Comment papa est devenu une danseuse étoile | Gavin’s Clémente Ruiz

Comment papa est devenu une danseuse étoile | Gavin’s Clémente Ruiz

 Dimanche 28 Janvier, 14h42  au bout du rouleau à la gare de Lyon Perrache. Train en direction de Barcelone raté. Deux valises, un sac à main et un clavier piano pour bagages. #nervousbreakdownbonjour

émoticône dialogue texto sms– Le tirage au sort pour « Les Déraisons » vient tout juste d’avoir lieu mon ange, et l’heureuse gagnante est une Bookineuse fan de mots ! Je suis trop heureuse ! J’ai hâte qu’elle jubile de plaisir en lisant ce roman que j’aime tant ! 

– Pause mon chat, je suis au bout de ma vie, je viens de rater mon changement pour Barcelone et les agents de la SNCF se foutent de ma gueule au lieu de m’aider à trouver une solution. Je crois que je suis au bord de la crise de nerfs et le mot est faible. Rien que de penser à comment je vais l’expliquer à mes parents j’ai envie de sauter sur les rails. 

– OK. Respire. 1, 2, 3. Écarte toi des rails surtout, pas de faux mouvements, et va au Relay te prendre des Dragibus, des popcorns et des Pépitos. Aujourd’hui, c’est permis. Tout est permis, sauf de mourir. 

– Non je ne peux pas mon chat, j’ai une grosse valise bleue de 1,50m de hauteur, une mini valise rose où j’ai tous mes livres à lire du mois, un sac à main avec mon ordi, mes cours, mes billets de train que j’ai raté, un sac de voyage et mon clavier piano. Je trimballe tout ça seule avec moi donc chaque déplacement est un voyage de guerre. Les gens, au lieu de me proposer de l’aide, me dévisagent comme si je m’étais teint les cheveux en bleu et que j’avais des crottes de nez à la place du visage. Les français me dépassent, je t’assure. L’homme de ma vie sera madrilène et s’appellera Javier. J’ai hâte de me marier ! 

– Que fait-on de Benji Biolay ? 

– Écoute mon ange, Benji Biolay est encore fou d’amour de Chiara Panzani Mastroianni et je t’avouerais que mon seul rêve c’est d’être chanteuse, pas d’être la 7ème roue du carrosse. À 24 ans, c’est trop tôt ! Regarde son nouveau clip « Encore » qui vient de sortir sur Youtube. Tu comprendras de quoi je parle. Le mec est carrément en train de mimer ses ébats amoureux avec son ex-femme. Je n’ai aucune chance. 

– Ahahahahah !  Va pour Javier ! Ça me convient ! Alors pour ton train, que vas- tu faire ? 

– À part que je viens de perdre 150euros et que j’ai envie de me pendre, ça va. Résultat des courses, je vais prendre un bus de Lyon à Barcelone et ensuite le train en direction de Madrid. J’en ai pour littéralement 15h donc c’est un peu l’angoisse mais ça aurait pu être pire. Ce qui me déprime vraiment c’est que j’ai beau prendre en âge, je fais encore et toujours les mêmes erreurs, et je ne suis pas sûre de pouvoir vivre avec mon étourderie et mon inconséquence toute une vie entière. Je ne me supporte plus. 

– Ok honeymoon, prends un livre sympa et ludique et respire. Ça va aller. 

– Okok, t’as raison, a tutti mon ange. Et Merci. 

Dimanche 28 Janvier, 19h30

Bonsoir doux Bookiners. J’espère que votre dimanche était plus relaxant que le mien. Les montagnes russes indésirables, ça a ce quelque chose de pénible tout de même. Je viens tout juste de finir un roman léger et agréable comme une série. Vous souligner qu’il m’a apaisée lorsque j’étais sur les rivages de la syncope n’est pas peu dire. Ce roman que je vous présente sous peu n’est pas un grand roman de littérature avec des phrases envolées qui côtoient le sublime. Cependant, il fait sourire, il ravive l’enfant qui est en nous, et allume quelques étoiles dans le ventre. De douceur. Un peu comme un soap opéra qu’on regarde goulûment avec des popcorns et de l’excitation. Voilà. Il est comme ça ce Comment papa est devenu danseuse étoile, pétillant et rocambolesque comme l’enfance!  Et pour moi qui ne veut pas grandir, c’est une aubaine !  Si vous désirez déjà faire voler ce roman jusqu’à chez vous cliquez sur la couverture du livre juste en-dessous et vous pourrez le commander aussi rapidement que l’éclair. 

Bon. Venons-en aux maux ! Mais avant, Tada :

Take the A Train – Duke Ellington

Bookiners qui vous sentez seuls et/ou en mal de tendresse direction les Minchielli ! Dans cette famille au caractère bien trempé, vous peuplerez votre solitude de visages et d’histoires dont vous vous sentirez proches, entre la belle adolescente de 15 ans, Sarah qui dialogue avec ses écouteurs, le petit Paul de 13 ans qui vous regardera avec curiosité et tendresse, et puis la mère, au bord des nerfs, et puis le père, au bord du gouffre, et puis la grand-mère bavarde, nostalgique, solaire et incisive, et puis la vie qui se déroulera devant vous comme un parchemin de jolies péripéties. Oui, vous ne serez plus seul(e) car vous trouverez chez les Minchielli, une famille adoptive. Celle qu’on aime de tout son cœur et qui nous excède parfois un peu, justement parce qu’on l’aime. Et dans cette famille franco-italo-russe dans laquelle ce roman vous fera atterrir, la tendresse, vous l’aurez à toutes les sauces, de toutes les couleurs et de chaque hémisphère. Profitez, cela durera 216 pages ! Bon, je vous les présente ?

Dans la famille Minchielli, voici le petit Paul, narrateur adorable et attendrissant de 13 ans. Il vous accompagnera dans les sillons de toute sa drôle de famille avec toute la bienveillance et l’esprit dont il sait faire preuve. Paul, c’est un garçon déroutant, il a trois passions saisissantes : il adore compter, les arrêts de métro, ses pas dans la rue, l’écart entre les passages piétons, les boutons de chemises ; il est fou d’échecs auxquels il joue seul ou accompagné, puis enfin, il note tout : les visages, les mouvements, les sentiments, la vie. Sinon, il adore sa grand-mère, Maria. Une ancienne danseuse étoile russe du Bolchoï qui a tout quitté par amour pour un danseur étoile italien, Luigi Minchielli. Luigi qui s’enfuira lorsqu’il apprendra qu’elle est enceinte de leur fils. Luigi qu’elle aimera à la folie. Luigi dont elle a conservé tous les souvenirs, tout le bonheur. Luigi dont elle parle sans arrêt pour tuer son absence, tuer son aigreur et ne garder que le soleil de leur amour et l’espoir de son retour. Et puis Lucien, le fils qui a grandi sans père, Lucien qui n’a pensé qu’à ça avoir un vrai père, qui s’endormait en priant qu’il revienne, qui s’endormait vite comme l’éclair pour se retrouver avec lui dans les sillages de ses rêves. Lucien dont la maman ressassait l’existence et l’amour d’un père absent. Lucien et sa béance, orphelin d’un père qui a choisi de partir. Je vous laisse lire les mots de Lucien à son père, je vous laisse sa parole exprimer sa douleur, et peut-être un peu de la vôtre : 

« Toute ma vie papa, toute ma vie j’ai rêvé de te retrouver. Je n’ai pensé qu’à ça. Jour et nuit. Et quand j’étais petit, maman me lisait une histoire le soir, et moi, je n’avais qu’une hâte, c’était de m’endormir vite, vite, vite, et d’être avec toi, dans mes rêves. Et puis le matin, je me réveillais et j’étais toujours seul. Seul.»

Il y en a d’autres des personnages, des caractères survoltés de votre nouvelle famille mais je vous laisse les découvrir patiemment. Et les chérir d’avance. 

Mais voilà, que fait-on quand sa famille est mutilée? Quand son père décide de partir en Argentine pour vivre un amour frivole sans penser à ceux qui restent désemparés et détruits ? 

Bookiners pour qui la famille est une sacrée galère et un grand bordel, je vous laisse faire connaissance avec une autre famille qui vous ressemblera de près ou de loin, et qui vous fera comprendre, puis accepter les mystères, les silences et les mensonges de la vôtre. On ne sait jamais tout d’une personne. On ne sait jamais tout d’un départ, d’une pulsion, d’une tragédie. Et c’est peut-être pour ça, que votre étrange famille, il faut accepter de ne pas la comprendre intégralement, pour la comprendre enfin. Vous savez, c’est comme lorsque l’on se trouve face à un tableau désordonné, dont on accepte l’apparente inconsistance. Et que, par cette acceptation, au delà de la résignation et bien plus proche de la résilience, on finit enfin par comprendre ce tableau, son bordel, son trop-plein et ses non-dits car on les fait siens. Et c’est alors qu’on pardonne, car on accepte enfin l’inacceptable et l’inéluctable, l’inexplicable, le côté « tiens, prends ça dans ta gueule » de la vie. 

Alors, Bookiners pour qui pardonner est une drôle d’injonction, essayez d’accepter davantage de ne pas tout comprendre mais d’accepter quand même. Faites-le au moins pour vous seul. Il faut être égoïste parfois, pour avancer. 

Je ne vous dévoile pas tout alors je me tais bientôt, mais avant ça, je voulais vous dire que Lucien, vous savez le père de Paul et Sarah, et bien Lucien se retrouve au chômage du jour au lendemain. Licencié d’une société d’imprimerie dans laquelle il a gravi les échelons pas à pas. Et puis un jour, plus rien. Néant. Carton. Lettre d’Adieu. Silence. 1 an, 3 mois et 18 jours allongé devant la télé, avachi comme un coussin dégonflé, Lucien est immobile et apathique. Une larve paternelle. Et puis un jour, il décide, comme ça, pour rien – ou plutôt pour tout, mais je me tais – il décide de ressusciter et d’aller courir, tous les matins, comme un forcené. Puis il décide se mettre à la danse classique. Il décide de réaliser son rêve, celui de l’enfant qui a attendu toute sa vie, ou bien celui de l’adulte qui décide de reprendre les rennes de son héritage génétique et d’honorer enfin et son père et sa mère, en dansant comme une étoile. Vous savez enfin le pourquoi du comment de ce titre fantasque. 

Je m’en vais, en vous précisant enfin, Bookiners que ce roman vous fera sourire, oui, vous, Bookiners avares en contorsions buccales et en doux rires tendres, car il a ce quelque chose de cocasse et rocambolesque. Et j’ai souri comme une enfant, avec mes trois valises, mes Haribos, mes popcorns et mon piano, dans la gare de Lyon Perrache sur une chaise caca d’oie, en face des toilettes et des portes courant-d’air au froid indécent. Et j’ai souri et j’allais mieux. Et vous aussi, vous irez mieux. Et c’est comme ça, et c’est tant mieux. Et je m’en vais pour de bon. Mon bus pour Barcelone vient d’arriver, il est 21h15 piles et j’ai 15h de trajet qui m’attendent, mais je suis vivante, et vous aussi. 

Allez, dansons !

Doux baisers des étoiles, 

PS : si vous désirez commander ce joli roman feel good, go ahead, c’est juste en dessous ! Hourra ! 

 

Les déraisons | Odile d’Oultremont

Les déraisons | Odile d’Oultremont

Mercredi 17 janvier 2018, 17h29

émoticône dialogue texto sms– Bébé !! On se voit toujours demain ? 

– Hi my love, au moment même où je te parle, je suis en train de me sculpter un corps de rêve, les anges de Victoria Secret pourront aller se rhabiller. J’ai commencé le meilleur programme sportif ever. 

– Tout doux bijou, tu sais que je fais du yoga et du renforcement musculaire tous les jours depuis six mois, et mes cuisses ne ressemblent toujours pas à celles d’Adriana Lima. 

– D’accord d’accord mais… que manges-tu à côté ? 

– …

– Hahahahahah je meurs !!! Ton silence m’inquiète et m’exalte !! Tu sais qu’en vrai je t’aimerais peut-être un peu moins si tu étais aussi sculpturale qu’ Heidi Klum !  D’ailleurs, je suis sûre que tu ne serais pas la même nana. Déjà si tu n’aimais pas le fromage tu ne serais pas aussi drôle !

– Je te rappelle que ce n’est pas moi qui aime le fromage mais le fromage qui est amoureux de moi et qui se retrouve toujours pas mégarde dans mon assiette en quantité industrielle. 

– Aahahahahahah, oui oui bien sûr, sorry honey (Bookiners, acquiescez sagement et tout se passera bien). By the way I’m so excited je viens de voir que mon amoureux Olivier Bourdeaut venait de sortir un nouveau bouquin !!!!!!

– Hahaha incroyable que tu me dises ça, je l’ai justement acheté pour te l’offrir mais… entre temps on m’a demandé d’en faire un papier donc je dois le lire avant. Promis je te le file dès que j’ai fini !!

– …

– Non mais attends tu vas être trop trop heureuse. 

– Je vois pas comment je pourrais être heureuse sans Olivier dans ma vie, là, maintenant. Mais parle, je t’écoute.

– Figure-toi que j’ai découvert la version féminine d’Olivier Bourdeaut !! Même poésie, même teinte de folie furieusement joyeuse, même air de Boris Vian et son Écume des jours, même histoire délirante et bouleversante.

– Whaaat ?? Qui est cette escroc ? Qui ose pomper le génie d’Olivier ? Comment s’appelle-t-elle ? Olivia Bourde ? Attends je vais voir sur Google.

– Hahahaha calm down honey. De un, ce n’est pas une escroc mais, comme Olivier Bourdeaut, une amoureuse de la langue française qui fait parler son génie créatif. Si tu me lisais mieux, tu verrais que ce n’est en rien une copie de Bojangles (mais alors vraiment en rien), mais qu’elle et lui partagent simplement le même talent de faire rêver, sourire et pleurer ses lecteurs. De deux, elle ne s’appelle pas Olivia Bourde mais … Odile d’Oultremont. Ne rie pas, petit démon. J’ai aussi cru qu’elle sortait tout droit du début du XXème siècle, qu’elle était la grand-mère de ma grand-mère, avec un pull over à la couleur douteuse en laine qui pique. Sauf qu’en lisant ses lignes, j’ai vite compris que l’auteur de ces mots ne pouvait pas dépasser l’âge de ma mère. J’ai donc naturellement googlé son nom pour voir le visage de cet être diabolique qui me privait de toute vie sociale et qui méprisait l’équilibre de mon couple et là… Choc sensationnel. Odile d’Oultremont est tout simplement la plus belle femme que cette terre n’ait jamais porté. Tu ries encore ? Tu ne me crois pas ? Alors tape « Odile d’Oultremont » dans ton Google Image et reviens vers moi. Vas-y, je t’attends. 

– Holly fuckin shit !!!!!! You’re right !! Le délire de la beauté !! Mieux que les anges de Victoria Secret !! 

– I knooooow c’est crazy !! Bon ben tu vois, cet avion de chasse, c’est un peu la nana que tout le monde rêverait d’être, tu sais le même délire qu’Alicia Keys : la meuf est sublime et bourrée de talents presque divins. 

– Arrête. 

– Je te jure !! J’ai lu plus d’une vingtaine de bouquins de la rentrée littéraire de janvier pour le boulot là,  et personne (je répète personne) ne lui arrive à la cheville. Énorme coup de coeur. Je crois que ce bouquin est le signe que 2018 va être une année formidable. 

– En même temps ça ne pourra pas être pire que ton année 2017 hahahaha #sorrynotsorry. Non en vrai raconte ? J’ai déjà envie de le lire, je le commande ? So excited !! Bookiners vous êtes prêts ? Vous sautillez d’impatience comme lorsque vous avez envie de faire pipi ? Okay lets go !

Bon déjà, pour les impatients comme Tat, pour ceux qui me font déjà confiance sur le caractère pépitiesque de ce livre, vous pouvez déjà commander Les déraisons en cliquant sur ce lien: 

Les Déraisons

Pour les autres, cliquez sur cette musique de Debussy et lisez tranquillement l’article pour vous convaincre que vous avez besoin de ce livre dans votre vie. 

Petit nègre – Debussy 

Il est de ces livres qui vous rendent baba. Vous savez, ce livre que vous auriez pu écrire, mais en fait non parce que le talent de l’écrivain vous dépasse d’à peu près 35 000 km. Vous voyez, ce livre qui raisonne tellement en vous que vous avez presque l’impression de l’avoir déjà lu, comme si le roman s’adressait au petit enfant qui sommeille en vous. Bon, eh ben ce livre pour moi (il résonnera de la même manière chez vous j’en suis sûre), c’est le premier roman d’Odile d’Oultremont, Les Déraisons. Déraisonnablement joyeux, déraisonnablement inventif, déraisonnablement bouleversant aussi. 

J’appelle les Bookiners qui ne croient plus en amour et en la tendresse. Préparez-vous à être éblouis. Vous allez découvrir ou renouer avec l’amour fou, littéral, sans limite et extraordinaire, d’Adrien, employé d’une grosse entreprise, pour sa femme Louise, étourdissante de gaieté. Un exemple ? 

« Tant qu’elle se trouvait aux commandes de son bateau ivre, il pouvait s’abreuver à sa folie, se l’injecter par shoot quotidien : Adrien Bergen était le junkie de sa femme. » 

Ah oui car il faut que vous sachiez que Louise est délicieusement folle. 

« Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle avait des mains dans son cerveau, de l’esprit dans ses mains, elle travaillait à plusieurs, on aurait dit un orchestre-labeur, quelque chose comme un quatuor artistique. » 

Ne vous méprenez pas Bookiners, je crois que la folie n’est désignée que par ceux qui s’ennuient dans ce bas monde. Autrement dit, je préfère être folle comme Louise et m’inventer des histoires pour chaque molécule de ma vie plutôt que de donner des leçons de vie à ceux qui n’ont rien demandé. Vous savez ce que disait Simone de Beauvoir? (Je le sais car c’est l’épigraphe du livre):

« J’accepte la grande aventure d’être moi. »

Voilà. C’est le sublime pari de Louise que vous aurez envie de relever à la lecture de ce livre. Pourquoi ? Parce que vous allez adorer Louise qui : 

«  désaxe la réalité pour illuminer l’ordinaire ». 

Vous avez bien lu Bookiners ? Désaxer la réalité. Whaou. Rien que ça. Ce livre est la promesse d’un ailleurs, d’un autrement. Pourquoi est-ce magistral ? Parce que le temps d’un peu plus de 200 pages, vous laisserez vous-mêmes échapper le monde qui vous échappe. Et rien n’a égal à mes yeux que la littérature qui vous défie de vous extraire puissamment de votre quotidien. Avec ses mots en dentelle, Odile réussit le pari haut la main. 

L’amour fou d’Adrien et Louise se décuple encore lorsqu’on découvre une tumeur dans le poumon de la jeune femme. Adrien, placardisé au bureau par sa hiérarchie, décide de tout plaquer pour s’occuper de celle qui donne du sens à sa vie. Comme des enfants heureux, main dans la main dans leur univers fou de joie, un sourire indélébile collés aux lèvres, ils en sont sûrs : la mort ne passera pas par eux. 

« Adrien était le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste, dont il était le seul soldat. » 

Alors même quand Louise doit subir des traitements lourds, même quand elle perd ses cheveux, Louise sourit à la vie. Parce que la seule raison de vivre est d’être heureux. Parce que ça ne sert à rien d’être triste. Parce qu’il vaut mieux être amoureux, même si on est parfois incompris. 

« C’est pour Adrien que je peins. Parfois, il ne comprend rien mais c’est normal, vous me direz, l’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. » 

Je vous laisse apprécier la poésie de la prose d’Odile d’Oultremont, et je continue à vous raconter le livre. Bookiners qui ne croyez plus en l’amour et en la tendresse, vous êtes toujours là ? Parfait. J’appelle en plus les Bookiners qui ne rient plus mais qui aimeraient se tordre à avoir mal au ventre. Ne faites pas la tronche, souriez d’avance, faites-moi confiance. Tout le monde est là ? Ah non ! Vous au fond, Bookiners qui avez perdu un être cher, venez ici aussi, ne vous inquiétez pas ça va aller. Voilà, tout doux. Let’s go ! 

Il faut que je vous dise que plusieurs chapitres (y compris le premier donc je ne vous prive d’aucune surprise) concernent un Adrien seul qui assiste à son propre procès. Souvent, il regarde sa Louise montée au ciel et rit en imaginant ses réactions. Adrien est accusé de ne pas s’être présenté au travail pendant… un an (oui rappelez-vous, il a déserté pour s’occuper de son amour). Le problème, c’est que personne ne s’est aperçu de son absence pendant tout ce temps. Avec un juge bien frappé et un Adrien plein de celle qui l’a quitté, les scènes du procès vous emmènent dans un délicieux voyage en absurdie. Non, ne sortez pas vos mouchoirs, souriez et réjouissez-vous de voir un couple si lié même après le grand voyage :

« – Qu’avez-vous fait pendant un an si vous n’alliez plus au bureau, monsieur Bergen? 

– Oh.

Cette question met Adrien en joie.

– Nous dansions, ma femme et moi, monsieur le juge.

– Vous dansiez? Vous avez dansé pendant un an?!

– Quand elle en avait la force physique, acquiesce Adrien.

– Et c’est pour cette raison que vous avez renoncé à aller travailler? 

– Vous en connaissez une meilleure? » 

Eh oui, ne me dites pas que je ne vous avais pas prévenu ! Dans ce couple où le chat s’appelle… Le Chat, dans leur monde joyeusement renversé, chamboulé, inversé, la joie et le rire s’infiltrent partout, méfiez-vous ils vous infiltreront aussi : même dans les drames, même dans les souffrances, même dans la maladie, vous apprendrez grâce à Louise que la flamme, l’âme qui vous a quitté et qui sourit au fond de vous ne s’éteint jamais vraiment, il suffit de la regarder de plus près, de la titiller, de jouer un peu avec elle, regardez, elle est là : 

« Adrien se prit à croire aux miracles et à tous ses synonymes. Mais, en reprenant contact avec la lumière, lui vient en conscience la plus véhémente des réalités. Elle était là, répandue, sous ses yeux : Louise, profusément inanimée, qui lui hurlait l’éternité.

– Tu dors ? 

– Non, c’est la mort.

– Ah, d’accord. »  

Oui Bookiners, ce roman est bouleversant de poésie, de justesse, et d’infini. Il vous transcendera car il vous autorisera à faire la nique à la réalité d’un monde qui vous ennuie. Odile d’Oultremont aborde la maladie et la mort avec des kilos de tendresse, une pincée d’humour, et des poignées de joie. Elle saupoudre le tragique de fantaisie, et le résultat est magistral. Ce livre vous enverra dire bonjour aux étoiles, aux vôtres ou aux autres. Vous passerez aussi saluer votre coeur qui n’ose pas, qui n’ose plus mais qui voudrait. Vous embrasserez le petit enfant qui sommeille en vous et qui vous prie de l’écouter un peu plus. Ce livre vous fera vivre mieux, plus grand, plus vous. 

Je vous laisse sur ces mots, et vous envoie des baisers cosmiques. 

« Il observa sa Louise, rassérénée par l’air pur de la bonbonne. Il avait le vertige. Il se vit perché, avec elle, au sommet d’un sommet, au bord de la première vue du monde qui n’est rien d’autre que la dernière et, alors, en une preuve d’amour absolu, lui offrit de la laisser s’en aller, seule face à l’immensité, de la rendre à son état premier, la solitude. Et de lui signifier ainsi sa confiance infinie. » 

 

 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'HéloïsePsssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !

Ma mère avait raison | Alexandre Jardin

Ma mère avait raison | Alexandre Jardin

Lundi 8 Janvier 2018, 10h du matin 

émoticône dialogue texto sms– Honey, j’ai rêvé de toi cette nuit !! T’étais radieuse et amoureuse !

– Ah ouais ? Mais de qui ? D’Alex Jard, de Benjamin Biolay ou de Grégoire Delacourt ? 

– Un peu des trois ! Ahaha ! Non, je plaisante ! Je ne suis plus certaine de mon rêve mais tu étais heureuse comme une étoile. Peut-être que t’étais enfin chanteuse. Oui, c’est ça, tu vendais pleins de disques ! 

– OMG. Stop ! Best dream EVER. Bon pour tout te dire, hier soir, j’ai passé ma soirée à faire des chocapics ! C’était dingo, Pénélope est ravie, je te jure, c’est limite si elle ne ferait pas une virée shopping pour l’occasion. Chop chop ! Body Minute, je reviens !

– Hahahah ! Tu me tues ! Bookiners, en langage décrypté ça veut dire que Tatiana s’est adonné au sport de chambre. Je les sens d’ici tes hormones. #serotonineetoestrogènes, enchantée ! D’ailleurs, Bookiners, pour ceux qui ne sont pas encore aux faits des nombreuses lubies de Tat, « Pénélope » est le nom de baptême de son vagin. N’en parlons plus. J’ajouterai simplement que j’ai participé à ce baptême haut en couleurs et qu’il y a avait même une cérémonie avec du Nutella et d’autres sucreries faibles en calories. C’était davantage un baptème culinaire qu’un baptème religieux, mais on a quand même remercié Dieu à la fin. Car sans lui, je n’aurais peut-être pas eu la même meilleure amie. Et alors j’aurais moins ri ! 

– Hélo, tu serais gentille de ne pas me faire passer pour une détraquée devant nos Bookiners, ou du moins, pas si vite! Après, ils ne suivront plus mes conseils. Bookiners, je vous jure que tout est presque faux.  

– Ah pardon. Oui oui, t’as raison. Solennellement, je vous avoue, Bookiners, que j’ai menti. Enfin, non, pas vraiment, mais tout ne s’est pas exactement passé comme ça. Enfin pas dans cet ordre. Enfin j’en sais rien, c’est de la faute à Cardinal Seroplex, mon antidépresseur, il me joue souvent des tours, peut-être. 

– Vite fait le camouflage, mais enfin bon, ça ira pour aujourd’hui. 

– En parlant d’Alexandre Jardin (Tat l’appelle Alex Jar. En ce moment, je vous préviens, elle coupe tous les mots) tu écris quand la revue de son doux bijou d’audace « Ma mère avait raison » ? 

– Hmm, comment te dire. Pour MMAR, je ne suis pas sereine. Ça fait 25 jours que je retarde l’échéance, mais je m’étais dit que TODAY was the day, parce que nos Bookiners doivent avoir ce roman-caractère, ce roman-vital entre leurs mains pour démarrer 2018 avec Panache, à cœurs ouverts, à cœurs brûlants ! 

– Mais alors GO !! Qu’attends-tu ? 

– Toucher le soleil du bout des doigts, ça brûle mon ange, c’est comme se confronter à la vérité : ça fout le bordel dans notre nid douillet d’ignorance et de semi-sommeil. 

–  ? 

– Ce que je voulais dire autour de mon analogie douteuse, c’est qu’il est bien mignon Alex Jar avec sa gueule d’ange mal réveillé de nous emmener sur les cimes de la vie, par delà les peurs, par dessus les marées, par dedans les abîmes, dans tous leurs recoins et sur tous leurs sillons ; sans nous prévenir que c’est un aller sans retour vers l’imprudence et l’impossible : vers la vie vertige qui vibre et brûle comme un soleil. Lire Fanou Sauvage c’est ne plus jamais se rassasier de vivre et d’aimer. Comme un impératif moral et catégorique. Déjà que j’ai toujours faim… ça ne va pas s’arranger cette histoire.  Et puis, si tu veux que je te dise la vérité vraie, Fanou ressemble étrangement à maman, et de la même façon, je me sens assez proche de la personnalité d’Alexandre. Tu sais sa joie d’enfant, son côté émerveillé voire illuminé. Et puis ce vorace de vivre, de tout vivre, de tout palper. C’est très troublant cette histoire. Attends, je te montre : « Fanou, ta passion pour moi ne s’est jamais traduite par une affection inconditionnelle mais a pris la forme la plus élevée, celle de l’exigence ».  

– Ahahahahaha ! Ah oui. Je comprends. C’est vrai qu’on dirait Yvette, Fanou. Et puis t’as raison, avec MMAR, j’ai eu les mêmes effrois. Vivre plus grand que soi ce n’est pas rassurant. 

– Mais en même temps, ne pas vivre fou et ne pas aimer follement, c’est comme un outrage. Une faute impardonnable. C’est bien là le pire, c’est que ce qu’il dit est tellement vrai, l’Alexandre, il a raison ! Enfin, pas lui, sa mère, Fanou Sauvage. Enfin, les deux !

– #PREACH

– Ça me donne envie de prendre des lances et de crier à tue-tête jusqu’à la nuit des temps, « j’irai au bout de mes Rêves, vivrai au bout de ma Vie, aimerai plus loin que l’Amour. »  Oh mon dieu, vertiges encore. 

– Ahahahaha ! Ma schizo d’amour. Ok. J’arrive avec les lances. En avant, marche ! On ne se dérobe plus. Fini les excuses. Prenons la vie d’assaut avec Fanou Sauvage, je te suis ! 

– Bookiners, Venez ! Prenons la vie par ses cornes et le cœur par son pouls. Tadam Tadam. Ready ? Steady ? Go.

Jeudi 11 Janvier, 2018, 15h30

Avant de vous assaillir avec ma logorrhée enivrée sur « MMAR », tenez, cadeau musical !  

Bolero – Maurice Ravel 

Je trouve qu’il ressemble à Fanou ce morceau de Ravel, il est enlevé, précis, impétueux comme une marche nuptiale et militaire, et il virevolte, il virevolte au dessus de la vie, parce qu’il la prend dans ses bras. Comme Fanou je crois. 

Si vous savez compter Bookiners, vous calculerez que cela fait 29 jours exactement que je retarde l’écriture de la revue de ce roman-d’amour-et-d’audace d’Alexandre Jardin. On se dérobe souvent face à l’impossible. Mais j’ai décidé de grandir, je viens de faire les soldes de sous-vêtements étoiles et de chaussettes à paillettes : je me sens comme neuve. Prête à vous décortiquer Fanou, la muse incisive exigeante et polyhandre et la mère-mentor qu’Alex Jard nous prête le temps d’un roman, et, dès lors, le temps de notre vie à tous. Il va sûrement falloir que vous en fassiez votre livre de chevet, car il –le roman- et elle –notre Fanou- vaccinent contre la peur de vivre, dès la première page. 

J’appelle nos Bookiners en mal de voyage et en manque de sous, chaussez les souliers qui vous font du bien, et mettez vous tout nus, nous partons en vadrouille ! Ah. Je vous entends déjà penser tout bas « nous sommes le 11 Janvier, Noël a dilapidé votre compte en banque, les soldes vous font la danse du ventre pour que vous leur succombiez et les vacances au ski s’annoncent à grands pas, pistes bleues, rouges, noires et quelques bières-frites en haut des pistes, mais vous n’avez plus d’argent. Et moi, gentille comme une fleur, je vous propose de vous foutre à poil, et de partir en voyage.» Et ? Frileux comme vous êtes vous me répondez que si c’est trop cher, on ne pourra pas faire affaire. Et là je m’exalte de rire. Doux Bookiners, vous êtes mignons. Dans ce voyage, il n’y aura rien à débourser, si ce n’est, le prix d’un beau roman. Mais c’est tout. Pas de fausses surprises.

Oui, je vous emmène au bout de vous-mêmes, sur l’autre versant de votre être, celui qui ose grand, celui qui vit bruyant dans les vacarmes du vent et s’initie à l’impossible. Je vous invite à voyager au cœur de vos entrailles, afin de vous éclore et vous déployer comme les fleurs extraordinaires que vous êtes. Voilà, c’est dit ! 

Ce séjour en vous-même sera l’opportunité de vous connaître, d’identifier qui vous êtes, dans vos contradictions et vos discordances. Dans vos failles et vos fêlures. Vous êtes, nous sommes, des êtres pluriels et polymorphes, et Fanou, relayée par Alexandre, nous le rappellent et le répètent pour mieux nous le faire entendre car : 

« On ne trouve son âme qu’en ne fréquentant assidûment ses failles » 

 Et vous verrez, vous saurez après cette introspection qu’

« Il est déraisonnable de ne pas être soi, sinon l’existence n’est plus qu’un rendez-vous raté avec soi.»

Oui, vous verrez, vous saurez après ce voyage détonnant que 

« Vivre ce n’est pas finir de naître. »

« Ce n’est pas bégayer sans cesse qui l’on croit être, c’est devenir qui l’on est. » 

Je crois qu’avant de voyager en d’autres et vers d’autres contrées, il faut d’abord voyager en soi, s’explorer pour s’assumer, et devenir qui l’on est. S’explorer pour : 

« Ne plus jamais être apeurés d’être. »

Tous ces mantras d’une impitoyable exigence et d’une implacable justesse, Alexandre les a hérité de sa mère-mentor Fanou, et s’il nous la prête, c’est qu’il nous aime assez pour nous la partager. S’il nous la prête, c’est qu’il l’a assez écoutée et comprise pour appliquer l’une de ses convictions les plus intimes qu’aimer n’est pas posséder. 

Alors voilà Bookiners, vous venez tout juste de gagner un Mentor de choc, allumée de beauté, chatoyante, solaire et folle comme on aime. « Une affamée de vertiges » et de questions, impétueuse, tempêtueuse, impérieuse et silencieuse. Et quand elle ne vous sonde pas du regard, elle effrite vos certitudes, avec des mots justes et lapidaires, et quelques actes qui prennent un sens inouï pour ceux qui se mettent à son diapason.

Parler de Fanou me donne la boule au cœur et les larmes au ventre. Alexandre vous transmettra son amour immense pour sa mère et son admiration sans bornes, légitime. Vous aimerez Fanou comme si c’était la vôtre, et vous rendrez grâce au ciel d’avoir eu la chance de croiser sa route à l’ombre de ces pages écrites par son fils. 

Avec Fanou, vous rirez, avec Fanou, vous apprendrez à 

« Ne plus vivotez sur un demi-poumon. »

Elle vous demandera d’être plus haut que vous mêmes, de transcender vos petites existences et votre petitesse pour vous initier à l’impossible. Et vous l’écouterez palpitant d’admiration et transi de vertiges. Et ensuite, vous la remercierez chaleureusement, car avec elle, vous aurez toujours à cœur d’être :

« Au maximum de votre possibilité d’être. »

Oui, oui, je suis bien en train de dire ce que je vous dis, vous risquez tranquillement de devenir un zèbre Jardin ou un zèbre Sauvage. 

Fanou vous apprendra aussi, dans le plus grand des calmes, à vous faufiler d’entre les mains de violeurs fous. Elle vous expliquera

« qu’un jour, dans un parking parisien, un homme a surgi pour la violer avec entrain. Elle l’a arrêté d’une phrase sèche en disant : – Nous n’allons pas faire ça ici, debout, dans le froid. Nous serons mieux chez moi dans un lit. Allez, venez. Puis le violeur s’est laissé emmené en pleine rue, avant que Fanou ne hurle à tue-tête et que le violeur ne décampe.»

Elle brûlera peut-être vos manuscrits si elle pense qu’ils n’émanent pas de vous-même, de votre essence propre. Enfin, elle balancera à la poubelle vos réticences, vos peurs, votre idée de la mesure, votre tendance à la médiocrité, votre sagesse, la frousse et les jugements, afin de vous donner accès à vos abîmes et de prendre vos folies autour de votre cou le temps d’une valse éternelle avec la vie et l’amour.

« Il faut aimer à tout prix, vous dira-t-elle, car c’est la seule chose belle et véritable.» 

Alors vous aimerez. A la folie. Passionnément. 

Il va sans dire qu’avoir Fanou comme Mentor, c’est quelque chose, mais alors, l’avoir en mère, ça déménage. Et si, exister intégralement était se passer de justifications ? Et si, se passer de justifications était une invitation impérieuse à aimer sans concession, à accepter l’autre sans questions ? 

Bookiners pour qui la famille est une galère sans fin, je crois qu’Alexandre a trouvé la solution à vos turpitudes familiales. L’entière acceptation. Fanou est comme ça, et c’est « comme ça » que son fils l’accepte, avec ses failles et ses fêlures, ses folies et son fiel, ses multiples vies et sa violence. Parce que par delà tout-ça, il y a l’amour indélébile, celui qui accepte totalement. Comme diraient nos amis insulaires de l’autre côté de la Manche : JUST EMBRACE IT. En lisant cette Ode à Fanou vous verrez qu’on survit de la folie de ses parents. Pire : on en redemande ! Alors vivez-les, acceptez-les, aimez-les tant qu’ils sont vivants. 

Si je vous disais que c’est l’un des romans d’amour les plus touchants et les plus tendres que j’ai lu, Bookiners, vous ne me croirez pas. Alors lisez-le, lisez-le et vous surprendrez la tendresse se glisser sous vos draps, et vos cœurs, sanglotant d’amour. Dans ce roman, Alexandre redevient l’enfant qui ne l’a jamais quitté. Il caresse de ses petites mains les souvenirs qui l’habitent, les douleurs qui l’ont remué, et les moments multicolores passés aux côtés de Fanou. C’est une lettre d’amour et une lettre d’adieu, comme si célébrer sa maman avant qu’elle ne s’éteigne signifiait la raviver à jamais dans son cœur, et celui de tous les autres, nous autres. J’espère que vous êtes prêts à vaciller, Alex Jar a surpassé Jacques Brel en une phrase :  

« Puisque tu pars, je ne te quitte pas. »

Ça, c’est fait. 

De toute façon Fanou restera vivante pour toujours car il « y a quelque chose de l’éternité dans son présent » dans ses conseils, dans sa sagesse. Et puis, et ce n’est pas moi qui le dit, 

« Les existences qui ont fait grand bruit ne s’éteignent pas dans le silence des cimetières. » 

Je m’en vais pleurer un coup car je suis encore un peu bouleversée par ce roman alors que je l’ai lu il y a 2 mois, et  je vous assure que je ne suis pas une madeleine. Je n’ai presque pas pleuré devant « Titanic ». Parole de Peanut !

Avant de m’en aller sur les cimes de mon être – car oui, je suis les conseils que je vous donne Bookiners, surtout en Janvier je voulais simplement dire au Bookiners qui ne croient plus en l’amour qu’il va falloir vous arranger pour y croire encore. Ceux qui vous ont déçu sont ceux qui étaient indignes de votre amour, ce n’est pas l’Amour qui est indigne d’être vécu, car il n’y a rien de plus beau, de plus fou, de plus vivant que l’Amour. Et comme ce qui est beau, fou et vivant, il n’y a rien de plus méconnu, simplifié, galvaudé que l’Amour. Fanou en bonne mentore qu’elle est, vous remettra les pendules à l’heure sur ce qu’est l’Amour en capitales. 

Je reste au chaud dans mes larmes et je vous encourage à prendre un vol vers votre moi intérieur avec dans votre poche Ma mère avait raison, ce bijou de tendresse, de justesse, d’audace et d’amour ; ce compagnon de vie. 

Vivons grands, Soyons Grandioses, et Aimons à bout de souffle car la vie ne mérite rien de moins. Attention, Fanou vous, nous regarde en silence. Allez, Oust, « Fini les temps timides » ! 

Baisers brûlants, 

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Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Le jour où j’ai appris à vivre | Laurent Gounelle

Vendredi 29 décembre, 23h30, dans mon lit, en train de regarder la 127ème interview de Benjamin Biolay, dont je suis folle amoureuse, mais je vous en parlerai davantage plus tard Bookiners.

émoticône dialogue texto sms– Hi mon Honey moon, tu fais quoi pour le Nouvel An ? 

– Hmmm, je devais aller à Londres avec Swann et Mathilde, mais j’ai pas l’envie en moi. Sortir, m’enivrer, courir vers des chimères, j’ai plus la force en ce moment. Entre les impératifs de Peanut Booker et la musique, j’ai besoin de me recentrer pour ne pas dérailler dans deux semaines quand je m’installe à Madrid.

– Oui mais c’est ton anniversaire mon cœur. T’as pas la tête à ça ?

– La tête à vieillir ? Pas trop et prendre un an de plus comme on prend une nouvelle gifle, merci mais non merci. J’adore être un enfant, et j’adorerais le rester pour toujours, mais les anniversaires m’en empêchent, ils sont là pour nous rappeler que le temps passe, que la vie n’attend pas, et qu’elle n’en a rien à foutre que tu préfères avoir 20 ans pour toujours. Elle t’en rajoute 4 ou 5 et tu dois fermer ta gueule de sotte insoumise. Parce que c’est inéluctable. 

– Ahahahahah. Mon ange, ne sois pas si remontée. Je t’assure que ça va aller, je serai à tes côtés jusqu’à ce qu’on perde toutes nos dents d’adultes. Et puis ne vois pas la vie comme une menace envers l’enfant que tu es, vois-la comme une promesse d’explorer l’enfant que tu es, de l’affirmer, de le contenter et voire même de le transcender. De lui faire vivre des choses qu’il n’avait pas imaginé avec ses yeux d’enfants. Je t’assure, change de regard, et respire. Tout va bien se passer. 

– J’espère vraiment que tu as raison. Et puis, aussi, dimanche, pour le Nouvel An, j’avais prévu d’être chez moi, assise sur le parquet, des talks de motivation sur les enceintes, avec des feuilles Canson et trois livres importants pour moi : L’Alchimiste, Le jour où j’ai appris à vivre et Miracle Morning. Ils me rappellent les essentiels. Ils me ressaisissent. Ensuite je voulais faire un visual board pour mettre en images tous mes objectifs de l’année concernant la musique et notre bébé Peanut. D’ailleurs, je peux te dire que je l’ai subi la grossesse de notre cacahuète : j’ai pris 15 kg cette année. Quand je pense que Céline Dion ne prend pas un gramme quand elle fait des babes. Ça me tue. 

– Ahahah, le rapport avec Céline ! En vrai, je te comprends totalement. C’est une sage décision de prendre du temps pour toi quand tu en ressens la nécessité et l’envie. Tu seras fière de toi et tu commenceras l’année sur des bases saines et déterminantes. Moi, je me rêve de solitude. De balades en forêts. De romans rassérénants. Et de silence. 15 jours non-stop avec ma famille que j’aime de tout mon cœur, c’est quand même assez hardcore. Je suis au bord de la crise d’hystérie. 

– Ahahahah. Yes. Mon ange, I feel your pain. Moi je marcherais bien toute nue dans la rue en ce moment. Je sens mon être étriqué par mes vêtements et par la mode, ça me tend. 

– Ahahahah. #lerapport ! J’aime tellement quand tu sautes du coq à l’âne. D’ailleurs t’as terminé Le jour où j’ai appris à vivre

– Of course my love ! Depuis 2 mois, j’avais simplement perdu les mots justes pour le commenter et le partager correctement avec nos Bookiners. Mais là, je me fais violence car c’est LE livre à lire pour commencer l’année sur des fondations sereines, intelligentes et surtout, essentielles ! 

– Parfait ! Alors nous t’écoutons ! J’ai hâte. Bookiners, approchez, Tat vous attend, elle a une jolie trouvaille à nous faire parvenir !!! Tututut, on ne traine pas les pieds, même si on a pris du bide à Noël !  

– Je m’exécute ! Mais avant ça Bookiners, sachez que dans ce roman, et dans beaucoup de romans de Gounelle, ce ne sont pas tant l’écriture ou les personnages romanesques qui touchent et nous secouent jusqu’à nous faire vibrer. Ce qui marque chez cet écrivain, c’est cette formidable intuition et connaissance de la vie, cette spiritualité, et cette façon de nous questionner et de nous ramener à l’essentiel. Et, avec la période des résolutions qui pointe le bout de son nez, je sais qu’il vous aidera à faire le tri, à prendre les bonnes décisions et apprendre – enfin ? – à vivre. Allez, GO ! 

Avant toutes choses beaux amours, je commencerai par vous faire un cadeau musical.  Il vous juste ce qu’il faut d’air frais, et ce sentiment intense de respirer la nature, couché sous un ciel bleu, bercé par les vagues en face d’un soleil tout sourire ! Voici pour vous notre Juju national qui nous chante Beyrouth, la plage et les songes. Voyage Voyage.

Beyrouth plage – Julien Doré 

La nouvelle année arrive à grands sabots Bookiners, et il commence à se faire le temps des introspections, des rétrospectives, des hauts et des bas, des actes manqués, des actes magnifiés, pour que 2018 soit, peut-être davantage, à votre diapason. Je vous écris ces lignes du bout de ma chambre, et du fond de mon âme, où que vous soyez car même de loin, même sous les cocotiers, il y a des nécessités non négociables pour votre bien-être.

Voyage dans l’espace. Nous atterrissons à San Francisco dans la vie de Jonathan. Il est expert en assurances. Il a monté sa boîte avec son épouse Angela – dont il vient tout juste de se séparer pour une douteuse histoire d’infidélité-, et son ami Michael. Il a une petite fille Chloé qu’il aime mais qu’il néglige car il s’imagine devoir gagner suffisamment d’argent pour la mettre à l’abri avant de profiter d’elle. Par moments, la vie de Jonathan est entrecoupée, en pointillés par le récit de celle d’Austin Fisher, LE joueur de tennis n°1 Mondial que les médias critiquent, caricaturent et redoutent tout à la fois. Nous sommes aux deux carrefours de la vie de ces deux hommes. Les intrigues et les personnages s’imbriquent et plusieurs évènements se chevauchent dans ce roman, donc je vais aller droit au but, droit au baume Bookiners. 

Certains Bookiners ont leur confiance égarée dans les bois, égarée si loin d’eux qu’ils s’imaginent qu’elle n’a jamais existée alors qu’elle s’est barrée aux Bahamas, aller-simple, un soir d’hiver et n’est plus jamais revenue. Mes amours, vous dire qu’il est temps de vous rabibocher avec elle est un lieu commun, vous dire comment, c’est mieux. Tout d’abord, sachez que vous n’êtes pas seuls. C’est difficile de s’aimer, et d’accepter tout en soi, même vos drôles de choses qui clochent, vos imperfections et vos névroses. Et ce, même si vous êtes au sommet de votre art. Jonathan, Austin Fisher, Ryan – le créateur de chroniques vidéos moqueuses « Minneapolis Chronicles », et le pâtissier du coin, Gary, ont le même vide en eux, la même béance qui traduit le manque de confiance qu’ils se portent individuellement. 

Dans la boîte qu’il a crée avec ses associés, Jonathan se compare sans cesse à Michael, son compère éloquent, sans états d’âme, à la verve séduisante et convaincante. Pour Michael, comme il l’explique à Jonathan et Angela, la peur est l’émotion principale, alliée du conseiller en assurances. Il faut la faire germer et grandir dans le regard du commerçant afin qu’il accepte n’importe qu’elle assurance, même celle qui protège de sinistres dérisoires. Michael est obnubilé par les ventes et ce, même si elles vont à l’encontre de l’éthique de son métier et de la raison d’être même de leur vocation à tous les 3. À cette course aux chiffres, Michael est le plus rapide, le plus performant, laissant à Jonathan l’envie de le dépasser à un jeu auquel il ne croit pas. Il commence à se comparer, se dévalorise, écume et énumère les qualités qu’il n’a pas. Il oublie ses singularités, la confiance en lui qu’il avait se dilue, se dissout et s’évapore quelque part dans les sillages de la mer de Big Sur. Alors, 

« À défaut d’être heureux Jonathan est occupé.»

Parfois, on s’imagine que seuls ceux qui ratent perdent confiance. Je vous avouerais que je déteste ce mot, « rater » car je trouve qu’il manque de sens profond, qu’il est imprécis, et qu’il paraît définitif alors qu’il est temporaire. Je m’égare. Je voulais vous dire que la confiance en soi se construit, se nourrit, et s’apprivoise, pour tout le monde. Austin Fisher est n°1 mondial. Il vient tout juste de remporter le tournoi de Flushing Meadow. Il lui reste une dernière rencontre de l’US Open à jouer et s’il la gagne, il devient le meilleur joueur au monde, il rentre dans les annales avec le plus de victoires remportées par un joueur. Avec ces ribambelles de trophées, seule une chose le perturbe et l’ébranle : ce que les journalistes et les autres joueurs disent de lui : 

« Austin Fisher est une machine à gagner, une machine.»

Tout s’effondre pour Austin lorsqu’il s’imagine que ce qu’un des joueurs de tennis vient de dire de lui pourrait être vrai. Vous apprendrez dans ce roman, avec les conseils de Warren, son entraineur de tennis, à vous débarrasser de ces mots qui vous blessent en les éloignant visuellement et physiquement de votre esprit afin de les rendre étrangers à votre personne. Je vous assure, la méthode est dingo ! Vous essaierez, éberlués par son efficacité. Et ensuite, vous m’en direz des nouvelles !

Je disais Bookiners, qu’il fallait que je vous donne quelques solutions pour retrouver votre confiance perdue. Un jour que je me disputais avec ma maman que j’aime de tout mon cœur, nous en sommes venues aux mots qui blessent. C’était il y a très longtemps. Très très longtemps en fait, mais cette dispute m’a marquée. Elle s’est terminée par maman qui me dit que je ne suis qu’une « enfant égoïste, qui manque d’empathie et qui ne pense qu’à elle. » Tout ça parce que je ne voulais pas aller rendre visite à une tante en deuil, que je connais à peine et qui m’indiffère – peut-être justement parce que je la connais à peine -. Et puis, pour vous dire la vérité, j’ai plus de 50 tantes et 90 cousins. C’est la particularité des africains de ramifier les arbres généalogiques et d’amalgamer amis proches, avec cousins. Tout ça pour vous dire que ces qualifications m’ont terrassée. J’ai ruminé pendant 2 ans, littéralement. Puis un jour, je suis allée voir ma maman, j’avais 16 ans, et je lui ai expliqué que si elle me pensait égoïste, alors c’est qu’elle n’avait vraiment rien compris à mon essence et qu’il était hors de question qu’elle me fige et me fixe à des mots qui m’étaient étrangers, parce que ça m’aliénait et que c’était quand même vraiment con de se faire aliéner par sa propre mère et par l’amour de sa vie. Elle a pleuré. Elle s’est excusée.

Et depuis ce jour, j’ai la certitude que pour avoir confiance en soi, il faut commencer par se regarder, longtemps, quitte à énumérer sur une page blanche qui nous sommes et ce que nous pensons être. Vos défauts, vos qualités, vos fêlures, vos lumières. Tout. Ensuite, détachez-vous de ces mots et appréciez-les pour ce qu’ils sont. Puis rattachez-les à vous à nouveau pour vous apprécier comme vous êtes. Rajoutez-y de l’amitié, de l’empathie de vous à vous, puis de l’amour. Touillez, touillez, et commencez à vous affirmer, à connaître qui vous êtes, attendez quelques heures, et hop, la confiance revient des Bahamas, aller sans retour, pour se loger sous les cocotiers de votre cœur. Vous en viendrez à considérer les mauvais mots des autres sur vous, comme une ignorance, et ceux qui pointeront du doigt certains défauts qui sont les vôtres, vous opinerez du nez, saluant leur perspicacité, en paix avec vous-même. Attention, je ne dis pas qu’il faut s’enorgueillir d’être avare ou d’être con, je dis qu’il faut accepter vos manques et vos trop pleins pour être à la hauteur de la personne que vous désirez devenir, des gens que vous aimez et qui vous acceptent pour ce que vous êtes. 

Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on arrête de se comparer aux autres et qu’on capitalise sur ses propres atouts. Je crois que c’est à partir de ce moment là que les mots des autres n’ont plus le pouvoir destructeur qu’on pouvait leur donner. Les autres ont toujours le pouvoir qu’on leur donne. Si on se détache. Hop. Plus de pouvoir, juste un rigolo qui gesticule avec les mots qu’il méprend. Je crois que c’est à partir de ce moment là, qu’on commence à côtoyer des personnes qui nous veulent du bien. Authentiques et entiers, et qui nous aiment intégralement. 

Bon, j’arrête de faire la Sage, sous son cyprès centenaire et je vous présente Tatie Margie. Elle sera votre mentor de choc pour éclairer le chemin de votre vie ! 

Tatie Margie, c’est la tante de Jonathan, et la tante qu’on rêverait tous d’avoir. Un dimanche après-midi que Jonathan se promenait sur les quais de Sunday Streets, une immense rue touristique de San Francisco, bruyante de vie et de musique. Il s’égare dans ses pensées, quand soudain, il sent une envie irrépressible d’aller voir la gitane qui le fixe au loin pour qu’elle lise entre les lignes de ses mains. Celle-ci accepte, et lui annonce, non sans mal, de la façon la plus détachée, qu’il va mourir. Jonathan va mourir. Après plusieurs jours d’accablement, Jonathan décide de longer la baie de San Francisco pour rejoindre sa tante Margie et se ressourcer auprès d’elle. C’est avec elle qu’il redécouvre le monde, qu’il comprend les sources de son aliénation et les possibilités de son bonheur. 

Bookiners en mal de mentor, permettez moi d’appeler vos amis les Bookiners qui rêvent de comprendre quelque chose du monde qui les entoure. Venez ! Oui, vous. Juste ici. Voilà, nous sommes une ribambelle maintenant, et c’est bien mieux. 

Tante Margie-Mentor vous fera admirer le monde avec un autre regard, elle vous fera retrouver la gratitude pour la vie, pour l’existence, et vous fera renouer avec ce lien invisible qui rallie la nature et les hommes.  Parce que, dit-elle : 

« Par la marche, la nature nous rend ce que la société nous a confisqué : notre complétude. Notre culture de l’immédiateté et l’ultra-réactivité nous amènent à n’être plus présent à rien. En marchant, on se replonge dans le temps de la nature, de l’univers et du cosmos. Le temps de la vie. Et on se reconnecte à soi-même.»

Puis elle ajoute que : 

« Nous sommes des êtres complets. Notre proximité avec la nature nous amène à le ressentir profondément alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu’il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets. »

Vous apprendrez que :

« Tous les hommes sont reliés » 

Et que scientifiquement, cette intra et inter-lien entre les êtres vivants s’appelle le champ morphique, et qu’il a été découvert pas un grand biologiste Rupert Sheldrake. 

Vous comprendrez enfin qu’il faut vous connecter à vous-même afin de vous reconnecter au monde et aux autres avec la même bienveillance, la même authenticité. Écouter notre âme, tanguer avec elle, jauger ses battements et se laisser accompagner par elle. 

Tante Margie-Mentor vous apprendra bien d’autres choses. Et c’est bien là ce qui fait le trésor des romans de Laurent Gounelle, ils nous rappellent ce que nous avions oublié, ils nous guident vers quelque chose de plus vrai, avec douceur, au détour de quelques conversations savoureuses. 

Je m’écourte, mais avant, Bookiners que les rires ne visitent plus, vous rirez. Vous rirez de la colère de Ryan envers les hommes qui le pousse à créer « The Mineapolis Chronicles »: une chronique pour cons qui raconte la vie des cons, vous rirez de ses entrains, de sa folie, et de Gary le pâtissier qui est persuadé que lorsque les hommes sont gentils avec lui c’est qu’ils lui veulent du mal. Vous rirez avant de réaliser que les hommes tristes sont aussi les plus cyniques et les plus incompris. Vous rirez avant de leur tendre votre main compatissante, votre cœur bienveillant, jusqu’à leur apporter la tendresse et le regard doux dont ils manquent. Ah, je sens que vous avez entendu le mot tendresse Bookiners, et que ça vous intéresse ! La tendresse c’est cette caresse qu’on tend vers l’autre, comme une promesse de réconfort. Dans ce roman, la tendresse est là, partout, et elle vous embrasse chaleureusement.

Vous rirez Bookiners, avec dans le cœur la certitude nouvelle qu’il

« Vaut mieux allumer sa petite bougie que de pester contre les ténèbres. »

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Tatie Margie. 

Je vous laisse avec ces mots, et je vous souhaite une année haute en couleurs, celles du bonheur, une année au cours de laquelle vous apprendrez à vivre. Pour de bon. 

Doux baisers, 

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Venise n’est pas en Italie | Ivan Calbérac

Venise n’est pas en Italie | Ivan Calbérac

Dimanche 10 septembre 2017, 11h58

émoticône dialogue texto sms– Hello Tat, on se voit toujours tout à l’heure ? 

– Impossible bébé, il faut que je connaisse la fin de En attendant Bojangles. Je suis en larmes d’avance. Ce roman est un chef-d’oeuvre. Je pèse mes mots. 

– C’est drôle que tu dises ça car j’ai récemment créé un blog littéraire avec ma meilleure pote et un de mes premiers articles était sur ce livre regarde: https://peanutbooker.com/en-attendant-bojangles/

– Haha t’es bête. Je n’ai pas pu résister, j’ai dû l’acheter car j’avais besoin de comprendre pourquoi TOUT LE MONDE parlait de ce bouquin. Damn je ne suis pas déçue. Ah, et j’ai enfin trouvé l’homme de ma vie, le père de mes futurs enfants: Olivier Bourdeaut. En plus d’être un sex symbol le mec a une plume HA-LLU-CI-NANTE. Merci Dieu d’avoir mis ce livre et cet homme sur ma route.

– Non non c’est pas Dieu chaton c’est moi qui t’ai parlé de ce livre en premier. Et il y a fort à parier que Dieu ait déjà envoyé dans la vie d’Olivier Bourdeaut une autre femme que toi . 

– J’ai bien compris que tu voulais que je reste célibataire toute ma vie pour que je sois tout le temps disponible pour toi mais ça commence à devenir relou ta jalousie. Bref je retourne lire mon mec. 

– No ! Wait. Parce que ta meilleure amie t’aime, elle t’a déniché à toi et à nos Bookiners un autre roman du genre. Je pense que tu vas adorer.

– Très peu probable que ça me plaise autant que Bojangles honey mais raconte il parle de quoi ton livre ? 

– Est-ce que ça t’est déjà arrivé d’avoir honte de ta maman quand tu étais petite ? 

– Mmmh je ne crois qu’être habillée en baby Dior de la tête aux pieds n’a pas favorisé mes rencontres et amitiés en primaire mais à part ça non je ne vois pas. 

– Parce que l’histoire que je vais te raconter concerne un jeune adolescent qui ne sait pas gérer l’amour (très, trop?) envahissant de sa famille. C’est à la fois à mourir de rire et infiniment tendre. 

– Yes yes yes j’ai bien besoin de rire en ce moment, je suis une boule de stress avec les exams de l’ESCP qui me tombent dessus. Les bookiners et moi t’écoutons jeune pousse. 

The Winner is – Mychael Danna

Ce roman est en fait le carnet intime d’Emile, quinze ans, timide, lucide, et secrètement fou amoureux de Pauline, lycéenne elle aussi. Emile a des parents aimants mais un peu spéciaux. Un exemple? Depuis son plus jeune âge, sa mère a décidé de teindre les cheveux de son fils en blond. Voilà.  Le jeune garçon nous raconte son quotidien, il couche sur le papier ses réflexions sur son univers où il peine à trouver sa place. 

«  Ce doit être comme le vin, l’amour entre deux êtres, ça évolue avec le temps, il y en a qui tournent au vinaigre, d’autres qui se bonifient. Et mes parents semblent toujours hésiter entre les deux options. »

Avec une plume à la Goscinny dans Le petit Nicolas, vous suivrez les pensées bordéliques d’un garçon encore neuf, d’un être qui sort de l’adolescence, d’un ado qui bouillonne d’amour, de colère, d’admiration et de révolte. Parce qu’Emile écrit comme il parle (et il parle très bien!) ce roman va à 100 à l’heure. Bookiners qui voulez rire, vous allez être servis ! Quand Emile évoque ses parents un peu fou-dingues mais infiniment attachants, il change d’avis à toutes les pages :

« Je sais pas comment vous expliquer, ils me tapent sévèrement sur le système, mais ils sont vivants. Vraiment vivants, je veux dire, plus que la plupart des gens endormis dans une pâle existence que vous croisez à chaque coin de rue, non, chez eux, il y a quelque chose qui vibre, qui jaillit vers le ciel, et pour ça, et pour ça seulement, je les aime de toute mon âme. Pour le reste, s’ils pouvaient juste faire un petit effort. »

Un jour, Emile est invité par son amoureuse Pauline à Venise, où elle donne un concert de violon. Contrairement à lui, Pauline est issue d’une milieu plutôt bourgeois plutôt aisé. L’histoire commence ici: Emile doit demander la permission et un billet à ses parents pour s’y rendre. Ses parents, pensant lui faire plaisir, décident de l’accompagner en Italie. Cette décision effraye l’adolescent tant il peine à assumer sa famille. Mais ce périple en caravane à la Little miss sunshine sera en fait un voyage initiatique pour le jeune garçon. Bookiners qui souffrez de solitude, Bookiners qui manquez de tendresse, préparez-vous à écarquiller vos yeux devant cette maman débordante d’amour mais susceptible comme un poux, ce papa extravagant friand de grandes phrases qui ne veulent rien dire, et ce frère obsédé par les filles. 

Bien sûr, je suis tentée de m’adresser aux Bookiners qui connaissent des galères familiales, même si dans ce livre, la relation respect/amour/révolte d’Emile avec ses parents est plutôt saine tant elle est pleine de contradictions. Le garçon souffre d’ailleurs lui-même de cet étrange sentiment d’attraction-répulsion, le poids du rejet de sa mère est lourd à porter pour lui-même : 

« J’ai si peur qu’elle comprenne que je la trouve pas toujours présentable. Le problème quand on a honte de sa famille, c’est qu’en plus on a honte d’avoir honte. C’est quelque chose entre la double peine et le triple cafard.» 

C’est durant les péripéties que connaîtra la petite famille sur la route qu’Emile développera de jolies réflexions philosophiques sur la vie, du haut de ses quinze ans. Emile a honte de ses parents qui vous feront penser aux Tuche, oui, mais il sait qu’ils se sacrifient pour lui offrir une meilleure vie que la leur. Ces moment de lucidité et de prise de conscience nous offrent des passages remplis de tendresse:

« J’arrivais plus à manger ma pizza à cause de toutes ces émotions. J’ai prétendu une envie pressante, je me suis enfermé dans les toilettes, me suis assis sur la cuvette et me suis mis à chialer comme une madeleine, parce que je me sentais aimé comme jamais, et c’était pas souvent. »

Tout le monde, tous les sujets, rien n’échappe à l’analyse de l’adolescent. Avec poésie, il fait preuve d’une étonnante clairvoyance pour son âge.

« Une vie, j’ai pensé, c’est un long cri, de joie ou de douleur, ça dépendait des jours, ou des vies, un cri parfois très intérieur, qui jaillit du cri primat du bébé à la naissance, déchirant l’infini, qui devient, quatre-vingts ans plus tard, un cri tout bas, un murmure, notre dernier souffle, et une vie c’est ça, un cri coincé entre deux dates. »

« Si c’est chercher un peu de vérité dans un monde rempli de faux-semblants, et même de faux-culs, désolé pour le gros mot, alors oui, je suis un peu philosophe. Mais si la philosophie ne vous aide pas à conquérir le coeur d’une fille qui vous plaît, franchement, elle sert à rien. »

Ce roman nous offre une réflexion neuve, fraîche et sans filtre ni pollution sociale ou normée sur l’amour, la vie, ses bonheurs et ses peines. Bookiners qui ne croyez plus en l’amour, je ne vous oublie pas, bien au contraire. Quoi de mieux qu’un adolescent poète et fou amoureux pour vous redonner foi en l’amour fougueux et sans borne? 

« Pour moi, le seul jour de gloire qui existe au monde, c’est celui où on embrasse la fille qu’on aime. Ça m’est pas encore arrivé, mais je le sais. Le reste, les victoires, les félicitations du jury, les gros billets pour l’argent de poche, l’achat de la console de jeu vidéo, tout cela, c’est bien loin derrière. »

Je ne peux pas tout vous raconter, je vous dirai simplement que ce qui rythme les pensée d’Emile, ce sont ces sentiments amoureux, ces sentiments de bonheur intense qui oscillent avec des peines momentanément démesurées d’un homme en devenir, d’un adolescent qui découvre le monde dans ses merveilles et ses horreurs. On porte avec lui (et avec plaisir) ses réflexions chaotiques et bipolaires. Je partage tout de même avec vous des passages qui devraient vous convaincre une bonne fois pour toutes d’ouvrir ce livre qui vous procurera une sacrée bouffée d’oxygène : 

« J’avais oublié que le bonheur, ça peut vous prendre par surprise, comme ça, sur des marches en pierre délicatement chauffées par le soleil, à regarder passer les touristes, à honorer le plus joli rendez-vous qu’on vous ait jamais donné. » 

« Le bonheur, quand on n’a pas l’habitude, c’est beaucoup plus compliqué qu’on ne croit. C’est comme les grands gagnants du loto, certains ne s’en remettent jamais. »

« A quoi ça servait de mourir si la fille que j’aime ne pleurait même pas sur ma tombe ? A rien du tout. J’ai repoussé mon suicide à une date ultérieure (…) Finalement, j’avais sans doute désespéré trop vite: vivre, ça en valait la peine, et parfois, dans des instants comme celui-ci, ça en valait aussi la joie. » 

C’est cette innocence, cette naïveté qui vous toucheront infiniment dans ce livre. Vous rirez aux larmes mais parfois, votre gorge se serrera. La richesse d’un livre ne réside-t-elle pas dans la diversité des sentiments qu’il procure à son lecteur ? Pour moi, aucune hésitation, la réponse est oui, definitly yes. Car c’est ce genre de roman (et celui-là en particulier) qui me fait lever les yeux du livre. Ce  récit a su nourrir et structurer mes pensées qui partent trop souvent dans tous les sens. Il nourrira les vôtres. Parce qu’Emile, c’est vous, c’est nous, vos enfants, vos frères, vos soeurs, vos neveux. Emile, c’est l’adolescent éternel, jamais en phase avec sa famille, avec sa vie, avec son univers. Emile, c’est l’adolescent qui sommeille en nous, en vous, derrière la façade de l’adule rempli de certitudes. Vous vous attacherez à Emile parce qu’il parlera, il titillera et il pansera ce jeune être au fond de votre coeur que vous oubliez trop souvent d’écouter.  

Tenez, écoutez-le un peu pour mieux comprendre :

 

Bonne lecture Bookiners ! 

dessin de cacahuète qui signe les articles d'Héloïse

Mémé dans les orties | Aurélie Valognes

Mémé dans les orties | Aurélie Valognes

Mercredi 9 août, 15h00

émoticône dialogue texto sms– Hélooo ! Tu ne devineras jamais ce qui vient de m’arriver !

– Je te parie que je n’aurai pas le temps de deviner car tu m’auras déjà tout révélé dans trois… deux… un ….  (Bookiners, venez, je sens que ça va être Juicy !)  

– Depuis que j’ai commencé le best-seller d’Aurélie Valogne Mémé dans les orties, je me fais klaxonner par tous les pépés de Fontainebleau et de Paris, ce n’est pas une blague ! 

– 😂😂

– Dieu se fout de ma gueule, j’en peux plus. Entre les chacals de Tinder et les pépés en Twingo rouge, je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça. Je les adore hein les octogénaires, mais enfin, un peu de tenue ! Tu ne devineras pas comment Pépé Carlos m’a abordée quand je me dirigeais vers la gare de Fontainebleau. 

– Raconte !

– Je marche, tranquille, sereine, et là, le mec ouvre sa fenêtre pour me faire un clin d’œil. Il perdait ses cheveux blancs en roulant. Je lui fais un sourire poli, sans les dents, pensant qu’il comprendrait que ça voudrait dire, « merci, mais non merci, bonne journée, bye ». Penses-tu. Pépé s’arrête. Sur le coin du trottoir, pour m’attendre. La main dans les cheveux qui lui restaient, et la vitre ouverte. 

– Oh, l’angoisse. 

– Je passe sans rien dire, des pépitos à la bouche, et là il m’apostrophe en criant «Hé ma mignoonne ! je voulé té dire qué tou é bwelle»

– Mais attend il venait d’où ton pépé ? Personne ne parle comme ça dans la vraie vie ! 

– C’était un portugais, mais je ne suis pas très douée pour les accents à l’écrit 😬

– Tu n’as jamais su imiter les accents, même à l’oral Tat 😌

– Passons. Je lui réponds, « merci, monsieur, bonne journée, au revoir. » Prenant mon « merci » pour une invitation à en dire davantage, pépé se fait moulin à parole, il ne s’arrête plus : « depouis qué jté vu, j’été ébloui com un souleil. Jé com rajouni de dix ans. Je cherche oune femme de couleur pourrr mé dibertir, et pour rajouni. ».

– Je ne te crois pas. 

– Du coup je lui ai gentiment raconté que j’étais lesbienne et bientôt mariée. Enfin bon. Si je n’écris pas un roman sur mes aventures avant la morgue, c’est que j’ai attrapé Parki à 25 ans, c’est moi qui te le dis. 

– Ahahahah #mameilleureamieestfolleàlier

– #tameilleureamieasurtouttouslesmalheursdumonde surtout que bon, en plus de ce portugais de Carlos, l’octogénaire aux prétentions Don Juanesques, Mémé dans les orties c’est plutôt à s’étouffer dans de la semoule. Interminable le truc. J’en suis à la page 25, je ne vois plus la lumière du jour. 

– Ahahahah ! Moi j’avais déjà essayé Aurélie Valogne, je ne suis pas fan, je trouve ça un peu ras les pâquerettes, mais bon, si ça plait, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison, essaye de lire jusqu’au bout pour voir.

– Ras les orties, oui ! Bah, écoute, soit la France me fait une blague, soit je m’appelle Josiane. En même temps, nous sommes le 9. Les anglais débarquent, comme tous les mois. J’imagine que mon désarroi et mon humeur révoltée n’aide pas Mémé dans les orties à trouver une critique favorable. 

– Mais alors, que que tu vas faire, tu vas le commenter ?

– Je ne sais pas chaton, pour l’instant, je ne pense pas car je lui mettrai la note de 4/10 et on a dit qu’on commentait les romans à partir de 6/10 non? 

– Yes, donc, si tu n’y trouves aucun intérêt pour nos Bookiners, ouste ! 

– Ok ! Deal ! 

6h plus tard 

– Alors ? t’en es où ? fini ? 

– Page 170, encore il me reste 80 pages environ.  

– Note ? 

– 6/10

– Ah bon ?! Bookiners vous êtes là ? C’est bon ? Bon vas-y raconte !

 

Ok, je vais être assez franche Bookiners. J’ai tout le respect du monde pour Aurélie Valognes, pour tous ceux qui écrivent, ceux qui vont jusqu’au bout, car pour avoir déjà essayé d’écrire 45 fois sans terminer, c’est un travail de longue haleine éreintant, enivrant aussi. On se demande tout le temps si on file le bon coton, si les lecteurs vont se retrouver, rire, aimer, apprécier, comprendre… Ce livre, je ne vous le recommande pas parce que c’est une pépite, ou parce que je l’ai adoré. J’ai commencé à apprécier le roman à la 80ème page, j’ai écarquillé mes yeux de joie à la page 177 et j’ai réellement été éprise de la plus grande tendresse à la page 222. Je vous le commente et vous le recommande, comme une sorte de plaisir coupable, vous savez, celui qu’on éprouve sur fond de culpabilité lorsqu’on regarde des épisodes de Plus belle la vie, Les Marseillais, ou Les Feux de l’Amour. Ah, je le sens, vous me comprenez. Aussi, je pense qu’il ouvrira les yeux à certains d’entre vous, avec soupçon de tendresse, une goutte d’espoir et quelques graines d’amour.  J’appelle, les Bookiners esseulés, en manque de compagnie et en mal de divertissement. Vous allez être servis !

Sidney Bechet – Si tu vois ma mère

Mémé dans les orties vous catapulte dans une résidence des années 50, au 8 rue Bonaparte, chapeautée par Mme Suarez, la concierge, une maniaque à lhygiène buccodentaire irréprochable. Dans cette résidence, donc, vous serez accueillis par les lèvres pincées et les sourcils froncés de cette petite dame d’une cinquantaine d’années. Elle vous précisera dès qu’elle le pourra et en caressant Rocco son chihuahua d’amour, qu’elle n’est PAS portugaise pour un sou, malgré son nom de famille matrimoniale. Puis vous croiserez mesdames Joly, Berger, et Jean-Jean, des septuagénaires serviles qui obéissent au doigt et à l’œil à Mme Suarez. Vous côtoierez ensuite, pour votre plus grand plaisir, la So Chic Madame Claudel, bavarde, subtile et aimante ; l’attachante et déroutante petite Juliette, drôle, vive, intelligente, prévoyante et sacrément décapante ! Elle déboulera chez vous comme si c’était chez elle, avec quelques gourmandises en échange d’un plat de coquillettes et de cornichons ! Et enfin, le personnage principal, Monsieur Ferdinand le fâché, qu’un rien agace : le bruit, le téléphone, la vie, l’amour, les autres, sauf Daisy son dogue allemand qu’il semble aimer plus que sa propre fille. N’ayez crainte, Mr Ferdinand a le cœur doux et fondant comme une guimauve, il suffit de l’apprivoiser, je vous assure! Ces personnages attachants, leurs lubies, leurs manies, leurs mimiques vous feront sourire, comme on sourit des défauts farfelus des gens qu’on aime. Lorsqu’ils déambuleront sous vos yeux, vous ne vous sentirez plus seuls. Mieux, vous vous sentirez aimés.  Vous vous en doutez, j’appelle maintenant les Bookiners en quête de tendresse ! Même s’ils ont tous l’air un peu brutes de décoffrage, un peu maladroits et un chouia hostiles, les personnages de Mémé dans les orties ont de la tendresse à revendre et de la tendresse à recevoir. Eux aussi, attendaient avec impatience votre visite ! Je crois qu’être en manque de tendresse c’est être en manque d’humanité, en mal d’échanges et de partage. Dans la résidence, tous les personnages cherchent un compagnon de route, même si elle ne semble plus si longue: un compagnon de déjeuner, de discussions, de bridge ou de sourires. Une main chaude, chaleureuse et des attentions qui donnent du baume au cœur. Tous cherchent cette douceur à partager, mais comment la dire, l’exprimer? Il faudra tendre l’oreille, Bookiners, et faire preuve de bienveillance, afin de comprendre que tous ceux qui s’agitent, qui rouspètent n’ont besoin que d’une main tendue, la votre, afin de partager la tendresse qui dort en eux : 

« Si au début Ferdinand n’avait pas fait exprès de contrarier ses voisines, désormais, il prépare ses coups et se fait un malin plaisir à leur mener une vie impossible. Il fait tout pour se rendre désagréable (…) Il grogne ou répond sèchement les phrases les plus désobligeantes et impolies qui soient. Ou pire, il fait le sourd, ignorant de toute sa hauteur la vile petite chose qui ose s’adresser à lui. »

Jusqu’au jour où ? Madame Claudel prend le contrepied de l’antipathie feinte de Ferdinand et l’invite à prendre le thé, tandis que la petite Juliette s’invite chez lui et le force à lui préparer des coquillettes. Les deux ont su entrevoir la brèche d’amour qui se cachait en Ferdinand, et alors, vous qui lirez les aventures de ce joli trio, vous serez imbibé de tendresse, de sympathie pour vos nouveaux amis, si bien que vous vous imaginerez leur faire de longs câlins amicaux ! Vous savez Bookiners, la rubrique « L’amour j’ai donné » renvoie à une sorte de sentence fatale. De destin inexorable qui vous condamnerait à écouler les dernières années de votre vie sous l’arbre de la solitude et les nuages de malheur. Ferdinand, il est un peu comme vous Bookiners fatalistes et Bookiners qui ne croient plus en l’amour. Non seulement il pense qu’il ne sera jamais une personne aimable, gentil et bienveillant, mais en plus, il pense qu’à son âge, il est impossible d’aimer à nouveau, impossible d’être heureux. Si vous lui demandez la raison, il vous répondra : 

« On ne change pas à mon âge. Et encore moins en bien ». 

Ferdinand a 80 ans. Et la force du roman d’Aurélie Valogne, c’est nous montrer qu’il n’est jamais trop tard pour changer, jamais trop tard pour aimer, et encore moins pour être heureux. Tant qu’on est vivant.  Avec Ferdinand, Bookiners désabusés par l’amour, et Bookiners fatalistes, vous en ferez l’expérience. Vous verrez que changer, qu’être aimable avec les autres et heureux dans sa vie n’est pas une question d’âge mais de choix. Même devenir un bon père est possible si on se décide enfin à prendre les bonnes décisions, non plus avec son ego mais avec son cœur.  Je ne peux pas tout vous dire, ce serait dommage. Je vous dirai simplement que toute sa vie, Ferdinand s’est senti condamné, maudit. Il a en fait créé sa propre malédiction. Il s’est pensé odieux, parce qu’il avait peur d’aimer et d’être aimable, il a donc joué à celui qui pense à l’envers, à celui aux mots de travers, au cynique, au blasé, et il est devenu cet homme odieux qu’il n’était pas. Il pensait que l’amour n’était pas pour lui, il l’a donc fait fuir, l’amour, et elle est partie avec le postier italien, l’amour.  Allez, je vous laisse. Ce roman est plein de rebondissements assez jouissifs qu’il me tarde de voir vos yeux écarquillés de surprise et de joie.  Parfois, il suffit de laisser une nouvelle chance à la vie pour qu’elle nous sourie. Allez, souriez, changez, aimez, puisque vous êtes vivants. 

Doux baisers,