Mon livre antidote m’est tombé dans les mains l’année de mes 17 ans : Les planches courbes, recueil de poèmes écrit par Yves Bonnefoy.

 

A l’époque, je traversais une période difficile. Je souffrais. Je me trouvais dans une impasse silencieuse. Tout n’était que douleur, vide et incompréhension. Je ne trouvais plus de solution à ma dépression, je n’avais aucune explication, aucun secours.  

 

Les planches courbes a été plus qu’un remède. Cette œuvre est un guide qui témoigne d’un passage : celui de l’enfance à l’âge adulte, de la vieillesse à la mort, du mensonge à la vérité.

 

Lire les planches courbes c’est partir en quête aux côtés de cet enfant à la recherche de reconnaissance, d’identité, d’amour. L’auteur, par ses mots musicaux, répare le manque, l’absence, la séparation et cherche à retrouver une unité perdue.
Je n’ai pas saisi tout de suite pour quelle raison je m’identifiais à cet enfant, en quoi ma quête personnelle était si proche de la sienne. Ce n’est que des années plus tard, quand j’ai appris l’origine de ma souffrance que j’ai vu l’évidence : nous étions en quête de nous-même, d’un avenir, de la vérité.

 

 Ce livre est une lumière au loin qui guide les égarés, comme je l’étais, pour qu’ils ne cessent jamais d’avancer, pour qu’ils gardent espoir de comprendre l’incompréhensible.

Les Planches courbes est la poésie de l’optimisme qui, en plus de m’avoir sauvé la vie, m’a guidée. Yves Bonnefoy m’a offert mon étoile.

 

« Comme il fait beau ce soir !
A peine si
Je sais, sur ce chemin,
Que j’existe encore. »

 

Huit ans après ma première lecture, j’ai écrit à Monsieur Yves Bonnefoy pour le remercier d’avoir éclairé ma route. Ce n’est pas l’enfant que j’étais mais bien la femme sensible et solide que je suis devenue qui a signé. Cinq mois plus tard, je recevais une réponse de sa part. Emotion immense !
A tous les égarés en quête de lumière, à tous les amoureux de la poésie et des mots, à lire et à relire, à interpréter et réinterpréter ! 

 

 

Mélanie