Jeudi 21 Juin 14h30, chez East Mamma avec Louis, un ami dont j’ai été folle amoureuse pendant nos années prépa. Nous discutons d’amours, les siens et de CDI, celui qu’il vient de décrocher ; quand Peanut Héloïse, en voyage pour la Russie, m’assaille des sms les plus drôles du weekend ! 

émoticône dialogue texto sms– BB envoie moi un #RIP je perds la boule et la sérénité – mon voyage en Russie s’annonce comme une sombre histoire 

– Oh mon dieu, j’hésite entre l’angoisse et les rires aux éclats.

– Tu-vas-chia-ler. 

– Raconte ! 

– Après que Vueling, cette agence de merde pas fiable pour un sous, nous ait annulé notre vol la veille de notre départ, ils ont fini par accepter de nous replacer sur un autre vol avec correspondance, sans frais, parce que je les ai menacés avec ma carte de presse donc ils ont un peu flippé. Et là, devine ? 

– Votre vol est parti en retard ? 

– Oui putain. Notre vol est parti 2h30 en retard. Donc je t’explique, ça veut dire qu’on avait déjà raté notre correspondance avant même d’être installés dans l’avion. Je suis en crise de nerfs rien qu’en en reparlant putain. 

– Ok. Inhale. Exhale. Et continue ton histoire. 

– Donc là, stp, je suis au bord d’un gouffre sibérien qui n’en finit pas de se creuser. Ecoute bien, on est dans un hôtel qui a oublié qu’hôtel et dépotoir n’ont jamais été synonymes. Il y a des sacs poubelles qui déambulent à la réception, et la peinture sur les murs est complètement écaillée. Evidemment, les photos du site racontent une toute autre histoire. Mais on appelle ça du storytelling n’est-ce pas ? 

– Mais bébé, change d’hôtel ! 

– Ah nan mais j’ai pas fini. Y a mieux ! On est censé avoir un air’b’n’b pour ce soir, mais figure-toi que l’hôte ne nous répond pas. Et là, on ne peut pas bouger d’hôtel car sinon, on perd la wifi, et avec elle, toutes nos chances d’air’b’n’b. 

– Oh fuck. Mon ange, je suis désolée. Bon, mange un kinder bueno. Dans une telle situation, tu as le droit à tous les écarts culinaires, je te le jure.  

– Je ne m’attendais pas à un pays aussi hard. Vraiment pas. Ils ne parlent pas un mot d’anglais et dès qu’on pose une question, on se fait agresser. J’ai jamais vu ça. 

– Bon mon amour, mets toi dans un coin sans déchets et fais un peu de sophro. Ensuite prends un roman doux qui te fait voyager loin. Et respire. Snapchat-moi dès qu’air’b’n’b  vous reloge. 

– D’accord mon amour. Merci. Ça va toi ? 

– Oui moi très bien, je suis avec Louis là. On se marre comme des fous chez East Mamma. Je lui lis des passages de Paris Venise : mon roman préféré de l’été 2018 !

– Ahahahahah, si tu le classes par saison, c’est pas bon signe ! 

– Nan nan, nan, hors-saison ça compte aussi ! Je l’ai A-DO-RÉ ! Coup de cœur estival ET hivernal ! Peinture sociale en catimini, légèreté profonde et des milliers de rires ! Des rires jusqu’à la belle étoile. C’est la folie cette humour désabusé, incisif et toujours tendre. Roman, le personnage principal complètement malmené par la vie. Au BDR le dude. Il est si drôle. Tout à l’heure, dans le métro, je me suis esclaffée en continu ! On dirait un film burlesque.

– Bon, toi au moins, tu voyages en sécurité, et tu te marres. C’est déjà pas mal. Moi je vais essayer de me calmer et je t’envoie une vidéo de notre flat tout à l’heure. 

– Ok mon ange. Courage. Et n’oppresse pas Gus avec tes humeurs, hein ? Ça va aller ! 

 

Bookiners, asseyez-vous comme vous le pouvez, serrez vous et déballez votre casse croûte, je vous emmène à bord de mon coup-de-cœur-quatre-saisons et à bord du train le plus en retard d’Europe : le Paris-Venise ! Ça tombe bien, l’été, on est moins pressé que d’habitude. Pour composter votre ticket de train, cliquez ici ! Vous l’aurez compris, Héloïse aurait mille fois préféré être avec nous qu’au Royaume de Poutine. Entre deux crises de nerfs, elle vous embrasse. 

Si vous ne le savez pas encore Bookiners, durant l’été, nos revues vont se faire plus courtes, plus intense et plus POP. Car même si nous avons plus de temps à tuer qu’en hiver, vous ne pensez qu’à vous dorer la pilule, et moi, je ne pense plus qu’à aller nager pour drainer mes gambettes. Alors, Peanut Booker, Héloïse et moi avons imaginé les Pépites de l’Eté sous 3 P : Pitch, Prescription et (Sneak) Peek ! Mais d’abord : musique !

Ed Sheeran – Bibia Be Ye Ye 

PITCH

Je vous présente Roman. Il est « hôtesse de terre ». Enfin, c’est sa tentative glamour à lui de vous expliquer qu’il bosse sur le train-couchette Paris-Venise. Entre deux gares et deux possibilités «celle d’un départ et celle d’une fuite ».  Et en plein dans le mille de toute la misère du monde, de ses petites combines et de ses grands destins. Roman, c’est un mec droit, simple, romantique et terriblement drôle malgré lui. Parce qu’il dit tout avec une objectivité déconcertante, qu’il monte en neige par une pointe de sarcasme qui frise toujours la désinvolture, Roman vous attrape d’abord par le rire, puis par le cœur. 

Il vient tout juste de décrocher son nouveau job d’hôtesse. Alors, il est plutôt content, surtout que sa dernière aventure professionnelle ne s’est pas terminée sous les meilleurs hospices. Lui, il vous dira dans le plus grand des calmes, qu’elle s’est terminée : 

« Comme une histoire d’amour : avec des regrets et quelques jolis souvenirs »

Mais en fait, il s’est fait virer. Il travaillait dans un hôtel et puis parfois, ses amis logeaient les dernières chambres vides quand ils avaient envie de conclure un rencard affriolant. Il pensait bien faire, Roman, en soi. Car il ne refuse jamais d’aider son prochain.  

Et puis l’heure du nouveau boulot arrive, et avec elle, commencent les voyages d’une gare à l’autre et les voyages initiatiques ceux qui défient nos idées fixes, nos préjugés, nos idéaux, ceux qui rendent amoureux aussi, et ceux qui font grandir. Ah oui car il y a Juliette. Belle comme l’avenir. Au regard aurore-boréale. Je ne peux pas tout vous dire, pour vous laisser découvrir. 

Mais voilà, sachez que Roman, notre picaro moderne, nous décrit les paysages ferroviaires et les réalités du monde, avec ses phrases-constats qui n’ont l’air de rien mais qui témoignent de tout, de l’absurdité un peu risible du monde, de la contradiction des français et des hommes, des inégalités un peu sournoises ici et là, et partout, et puis de nous, de nos vanités, de nos petits arrangements et de nos étranges travers. Ensuite vous agitez le shaker. Du haut vers le bas, de la gauche vers la droite. 

Et vous obtenez le cocktail ferroviaire le plus décapant de l’été ! Prochain stop, la libraire du coin ou Amazon ! GO GO GO READ IT !

PRESCRIPTION

Paris Venise est un roman ferroviaire et picaresque parmi tant d’autres choses, alors vous ne m’en voudrez pas si j’appelle en premier, puis en deuxième, les Bookiners qui ne voyagent pas vraiment cet été et ceux qui désirent comprendre le monde qui nous entoure. Bon, il faut que je  vous dise la vérité, vous allez visitez beaucoup de gares, vagabonder entre l’appartement de Roman et celui de son voisin Didier à Bondy – l’ami indésiré de Roman, mais aussi le personnage le plus boursoufflé jamais rencontré dans un roman, aussi drôle et attachant qu’éreintant ! Vous savez, votre grand oncle relou persuadé qu’il sait tout plus que vous parce qu’il a tout lu, vu et vécu, celui qui ne vous laisse en placer une qu’avec une tape un peu condescendante qui vous arrache l’épaule et la bonne humeur pour la semaine. Voilà, celui là. Bref, vous allez voyager, et si ce voyage ne rime pas avec plages, cocotiers et vahinés trémoussées, il rime avec regard. Ouvrir son regard et le poser sur une surface du monde inexplorée juste à côté de soi. Ouvrir son regard pour voir les destins malmenés, un peu ordinaires, un peu tristes et parfois drôles et rocambolesques d’une humanité qui vaut autant que la nôtre et ce même si elle travaille en train couchette, sert du proseco comme du champagne et des tablettes de Toblerone à cinq euros. Ouvrir le regard vers ceux qui galèrent mais qui sourient encore. Oui, Bookiners, vous allez voyager vers : 

« Ces bouts de campagnes qu’on ignore, ces endroits du monde entier où avoir des croissants chauds le dimanche et du porno en haut débit n’est pas une évidence absolue. Ces foyers éloignés des pantalons à pinces et de l’intolérance au gluten» 

Vous allez voyager et ouvrir votre regard vers les arrangements douteux de la petite misère, les grandes personnes qui galèrent et leurs petits destins, les aventures de terres et les mésaventures du cœur et avec ça, vous comprendrez une partie du monde qui vous entoure. Et parce que vous l’aurez compris, vous jugerez moins et passez une partie de son été avec un maillot de bain en plus et la camisole du juge en moins, c’est comme perdre 3 kilos en dévorant du chocolat : c’est la FO-LIE ! 

Je suis mignonne avec mes histoires de regard, mais ça n’aide pas les Bookiners qui ne rient plus ! Sauf si ? Sauf si je ne vous ai pas tout dit ! Whoop Whoop ! Parce que Paris Venise c’est le roman qui m’a fait le plus rire ces 6 derniers mois, et pourtant, je ne suis pas des plus difficiles ! Tout commence avec Roman, cet adulescent à la petite trentaine à la fois désabusé, dépité et super-lucide face au comique de sa propre existence et de l’absurdité qui l’entoure et le poursuit vous rendra hilare jusqu’aux Maldives. Je le laisse vous parler, vous allez chialer… de rire ! 

Lorsque son futur employeur lui demande comment s’est terminée sa dernière aventure professionnelle, Roman répond : 

« Comme une histoire d’amour monsieur. Avec des regrets et quelques jolis souvenirs. »

« En clair vous vous êtes fait virer ? »

« Oui. » 

Attendez, Bookiners, il y a mieux, je laisse roman vous présenter Didier… et Shirley. Prêts ?

« Didier, il savait des trucs. Il ne disait pas toujours d’où il les savait, mais le gars maitrisait ses sujets. Didier, ce n’était pas la peine de lui parler de poissons. Il en avait forcément chopé un plus lourd que toi. Si tu évoquais le moteur de ta bagnole, c’était pareil, le sien faisait le double, au bas mot. Mais en réalité, la seule chose que Didier avait de plus gros que les autres, c’était sa femme, Shirley. Une commode. Une commode, sans les tiroirs, ce qui permettait de ne pas se tromper au moment de ranger son chéquier. Shirley, ce n’était pas une marrante, mais elle avait au moins le mérite de rassembler les gens en faisant l’unanimité contre elle.»

Voilà. Net. Précis. Elimé comme une lame de rasoir. Incisif et percutant. De l’humour à l’Oiseau. Et moi, en le relisant, je chiale de rire. Encore ? Vous en voulez encore ? Ok, mais alors dernière complainte désabusée et hilarante que je vous offre ! Sinon vous n’achèterez pas le livre et vous feriez une erreur ! 

« En bas de chez moi, des femmes hurlaient en lingala, mais impossible de définir s’il s’agissait d’une dispute ou du récit d’un détartrage chez le dentiste ». 

Et l’amour dans tout ça ? Bookiners en panne d’un cœur qui bat chamade, et en panne de l’espoir qu’il batte encore, les péripéties de Roman vous dévoilera que tout n’est que question de regard, et d’audace. Parfois, on aime à côté de la plaque, et notre cœur s’emballe pour la mauvaise personne. Elle s’appelait Juliette, la sienne. 

« Et Juliette, elle était belle comme l’avenir. »

Et vous savez quoi ? L’essentiel après une déception c’est de laisser son regard et son cœur ouverts, et d’oser le découvrir, encore un peu, à l’imprévisible. 

Je vous laisse sur ces mots, sur ce suspense et sur ce conseil, car l’amour n’abandonne jamais tout à fait celui qui le tien par la main avec audace et sincérité. (Là, Bookiners, je vous imagine ouvrir vos grands yeux doux pour comprendre comment tenir quelque chose par la main avec audace et sincérité : tout est dans le toucher ! ahahahah !)

Magnanime, je vous donne quelques mots d’un texto de Roman à sa future dulcinée, et la réponse de celle-ci : 

«  Je m’étais promis de laisser passer au moins 48h avant de vous contacter, histoire d’avoir l’air occupé, mais je ne le suis pas, alors je me suis dit qu’on pourrait peut-être s’occuper à deux. Je voulais attendre 48h avant de vous répondre, mais le programme télévisé ne me dit trop rien ce soir. Je serai là dans une heure. »

Alors maintenant Bookiners, 

Osez !

Doux baisers, 

Psssst ! Vous avez envie de goûter cette pépite et de la placer sur votre table de chevet ? Cliquez sur la photo du livre juste en-dessous, commandez-le, et zou ! Bonne lecture !