. Ah, et j’ai enfin trouvé l’homme de ma vie, le père de mes futurs enfants: Olivier Bourdeaut. En plus d’être un sex symbol le mec a une plume HA-LLU-CI-NANTE. Merci Dieu d’avoir mis ce livre et cet homme sur ma route.

– Non non c’est pas Dieu chaton c’est moi qui t’ai parlé de ce livre en premier. Et il y a fort à parier que Dieu ait déjà envoyé dans la vie d’Olivier Bourdeaut une autre femme que toi . 

– J’ai bien compris que tu voulais que je reste célibataire toute ma vie pour que je sois tout le temps disponible pour toi mais ça commence à devenir relou ta jalousie. Bref je retourne lire mon mec. 

– No ! Wait. Parce que ta meilleure amie t’aime, elle t’a déniché à toi et à nos Bookiners un autre roman du genre. Je pense que tu vas adorer.

– Très peu probable que ça me plaise autant que Bojangles honey mais raconte il parle de quoi ton livre ? 

– Est-ce que ça t’est déjà arrivé d’avoir honte de ta maman quand tu étais petite ? 

– Mmmh je ne crois qu’être habillée en baby Dior de la tête aux pieds n’a pas favorisé mes rencontres et amitiés en primaire mais à part ça non je ne vois pas. 

– Parce que l’histoire que je vais te raconter concerne un jeune adolescent qui ne sait pas gérer l’amour (très, trop?) envahissant de sa famille. C’est à la fois à mourir de rire et infiniment tendre. 

– Yes yes yes j’ai bien besoin de rire en ce moment, je suis une boule de stress avec les exams de l’ESCP qui me tombent dessus. Les bookiners et moi t’écoutons jeune pousse. 

The Winner is – Mychael Danna

Ce roman est en fait le carnet intime d’Emile, quinze ans, timide, lucide, et secrètement fou amoureux de Pauline, lycéenne elle aussi. Emile a des parents aimants mais un peu spéciaux. Un exemple? Depuis son plus jeune âge, sa mère a décidé de teindre les cheveux de son fils en blond. Voilà.  Le jeune garçon nous raconte son quotidien, il couche sur le papier ses réflexions sur son univers où il peine à trouver sa place. 

«  Ce doit être comme le vin, l’amour entre deux êtres, ça évolue avec le temps, il y en a qui tournent au vinaigre, d’autres qui se bonifient. Et mes parents semblent toujours hésiter entre les deux options. »

Avec une plume à la Goscinny dans Le petit Nicolas, vous suivrez les pensées bordéliques d’un garçon encore neuf, d’un être qui sort de l’adolescence, d’un ado qui bouillonne d’amour, de colère, d’admiration et de révolte. Parce qu’Emile écrit comme il parle (et il parle très bien!) ce roman va à 100 à l’heure. Bookiners qui voulez rire, vous allez être servis ! Quand Emile évoque ses parents un peu fou-dingues mais infiniment attachants, il change d’avis à toutes les pages :

« Je sais pas comment vous expliquer, ils me tapent sévèrement sur le système, mais ils sont vivants. Vraiment vivants, je veux dire, plus que la plupart des gens endormis dans une pâle existence que vous croisez à chaque coin de rue, non, chez eux, il y a quelque chose qui vibre, qui jaillit vers le ciel, et pour ça, et pour ça seulement, je les aime de toute mon âme. Pour le reste, s’ils pouvaient juste faire un petit effort. »

Un jour, Emile est invité par son amoureuse Pauline à Venise, où elle donne un concert de violon. Contrairement à lui, Pauline est issue d’une milieu plutôt bourgeois plutôt aisé. L’histoire commence ici: Emile doit demander la permission et un billet à ses parents pour s’y rendre. Ses parents, pensant lui faire plaisir, décident de l’accompagner en Italie. Cette décision effraye l’adolescent tant il peine à assumer sa famille. Mais ce périple en caravane à la Little miss sunshine sera en fait un voyage initiatique pour le jeune garçon. Bookiners qui souffrez de solitude, Bookiners qui manquez de tendresse, préparez-vous à écarquiller vos yeux devant cette maman débordante d’amour mais susceptible comme un poux, ce papa extravagant friand de grandes phrases qui ne veulent rien dire, et ce frère obsédé par les filles. 

Bien sûr, je suis tentée de m’adresser aux Bookiners qui connaissent des galères familiales, même si dans ce livre, la relation respect/amour/révolte d’Emile avec ses parents est plutôt saine tant elle est pleine de contradictions. Le garçon souffre d’ailleurs lui-même de cet étrange sentiment d’attraction-répulsion, le poids du rejet de sa mère est lourd à porter pour lui-même : 

« J’ai si peur qu’elle comprenne que je la trouve pas toujours présentable. Le problème quand on a honte de sa famille, c’est qu’en plus on a honte d’avoir honte. C’est quelque chose entre la double peine et le triple cafard.» 

C’est durant les péripéties que connaîtra la petite famille sur la route qu’Emile développera de jolies réflexions philosophiques sur la vie, du haut de ses quinze ans. Emile a honte de ses parents qui vous feront penser aux Tuche, oui, mais il sait qu’ils se sacrifient pour lui offrir une meilleure vie que la leur. Ces moment de lucidité et de prise de conscience nous offrent des passages remplis de tendresse:

« J’arrivais plus à manger ma pizza à cause de toutes ces émotions. J’ai prétendu une envie pressante, je me suis enfermé dans les toilettes, me suis assis sur la cuvette et me suis mis à chialer comme une madeleine, parce que je me sentais aimé comme jamais, et c’était pas souvent. »

Tout le monde, tous les sujets, rien n’échappe à l’analyse de l’adolescent. Avec poésie, il fait preuve d’une étonnante clairvoyance pour son âge.

« Une vie, j’ai pensé, c’est un long cri, de joie ou de douleur, ça dépendait des jours, ou des vies, un cri parfois très intérieur, qui jaillit du cri primat du bébé à la naissance, déchirant l’infini, qui devient, quatre-vingts ans plus tard, un cri tout bas, un murmure, notre dernier souffle, et une vie c’est ça, un cri coincé entre deux dates. »

« Si c’est chercher un peu de vérité dans un monde rempli de faux-semblants, et même de faux-culs, désolé pour le gros mot, alors oui, je suis un peu philosophe. Mais si la philosophie ne vous aide pas à conquérir le coeur d’une fille qui vous plaît, franchement, elle sert à rien. »

Ce roman nous offre une réflexion neuve, fraîche et sans filtre ni pollution sociale ou normée sur l’amour, la vie, ses bonheurs et ses peines. Bookiners qui ne croyez plus en l’amour, je ne vous oublie pas, bien au contraire. Quoi de mieux qu’un adolescent poète et fou amoureux pour vous redonner foi en l’amour fougueux et sans borne? 

« Pour moi, le seul jour de gloire qui existe au monde, c’est celui où on embrasse la fille qu’on aime. Ça m’est pas encore arrivé, mais je le sais. Le reste, les victoires, les félicitations du jury, les gros billets pour l’argent de poche, l’achat de la console de jeu vidéo, tout cela, c’est bien loin derrière. »

Je ne peux pas tout vous raconter, je vous dirai simplement que ce qui rythme les pensée d’Emile, ce sont ces sentiments amoureux, ces sentiments de bonheur intense qui oscillent avec des peines momentanément démesurées d’un homme en devenir, d’un adolescent qui découvre le monde dans ses merveilles et ses horreurs. On porte avec lui (et avec plaisir) ses réflexions chaotiques et bipolaires. Je partage tout de même avec vous des passages qui devraient vous convaincre une bonne fois pour toutes d’ouvrir ce livre qui vous procurera une sacrée bouffée d’oxygène : 

« J’avais oublié que le bonheur, ça peut vous prendre par surprise, comme ça, sur des marches en pierre délicatement chauffées par le soleil, à regarder passer les touristes, à honorer le plus joli rendez-vous qu’on vous ait jamais donné. » 

« Le bonheur, quand on n’a pas l’habitude, c’est beaucoup plus compliqué qu’on ne croit. C’est comme les grands gagnants du loto, certains ne s’en remettent jamais. »

« A quoi ça servait de mourir si la fille que j’aime ne pleurait même pas sur ma tombe ? A rien du tout. J’ai repoussé mon suicide à une date ultérieure (…) Finalement, j’avais sans doute désespéré trop vite: vivre, ça en valait la peine, et parfois, dans des instants comme celui-ci, ça en valait aussi la joie. » 

C’est cette innocence, cette naïveté qui vous toucheront infiniment dans ce livre. Vous rirez aux larmes mais parfois, votre gorge se serrera. La richesse d’un livre ne réside-t-elle pas dans la diversité des sentiments qu’il procure à son lecteur ? Pour moi, aucune hésitation, la réponse est oui, definitly yes. Car c’est ce genre de roman (et celui-là en particulier) qui me fait lever les yeux du livre. Ce  récit a su nourrir et structurer mes pensées qui partent trop souvent dans tous les sens. Il nourrira les vôtres. Parce qu’Emile, c’est vous, c’est nous, vos enfants, vos frères, vos soeurs, vos neveux. Emile, c’est l’adolescent éternel, jamais en phase avec sa famille, avec sa vie, avec son univers. Emile, c’est l’adolescent qui sommeille en nous, en vous, derrière la façade de l’adule rempli de certitudes. Vous vous attacherez à Emile parce qu’il parlera, il titillera et il pansera ce jeune être au fond de votre coeur que vous oubliez trop souvent d’écouter.  

Tenez, écoutez-le un peu pour mieux comprendre :

 

Bonne lecture Bookiners ! 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse